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Logement social, Rive droite, baignade… que retenir du dernier conseil municipal de Lyon ?

À deux mois des élections, le dernier conseil municipal de Lyon de la mandature 2020-2026 s’est tenu jeudi 22 janvier. Si l’hémicycle a pu se transformer en arène de débat électoral, des projets importants ont été adoptés.

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conseil municipal 22 janvier
À deux mois des élections de 2026, le dernier conseil municipal de Lyon de cette mandature a eu lieu jeudi 22 janvier.

Jeudi 22 janvier, deux mois pile avant le second tour des élections municipales, a eu lieu le dernier conseil municipal de la mandature. Forcément, l’heure était au bilan.

Ce que n’a pas manqué de faire Grégory Doucet (les Écologistes) maire sortant et candidat à sa réélection, qui a de nouveau vanté « la bonne gestion de la ville » et « un endettement maîtrisé ». Grégory Doucet a également étalé les « accomplissements » du mandat : végétalisation, culture, accessibilité dans le cadre du plan handicap, mais aussi sécurité, terrain sur lequel il s’investit de plus en plus.

L’édile a listé quelques « records » : recrutement de policiers municipaux, verbalisation des trottinettes et les bicyclettes, et l’effacement de tags. Non sans écho avec ses propres propositions de campagne.

Un conseil municipal transformé en débat de campagne

Il faut dire que les prises de paroles n’ont pu échapper à l’échéance électorale. « Vous utilisez ce dernier conseil pour sauver votre place à la tête de la Ville », s’est permis Pierre Oliver (Coeur Lyonnais). Lui-même a pourtant profité du conseil pour dresser un bilan critique du mandat aux airs de débats de campagne.

« Que valent vos annonces en matière de sécurité ?», « Refuserez-vous une alliance avec La France Insoumise ? » a-t-il questionné. En concluant sur ce qui pourrait être une phrase de meeting : « Pour vivre Lyon, il faut avant tout un cœur. C’est ce que nous proposerons. »

De son côté, David Kimelfeld, qui ne se représente pas, n’a pas retenu ses coups contre la majorité pour sa toute dernière intervention. « Vous avez fabriqué du rejet et créé les conditions politiques du retour de la droite à Lyon », s’est fendu le président du groupe Progressistes et Républicains. La faute selon lui à un exercice du pouvoir « incapable d’écouter la base électorale ».

David Kimelfeld n’a toutefois pas oublié d’attaquer la droite… sur le terrain de la gratuité des cantines scolaires, proposée par Jean-Michel Aulas, candidat Coeur Lyonnais. Une promesse qui ferait « rougir les rédacteurs les plus bolcheviques du programme commun », a-t-il ironisé.

Rive Droite et place Bellecour : deux projets de végétalisation

Côté projets, le conseil était dense. Celui de l’aménagement de la rive droite du Rhône, en lien avec la Métropole de Lyon, a été présenté par Grégory Doucet lui-même. Pour ce « plus grand projet d’espace public de ces dernières années », a loué le maire, la Ville apporte 5,8 millions d’euros pour augmenter de 80% les espaces piétons et planter 1 200 arbres à horizon 2030.

Mais Grégory Doucet sait le projet scruté par ses opposants, notamment au sujet de la circulation automobile. Il s’est voulu « rassurant » en affirmant que cela ne fera « qu’accompagner une baisse tendancielle » de ces dernières années du trafic routier. Pas convaincue, Laurence Croizier (Coeur Lyonnais) a critiqué le projet en le liant à la Zone à trafic limité (ZTL) de la Presqu’île et la Zone à faibles émission (ZFE) – critiques récurrentes de la droite – qui « sans alternatives entraînent des reports de circulation vers la rive droite », a-t-elle affirmé.

La végétalisation de l’allée nord de la place Bellecour (Lyon 2e) a également été votée. Les écologistes avaient à l’origine ambitionné davantage, pour répondre au résultat du vote du budget participatif en 2022. Des ambitions écourtées par un budget limité et les contraintes du sous-sol (passage du métro et parking souterrain).

À la place, l’installation Tissage Urbain (grands chevalets avec lieux de repos et brumisateurs) a été mise en place en 2024, non sans débats. « La promesse n’a pas été tenue », a fustigé Pierre Oliver qui a de nouveau moqué une « œuvre d’art en bois de cagette à 1,6 millions d’euros ». Une attaque très politique car son camp (re)propose une végétalisation de la place. Des « annonces médiatiques », a quant à lui fustigé Laurent Bosetti (L’Après), adjoint aux services publics.

Un nouveau lieu de baignade naturelle… et une nouvelle annonce de campagne ?

Un nouveau lieu de baignade naturelle a été acté dans la Darse de la Confluence (Lyon 2e). La maîtrise d’ouvrage a été confiée à la Société publique locale (SPL) Confluence. Deux bassins qui pourraient accueillir 1 500 personnes par jour d’ici début 2027. Le tout pour 2,4 millions d’euros.

Un enjeu alors que les périodes de fortes chaleurs s’enchaînent à Lyon et que le Centre nautique Tony-Bertrand (CNTB) doit fermer ses portes pour travaux en 2027. Ce dont n’a pas manqué de s’inquiéter Béatrice Gailliout (Progressistes et Républicains), rappelant que la « piscine du Rhône » accueille de 2 000 à plus de 3 000 personnes en été. Pas de panique chez la majorité, Julie Nublat-Faure adjointe au Sport, a mis en avant la construction et la rénovation d’autres piscines à Lyon : Gerland, Vaise, et celle du futur Ilôt Kennedy (Lyon 8e).

Au détour d’une réponse à Pierre Oliver, demandant ce qu’il était advenu des autres sites de baignade naturelle envisagés, Sylvain Godinot, adjoint à la Transition écologique, a esquissé l’idée d’une prochaine annonce de campagne. « Le parc des Berges est étudié par nos services, et il pourrait y avoir des engagements en cours de la campagne électorale », a-t-il glissé, non sans jouer avec les limites de la réserve électorale.

7 millions pour les logements sociaux à Lyon

Autre vote important : l’attribution pour 2026 de 7 millions d’euros d’aides à la pierre pour créer des logements sociaux, 554 selon Sophia Popoff, adjointe au Logement. Avec un budget de 34 millions d’euros et 1 875 logements sociaux autorisés en 2025, la « ville aura largement dépassé ses engagements avec l’État pour les années 2023-2025 », a vanté l’élue. Fin 2025, la Ville aurait quasiment atteint les 25% de logements sociaux nécessaires pour respecter la loi Solidarité et renouvellement urbain (SRU).

Sujet clé des prochaines élections, les débats ont forcément été animés, l’opposition profitant de cette délibération pour critiquer l’ensemble de la politique logement de la majorité. « Vous avez aggravé les difficultés de constructions », a affirmé Béatrice Gailliout (Progressistes et Républicains).

Le bilan de Sophia Popoff a par ailleurs été contesté par Romain Billard (Coeur Lyonnais). « Vous avez voulu faire du chiffre, remettre du social sur du social alors que l’idée était de déconstruire des quartiers 100% social », a-t-il déroulé. L’élu du 6ème arrondissement s’est inquiété, à l’instar de Béatrice Gailliout, du manque d’accès au logement social des classes moyennes.

« Chez Coeur Lyonnais, le logement abordable n’a pas toujours été votre affaire. En 2024, vous nous parliez de ghettos, ce qui révèle votre mépris du logement social », a cinglé Olivier Berzane, maire écologiste du 8ème arrondissement.

Véronique Sarselli, candidate Coeur Lyonnais à la Métropole de Lyon en a également pris pour son grade, « préférant payer des amendes plutôt que de construire du logement social », a attaqué Olivier Berzane. Maire de Sainte-Foy-lès-Lyon, elle paie une amende d’un million d’euros par an pour non-respect de la loi SRU.

Alors que ce tout dernier conseil s’est achevé par un vœu voté à l’unanimité pour soutenir le peuple iranien, nul doute que les débats sur Lyon se poursuivront, eux, dans l’arène médiatique.


#Conseil municipal

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