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Le chef amazonien Raoni accueilli en grande pompe à Lyon : seulement pour la photo ?
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Le chef amazonien Raoni accueilli en grande pompe à Lyon : seulement pour la photo ?

actualisé le 31/05/2019 à 09h31 : avec le communiqué de la Métropole de Lyon envoyé ce soir aux rédactions

Le chef kayapo Raoni est en tournée européenne pour sensibiliser à la déforestation et lever les fonds nécessaires à la sauvegarde de la réserve naturelle de Xingu, en Amazonie. Ce mardi, Gérard Collomb et David Kimelfeld l’ont accueilli à Lyon devant les caméras. Dans la soirée de mardi, le président de la Métropole a annoncé le vote prochain d’une aide pour soutenir le projet du chef amazonien.

Avec la coiffe de plumes jaune vif posée sur sa tête, le labret impressionnant à sa lèvre inférieure et son collier de perles multicolores, le grand chef du peuple kayapo Raoni ne passe pas inaperçu au milieu du parc de la Tête d’or.

Du 13 au 31 mai, le cacique a quitté la forêt amazonienne qu’il défend avec ardeur pour entreprendre une tournée européenne, accompagné par trois chefs tribaux. L’objectif est de dénoncer les abus subis par cette forêt et son peuple, et de lever des fonds pour la réserve de Xingu.

A la suite de ses rencontres avec Emmanuel Macron et le Pape, Raoni et son équipe ont décidé de faire une étape à Lyon. Après avoir reçu la médaille de la Ville de Lyon lundi soir des mains de Gérard Collomb, le chef kayapo a visité le parc de la Tête d’or en compagnie du maire de Lyon puis a été reçu au Musée des Confluences par le président de la Métropole David Kimelfeld.

« Si monsieur le maire nous aide… »

D’un pas assuré, le chef indien pénètre dans la grande serre du parc de la Tête d’or, suivi tant bien que mal par Gérard Collomb et une horde de journalistes. A 87 ans, le cacique en connaît un rayon sur les plantes et herbes médicinales. A la tête du petit groupe, Gilles Deparis, le directeur du Jardin botanique de Lyon, se fraie un passage dans les allées étroites du jardin en expliquant fièrement l’histoire de chaque végétal.

« Votre combat pour préserver la biodiversité en Amazonie, il est le même localement, explique-t-il à l’intention du chef. En France, il y a des espèces menacées juste à côté de Lyon : les trois-quarts sont dans les Alpes. »

« Il ne faut pas que la forêt disparaisse ! » lui rétorque Raoni en faisant allusion à la réserve de Xingu, particulièrement menacée. Or, celle-ci est considérée comme la plus grande réserve de forêts tropicales du monde et abrite plusieurs communautés sous ses frondaisons.

« C’est la forêt vierge, comme si vous y étiez », glisse maladroitement Gérard Collomb.

Gérard Collomb avec Raoni, les chefs et son interprète / OM

Gérard Collomb avec Raoni, les chefs et son interprète. © OM/Rue89Lyon

Le laboratoire du parc où sont conservées les plantes avec ses herbiers de trois siècles et ses reproductions peintes à la main suscite l’admiration du chef :

« Je veux faire la même chose chez moi ! »

Avant de se tourner vers Gérard Collomb et de lui rappeler implicitement la campagne de crowdfunding lancée pour préserver la réserve de Xingu :

« Si monsieur le maire nous aide… »

Le maire de Lyon se contentera de sourire, sans répondre.

« Nous, la nouvelle génération, nous devons poursuivre la lutte du cacique Raoni »

Au Musée des Confluences, une dizaine de collégiens ont le privilège de rencontrer le cacique, en présence de la présidente du Musée, Myriam Picot, et du président de la Métropole, David Kimelfeld. A leurs côtés, les chefs tribaux présents essaient de faire passer leur message :

« Je suis inquiète pour l’avenir que je vais laisser à mes enfants, explique gravement l’une des chefs tribales en regardant les adolescents. Mais je suis contente d’avoir vu que dans les pays où nous sommes allés, les gens sont aussi inquiets. »

« Nous, la nouvelle génération, nous devons poursuivre la lutte du cacique Raoni, renchérit un deuxième chef. Allez-vous nous aider ? Nous allons sauver ensemble notre maison commune. »

Le chef Raoni avec Myriam Picot, présidente du Musée des Confluences, et David Kimelfeld, président de la Métropole de Lyon / OM

Le chef Raoni avec Myriam Picot, vice-présidente à la culture de la Métropole et présidente du Musée des Confluences, et David Kimelfeld, président de la Métropole de Lyon © OM/Rue89Lyon

A la gauche du chef, David Kimelfeld s’empresse de remercier l’ensemble des personnes présentes avant de tendre le micro aux adolescents visiblement impressionnés :

« D’où vous vient cette force ? », « Depuis quand luttez-vous ? », « Que pouvons-nous faire ? »

« Il faut que vous travailliez bien à l’école, que vous appreniez qui sont les peuples indigènes et pourquoi il faut protéger la forêt », leur répond Raoni avec douceur.

Le cacique revient alors au but premier de sa tournée, trouver des fonds pour la réserve de Xingu :

« Je suis de plus en plus inquiet car mon peuple s’agrandit. Si vous détruisez toute la forêt, il n’y a pas que les indiens qui vont disparaître : vous aussi ! »

David Kimelfeld a répondu :

« Nous allons relayer votre message au gouvernement français et aux institutions européennes. »

Rappelons que le chef Raoni a rencontré le 16 mai dernier Emmanuel Macron. Il a pu directement lui demander.

Après l’entretien entre le chef de l’État et le chef indien, l’Élysée a fait savoir, rapporte Le Monde, que la France allait « soutenir le projet de Raoni » en lien avec « son engagement pour la biodiversité et la présidence du G7 » cette année.

> Mise à jour du mardi 22h30 :
Dans un communiqué délivré ce mardi soir, David Kimelfeld a annoncé qu’il proposera au prochain Conseil de la Métropole « de soutenir à hauteur de 50 000 euros l’association Forêt Vierge » du chef amazonien Roani.
Il a ajouté cette déclaration :

« Pour notre Métropole, l’écologie n’est pas un slogan, c’est une réalité. Il y a urgence, nous devons prendre nos responsabilités, prendre des mesures rapides.
Nos actions doivent se faire à l’échelle de notre territoire en menant des mesures fortes (…). Mais nous pouvons et devons agir à plus grande échelle. Nous devons tous nous mobiliser pour sauver la forêt amazonienne. »

L'AUTEUR
Oriane Mollaret

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