À Lyon, le Centre de rétention administrative (CRA) de Saint-Exupéry n’est désormais plus le seul centre d’enfermement pour migrants. Depuis janvier 2022, un deuxième CRA a été construit à côté, avec une capacité de 140 places supplémentaires. Un processus de construction qui se multiplie dans plusieurs villes de France. À Orléans, Nantes, ou même en région parisienne, des centres se construisent et s’agrandissent petit à petit. Le 22 novembre 2022, à l’Assemblée Nationale, un amendement a été voté pour doubler la capacité des CRA et atteindre 3 000 places d’ici 2027. Au-delà des constructions, l’État avait déjà doublé la durée d’enfermement dans un CRA, passée de 45 à 90 jours en 2018.
À Lyon, une manifestation contre les CRA au départ de la Guillotière
Face à ces manœuvres d’élargissement, le collectif Lyon-Anticra dénonce un « racisme d’État ». Dans un communiqué, il appelle à manifester ce samedi 18 février. Le rendez-vous est donné à 14h au niveau de la Place du Pont (Place Gabriel Péri) à Lyon 7e. Le cortège s’arrêtera au niveau de la préfecture. Une précédente manifestation avait déjà eu lieu samedi 21 janvier 2023.
Mercredi 1er février 2023, Gérald Darmanin présentait sa loi immigration au conseil des ministres. Il s’est exprimé sur la volonté de faire un tri entre les migrations « économiques » et « familiales ». A travers 27 articles, le ministre de l’Intérieur a vulgarisé son plan : « Il faut être méchant avec les méchants, gentil avec les gentils ». Le texte propose la régularisation automatique des étrangers qui travaillent dans les secteurs en tension. Avec cette loi, un non-renouvellement de titre de séjour aboutirait à une OQTF (obligation de quitter le territoire français) et à un placement systématique en CRA.
Un CRA aux multiples problèmes à Lyon
Au CRA de Saint-Exupéry, plusieurs soucis ont déjà été signalés. En décembre 2022, un docteur du CRA nous offrait son témoignage suite à sa démission. Il assurait un suivi médical des personnes retenues au sein d’une équipe des Hospices civils de Lyon. Épuisé d’être confronté à des violences « inhumaines », il a quitté son poste afin de ne plus faire face à cet univers carcéral.
« Le CRA de Lyon est une fabrique de violence particulièrement efficace et inhumaine, racontait-il à Rue89Lyon. Et ceux qui y travaillent, policiers et partenaires, comme ceux qui y sont enfermés, subissent de jour comme de nuit cette violence institutionnelle. »
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