A Lyon, le mouvement, porté par le syndicat UNSA, a été particulièrement fort et couvert médiatiquement (lire ici ou là). Plusieurs des 27 magasins que compte la région Auvergne-Rhône-Alpes ont totalement fermé et 90 salariées, presque exclusivement des femmes, se sont rassemblées rue Victor Hugo pour manifester leur mécontentement.
Brigitte*, responsable de magasin, 35 ans de bons et loyaux services chez Marionnaud, a fait grève pour la première fois de sa vie.
« Quand j’ai commencé ma carrière, le SMIC c’était pour ceux qui commençaient à travailler et n’avaient pas de diplôme. Aujourd’hui, j’ai des vendeuses qui ont bac +4 et qui sont payées au SMIC. Pour les plus anciennes comme moi, on constate toute l’inflation d’un côté et nos salaires qui n’augmentent pas de l’autre. Des collègues avec 20 ans d’ancienneté touchent 30 euros de plus que le SMIC ».
Une fois encore, les NAO ont mis le feu aux poudres.
« Nos employeurs nous ont proposé 5 euros d’augmentation brut pour les salariés au SMIC, c’est à dire 80% d’entre nous », tempête Nadia Ené, déléguée syndicale UNSA sur Lyon.
Les négociations restent en cours, mais un mouvement de grève pourrait de nouveau avoir lieu si elles s’avéraient insatisfaisantes.
« C’est un travail difficile. On se retrouve à jongler entre l’accueil des clients, la gestion du click and collect, le ménage des locaux… Tout ça avec un tableau de classement face à nous toute la journée qui indique quels sont les magasins qui ont le plus vendu et nous met la pression. On travaille 10 heures par jour et beaucoup d’entre nous sont mères, parfois seules. On jongle toute la journée et on ne veut pas avoir à recommencer le même numéro d’équilibriste avec nos dépenses une fois rentrées chez nous », déplore Brigitte.
*Les prénoms ont été changés à la demande de nos interlocuteurs
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