C’est, vraisemblablement, un détournement du but d’Interpol. Dans une série d’enquêtes publiées cette semaine, en partenariat avec la BBC, le média d’investigation Disclose révèle la manière dont la Russie utilise la super-police internationale, installée à la cité internationale (Lyon 6ᵉ).
Ce travail, mené notamment par des journalistes du collectif lyonnais We Report, revient sur l’utilisation frauduleuse, selon les journalistes, de « notices rouges ». Ces fiches de police permettent à un État d’envoyer une demande d’arrestation à tous les pays membres de l’organisation. Elles conduisent parfois à l’arrestation de personnes, y compris dans des pays démocratiques ou dans des aéroports.
Comment la Russie se sert d’Interpol contre les opposants politiques
Or, le travail des journalistes dévoile que le pays le plus émetteur de ces notices rouges n’est autre que… la Russie. En septembre 2024, elle en avait émis 4 817. Pire, la police russe aurait demandé et obtenu de la part du bureau d’Interpol en Turquie des informations sur deux opposants de premier plan à Vladimir Poutine (Gleb Karakulov et Lioubov Sobol).
La Russie ne serait pas le seul pays autoritaire à profiter des failles d’Interpol. Les journalistes citent notamment la Chine et le Tadjikistan.
Contactée par Disclose, la direction a annoncé être « pleinement consciente de l’impact potentiel des notices rouges sur les personnes concernées. » Interpol assure avoir mis en place « un certain nombre d’outils de contrôle, qui ont été considérablement renforcés au cours des dernières années afin d’éviter toute utilisation abusive de [ses] systèmes. » D’autres enquêtes sur la police des polices doivent prochainement paraître sur Disclose.

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