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Les agriculteurs ont investi Lyon contre le Mercosur

[En photos] Déjà mobilisés la semaine dernière sur la M7, les agriculteurs du Rhône ne faiblissent pas. Plusieurs convois ont investi les rues de Lyon ce jeudi. Les représentants de la FRSEA ont rencontré la préfète du Rhône. La Confédération paysanne a également manifesté.

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Manifestation agriculteurs Lyon
Selon la préfecture du Rhône, il y aurait près de 71 tracteurs sur le quai Augagneur, près de la préfecture, vers 14 heures. @Mia Morel

Un tracteur recule lentement devant les locaux de la DREAL, la direction régionale de l’environnement, de l’Aménagement et du Logement. Il est midi, ce jeudi 17 janvier. Dans le quartier des Brotteaux (Lyon 6ᵉ), quelques coups de klaxon retentissent pour faire reculer passants et forces de l’ordre. Puis la benne se soulève. Des déchets végétaux et du fumier s’étalent sur le trottoir.

Autour, une trentaine de tracteurs et des agriculteurs aux couleurs de la FRSEA et des Jeunes Agriculteurs (JA) Auvergne-Rhône-Alpes se préparent à repartir en direction de la préfecture du Rhône. Le cortège, venu du Rhône et de l’Ain, rejoint deux autres cortèges. En début d’après-midi, les représentants agricoles de ces deux syndicats devaient rencontrer la préfète du Rhône.

Du foin et des végétaux ont été renversés devant la DREAL. @MM/Rue89Lyon

« Non au Mercosur » : les agriculteurs du Rhône unis à Lyon

« Ursula, tu nous mets sur la paille. Vos ventres sont pleins, mais nos caisses sont vides. Non au Mercosur ! » était écrit sur une banderole déployée devant la DREAL. Le Mercosur, accord de libre-échange entre l’Union européenne et plusieurs pays d’Amérique latine, est dénoncé par les agriculteurs français. Malgré cela, l’accord doit être signé le 17 janvier au Paraguay.

Pour les JA, il s’agit d’une concurrence déloyale. « En magasin, nos produits sont placés à côté de produits importés qui ne respectent pas les mêmes normes environnementales ou sanitaires. Cette concurrence nous dessert économiquement », s’indigne Eva Polini, 28 ans, jeune agricultrice installée avec son conjoint dans l’Ain.

Cette difficulté financière est partagée par Sandie Marthoud, agricultrice quinquagénaire, gilet FDSEA du Rhône sur le dos. « J’ai un trou de 80 000 euros dans mes revenus cette année. Les céréales ont perdu 40 euros la tonne », explique la céréalière et productrice d’huile et de lentilles.

Pour le syndicat écologiste, la Confédération paysanne, c’est une agriculture toujours plus industrielle qu’il faut stopper. « On se moque de nous avec cette signature, mais encore une fois, on ne sera pas écoutés », déplore Julie Lièvre-Morel, 41 ans, agricultrice spécialisée dans les petits fruits rouges.

Le syndicat a organisé un rassemblement en fin de journée devant la cité administrative d’État et a réussi à être entendu par la DRAAF, la direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt. lls dénonçaient également l’arrestation de 52 de leurs membres à Paris, après une occupation du ministère de l’Agriculture.

« Il y a une différence de traitement entre les syndicats de la FNSEA et le nôtre », dénonce Julie Lièvre-Morel, porte-parole du syndicat Confédération paysanne. @Mia Morel

Une mauvaise gestion de la crise sanitaire ravive la colère des agriculteurs à Lyon

À ces difficultés économiques s’ajoute une crise sanitaire dont la gestion attise la colère. La France est touchée par la dermatose nodulaire bovine, une maladie affectant les bovins. Déclarée dans le Rhône en septembre 2025, elle impose un protocole strict : l’abattage total des troupeaux dès qu’un cas est confirmé.

Une mesure dénoncée par la plupart des syndicats, dont la Confédération paysanne. « C’est une catastrophe, c’est près de 4 000 vaches qui ont été abattues en France depuis le début de l’épidémie. Le gouvernement fait un choix radical qui ne permet pas de solutions, notamment pour comprendre la maladie », s’indigne Xavier Fremont, éleveur de vaches et porte-parole du syndicat.

Un manque d’information et d’accompagnement de l’État persiste. Pierre Lepin, 47 ans, producteur laitier à Tarare, a dû vacciner son troupeau après la détection de cas à proximité. « On ne m’a jamais parlé d’effets secondaires. Mes vaches en ont eu. L’État nous impose sans cesse des contraintes, mais ne nous aide pas en retour », déplore-t-il.

Les mobilisations devraient se poursuivre. Les agriculteurs prévoient déjà de se rendre à Strasbourg, devant le Parlement européen, durant la semaine du 26 janvier au 1er février, avec l’espoir, une fois encore, de faire entendre leurs revendications.


#Agriculture

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