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[Débat] : Que proposent les candidats aux municipales de Lyon sur le logement ?

[Vidéo] Ce mardi 10 mars, Rue89Lyon et Mediacités ont organisé un débat sur le logement. Thématique centrale de la campagne, et préoccupation forte à Lyon, les principaux candidats à l’élection municipale ont pu exposer leurs propositions et leurs désaccords sur la scène du théâtre Comédie Odéon.

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débat logement Lyon
Les six candidat·es à la mairie de Lyon invités à débattre de la question du logement.

S’il y a bien une chose sur laquelle les candidat·es aux élections municipales de Lyon s’accordent, c’est que la crise du logement est un point crucial de la vie lyonnaise. Par contre, pour y mettre fin, chacun a sa recette… Pour avoir des éléments de réponse, Rue89Lyon et Mediacités se sont associés pour organiser, mardi 10 mars, un débat sur le sujet entre les principaux candidat·es devant 230 personnes.

Sur la scène du théâtre de l’Odéon étaient présent·es : Georges Képénékian (Lyon, quelle énergie), Romain Billard (Cœur lyonnais, représentant de Jean-Michel Aulas, en meeting), Anaïs Belouassa-Cherifi (LFI), Grégory Doucet (maire sortant et candidat de l’union de la gauche et des écologistes) et Nathalie Perrin-Gilbert (Lyon avec vous).

Encadrement des loyers à Lyon : le sujet phare de la campagne

Devenue l’argument de campagne fétiche de Grégory Doucet, la question de l’encadrement des loyers était forcément au cœur des discussions. Un dispositif sur lequel Jean-Michel Aulas souhaite revenir.

Son représentant, Romain Billard, le considère comme « un sujet flou, brutal dans sa mise en œuvre, pas performant » et qui « pénalise » les propriétaires. « Qui construit les logements ? Ce sont les propriétaires, s’ils n’ont plus de rentabilité, ils ne pourront plus le faire, s’est avancé l’élu du 6ᵉ arrondissement. Arrêtez d’être dans le monde des bisounours. »

En face, ses conclusions n’ont pas franchement convaincu les autres candidats. « Il faut relativiser les attaques sur l’encadrement des loyers. Il ne fait que limiter la hausse des prix, ce n’est ni un gel ni une révolution », a nuancé Nathalie Perrin-Gilbert.

Pour Grégory Doucet, le dispositif fonctionne, « n’assèche » pas l’offre locative et permet de rembourser en moyenne plus de 1 800 euros aux locataires par an. Comme lui, Anaïs Belouassa-Cherifi veut « aller plus loin », et mieux contrôler « certains contournements », comme la question des compléments de loyers. Georges Képénékian, fidèle à sa ligne, veut être « pragmatique », et « évaluer ce que ça produit sur le temps long sur le marché. »

Faut-il construire plus de logements à Lyon ?

« Drill drill drill« , a lâché Georges Képénékian regrettant que le maire sortant n’ait pas construit assez durant ce mandat. En 2025, la construction de logements neufs a été historiquement basse avec 3 000 nouvelles offres disponibles. Pour autant : « Il ne faut pas laisser croire qu’un entrepreneur qui a réussi va relancer à lui tout seul l’immobilier, c’est un sujet complexe », a taclé Képé.

Romain Billard a tenté (sans grand succès) de le convaincre du contraire. Attaquant aussi le bilan de Grégroy Doucet, il estime notamment que les temps d’instruction « prennent trop de temps » et souhaite que la Ville puisse les raccourcir. « Les permis de construire sont attaqués par les riverains, donc ça allonge les délais », répond le maire écologiste, pour qui l’enjeu est de ne pas trop augmenter une densité urbaine « déjà importante à Lyon ».

Pour y répondre, le maire sortant, comme Anaïs Belouassa-Cherifi, veulent miser sur la surélévation des immeubles. La candidate insoumise a aussi évoqué la possibilité pour la Ville et la Métropole d’adopter des « stratégies de préemption de parcelles. » Des « solutions d’extrême gauche et collectivistes » qui « ne marchent pas », a raillé Romain Billard.

Nathalie Perrin-Gilbert a quant à elle préconisé d’utiliser davantage la SACVL, société anonyme de construction de la Ville de Lyon, notamment pour produire et gérer des logements sociaux.

À Lyon, la question du logement social au cœur du débat

Sur ce sujet, la candidate sans étiquette a commencé par exposer une situation tendue : pour un logement social dans la métropole de Lyon, il y a dix demandes d’attribution. Son objectif « raisonnable, mais suffisamment ambitieux » : parvenir des autorisations de permis de construire pour 2 300 logements sociaux par an.

Côté union de la gauche et des écologistes, l’objectif est d’aller « plus loin que la loi SRU » qui fixe un objectif de 25 % de logements sociaux dans les communes de plus de 10 000 habitants, pour atteindre 30 % à Lyon. Objectif partagé par la candidate insoumise… Mais pas par Georges Képénékian.

« Allons déjà à 25 %, ce sera déjà bien, nous avons besoin d’une ville avec une vraie mixité. Il ne faut pas que le logement social devienne une doctrine qui résoudrait tous les problèmes », s’est-il fendu.

Autre enjeu sur la table : la répartition des logements sociaux entre les arrondissements, actuellement très inégale. On en compte plus de 15 000 dans le 8ᵉ, contre 2 800 dans le 6ᵉ. « Il faut une juste répartition, a réagi Anaïs Belouassa-Cherifi, mais attention aux projets de rénovation urbaine, comme dans le 8ᵉ arrondissement, qui vont baisser le nombre de logements très sociaux et pousser les populations les plus précaires aux extrémités de la Ville. »

Pour Grégory Doucet, « il faut aussi construire ailleurs », dans les communes comme Caluire, Tassin, Mions ou Saint-Genis-Laval. Des municipalités à qui la préfecture a retiré la compétence de délivrance de permis de construire, faute de construction de logements sociaux suffisants.

Forcément, le tacle à la candidate à la présidence de la Métropole de Lyon était de mise. Maire de Sainte-Foy-lès-Lyon, Véronique Sarselli « préfère payer des amendes d’un million d’euros, plutôt que de construire des logements sociaux », a fustigé la candidate insoumise.

« Nous sommes en période électorale, Doucet et les autres se font plaisir avec les chiffres mais il faut surtout relancer la construction, les logements sociaux ne sortent pas par magie, s’est fendu Romain Billard. Il faut relancer le parcours résidentiel et faire sortir les gens du logement social deviennent propriétaires pour libérer des places. »

Mal-logement et sans-abrisme à Lyon

Autre question saillante du débat : le mal-logement. Pour y remédier, la candidate insoumise propose de créer un « observatoire du mal-logement pour détecter l’insalubrité ». Comme Grégory Doucet, elle souhaite accélérer la rénovation énergétique des logements. Le maire sortant propose un fonds municipal d’adaptation à la chaleur.

Nathalie Perrin-Gilbert s’est elle montrée plus alarmiste sur ce point. « C’est une compétence réelle du maire de par son pouvoir de police. Les inspecteurs de salubrité sont en sous-effectif, les délais sont importants pour les locataires qui veulent faire constater des problèmes », a souligné l’ancienne maire du 1er.

Enfin, le sujet du logement pose la question de celles et ceux qui n’en ont pas. À Lyon, la crise du sans abrisme est aiguë. Des milliers de personnes sont en attente d’un hébergement d’urgence, alors que le système actuel géré est sursaturé et durci par la préfecture.

Face à ces constats, la candidate insoumise a fait de la réquisition des logements vacants un élément central de ses propositions. « La ville doit porter un discours fort, trouver des solutions qui sont peut-être dans les réquisitions ou les conventions d’occupation avec les propriétaires », a-t-elle déroulé.

Pour le NPA Révolutionnaire, qui a interpellé les candidat·es depuis le public, ni Doucet qui « expulse des sans-abris avec la police », ni LFI ne sont à la hauteur des enjeux. Pour la candidate Raphaëlle Mizony, résoudre la crise du logement passera par « la remise en cause de la propriété privée ».

On l’aura compris, deux heures n’ont pas été suffisantes pour aborder toute la technicité d’un sujet comme le logement. Cela étant, cet article ne résume qu’une partie des deux heures de débat. N’hésitez pas à aller voir la captation vidéo complète de l’événement pour affiner votre avis sur la question.


#Municipales 2026

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