Le parquet de Lyon va faire appel de la relaxe, prononcée le 5 juillet dernier, par le tribunal correctionnel pour les huit militants qui s’étaient introduits sur le site de l’usine Arkema le 2 mars. Une information que nous a confirmé le parquet de Lyon.
Ces militants d’Extinction Rébellion, âgés d’entre 23 et 43 ans, étaient poursuivis pour « participation à un groupement en vue de la préparation de violences ou de dégradations ».
Les militants anti-Arkema relaxés au nom de la liberté d’expression
Le procureur avait requis, le 19 juin, entre trois et six mois de prison avec sursis. Le 5 juillet pourtant, les juges ont décidé de relaxer ces huit activistes en estimant que de telles condamnations représentaient « une ingérence disproportionnée dans l’exercice de la liberté d’expression ».
Seul l’un d’entre eux a été condamné à une amende contraventionnelle de 500 euros pour « violence sans incapacité totale de travail (ITT). » Accusé de s’être battu avec un policier, il était poursuivi pour « violence sur agent de la force publique » et le tribunal a requalifié les faits en « violences simples » estimant que le policier ne s’était pas signalé comme tel au cours de l’intervention.
Un procès à la suite d’une action militante contre Arkema
Pour rappel, le 2 mars dernier Extinction Rebellion et Youth for Climate ont co-organisé une action sur le site de l’usine Arkema. Les activistes accusent l’usine d’être responsable de la pollution aux Pfas, des « polluants éternels » qui contaminent le Rhône et la commune d’Oullins-Pierre Bénite, où se trouve l’usine.
300 militant·es s’étaient rendus sur le site de l’usine et certain·es s’étaient introduit·es dans l’enceinte du lieu pour déployer des banderoles, dont une avec une grande tête de mort noire surplombant le mot « poison ».
En marge de cette action, huit personnes ont été placées en garde à vue, pendant 48h. Une durée jugée excessive pour l’une des militantes que Rue89Lyon avait pu rencontrer en amont du procès. La militante nous avait fait le récit d’interpellations « violentes », d’interrogatoires et de conditions de garde à vues « dégradantes ». Selon son avocat, Amid Khalouf, le véhicule de la militante, réquisitionné pour l’enquête n’a toujours pas été restitué. « C’est une situation compliqué pour elle », nous indique-t-il.
Pas découragée, elle et les militant·es d’Extinction Rebellion comptaient faire de leur procès contre Arkema un procès politique.
Deux jours après l’action du 2 mars des militant·es d’Extinction Rebellion, une enquête des services de l’État avait montré une présence de perfluorés dans les sols, les fruits, légumes, mais aussi dans l’eau des puits, et même dans l’eau de pluie, utilisée pour l’arrosage des jardins à proximité de l’usine Arkema.
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