« La retraite à 60 ans, on s’est battu pour la gagner, on se battra pour la garder », crie un syndiqué au départ de la place d’Arsonval (Lyon 3e). Le son du mégaphone, les drapeaux rouges de la CGT et les tracts pourraient sembler anachroniques. Mais ce jeudi 5 juin, la mobilisation contre la réforme des retraites a repris, deux ans après la promulgation de la loi. À Lyon, comme ailleurs en France, les manifestants sont à nouveau descendus dans la rue, à l’appel de la CGT.
À 11 heures, ils n’étaient que quelques centaines à se réunir au point de départ. Dans le cortège, on compte ensuite quelques milliers de personnes réunies pour contester le texte, imposé par le gouvernement d’Emmanuel Macron par l’article 49.3.
La reprise semble difficile, l’horizon du changement lointain. Du côté des manifestants, personne ne peut nier la déception. Un syndiqué, blouse rouge sur le dos, s’exclame : « Comment tu veux qu’on y arrive si personne se mobilise ! » Pourtant, les travailleurs sont là et déterminés à se faire entendre : ils veulent « garder espoir ».
Un vote contre la réforme à l’Assemblée
Cette journée de mobilisation s’aligne sur le calendrier politique. Dans la matinée, l’Assemblée nationale a adopté une proposition de résolution qui « affirme l’impérieuse nécessité d’aboutir à l’abrogation des mesures les plus régressives » de la loi du 14 avril 2023, à savoir « le recul de l’âge légal de départ à la retraite de 62 à 64 ans et l’augmentation de la durée de cotisation portée à 43 annuités dès 2027 ».
Déposée par le groupe Gauche Démocrate et Républicaines (communistes et ultramarins), le texte a été adopté avec 198 voix pour et 35 contre, avec le soutien de l’ensemble de la gauche et du Rassemblement national. Le texte n’a pas valeur de loi, il s’agit davantage d’un avis symbolique permettant aux députés de montrer leur désaccord.
La gauche espère ainsi imposer la question des retraites à l’ordre du jour et relancer la mobilisation sociale. La CGT a donc appelé à la grève et à la manifestation. Dans les rues de Lyon, les manifestants ne veulent plus croire à l’action politique. Henri, retraité depuis peu, rétorque : « Le changement se fait par la lutte sociale. Je n’ai pas d’espoir concernant ce qui se passe aujourd’hui à l’Assemblée. »
La lutte se poursuit
Deux ans après, les revendications syndicales restent les mêmes : les retraites, les salaires et les conditions de travail. Maud Millier, secrétaire générale de la CGT du Rhône, défend un cercle vertueux. « La retraite est financée par des emplois qui manquent cruellement dans le département et qui sont supprimés avec des plans sociaux. Elle est également financée par les salaires, qui stagnent contrairement au coût de la vie. Il faut les augmenter », revendique la représentante.
Désormais, l’enjeu est de rassembler, pour que la mobilisation gagne en intensité, à l’image de celle de 2023. « Il faudra vraiment qu’on travaille à l’unité syndicale la plus large possible, dans les semaines et mois à venir au regard du vote de cette résolution, parce qu’on aura vraiment besoin de l’unité de classe », affirme Maud Millier depuis le cortège lyonnais. Les manifestants du jour espèrent être rejoints par une population plus large dans les rues.
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