Il a commencé à être occupé en avril 2021. Il est désormais expulsable à partir du 12 septembre, d’après une décision de justice. Deux ans après le début de l’occupation, le squat Pyramide héberge maintenant plus de 250 personnes, « toutes menacées de remise à la rue dans les tous prochains jours », d’après les collectifs de soutien.
« Face à la violence du projet d’expulsion dont nous menace la préfète, nous nous devons de trouver des solutions humaines et solidaires », énoncent-ils dans un mail à l’adresse du maire, Grégory Doucet (EELV). Ils lui annoncent la date d’un futur rassemblement sous ses fenêtres : le mercredi 13 septembre à 17h sur la place des Terreaux.
La semaine dernière, lors d’un premier rassemblement, ils lui demandaient de faire valoir son pouvoir de réquisition. Selon la loi, le maire peut donner son avis afin que le représentant de l’État procède « à la prise de possession partielle ou totale des locaux vacants » pour les attribuer à des « personnes dépourvues de logement ou logées dans des conditions manifestement insuffisantes ». Mais après avoir rencontré Mohamed Chihi, adjoint chargé de la sûreté et de la sécurité le 7 septembre, celui-ci a indiqué aux collectifs « qu’il n’est pas possible de réquisitionner ce bâtiment car un permis de construire aurait été accordé rendant l’opération impossible », reporte le mail à destination du maire.
Un arrêté anti-expulsion demandé
Les collectifs demandent désormais au maire d’aller plus loin et de prendre un arrêté anti-expulsion, avec un article unique qui serait le suivant :
« Il ne sera procédé à aucune expulsion sur le territoire de la commune tant qu’il n’aura pas été fourni au maire ou à son représentant qualifié, la justification que le relogement de la personne expulsée et de sa famille aura été assurée. »
Depuis sa création, le squat Pyramide est devenu, à Gerland, le lieu de dernier recours des personnes sans situation de logement. Les collectifs craignent donc que de nombreuses personnes dont la vie est déjà faite d’errance retournent à la rue. Ils soulignent le caractère incertain de l’hébergement et de la prise en charge qui leur est réservé :
« Il n’y a pas les structures suffisantes pour accueillir 280 personnes : bains-douches, consignes, lieux d’accueil, salles de répit manquent. Les restos du cœur eux-mêmes tirent la sonnette d’alarme devant le manque de moyens. Les maraudes sont débordées ! »
La préfecture a elle indiqué à Rue89Lyon qu’elle « informera des éventuelles orientations une fois l’évacuation terminée ».
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