Le Front national a désormais ses petites habitudes à Lyon : Marine Le Pen présentera son programme et lancera officiellement sa campagne électorale dans cette ville où il faut croire qu’elle est particulièrement bien reçue. En 2012, elle avait fixé l’entrée de sa convention présidentielle à 5 euros et elle est revenue en 2014 pour un congrès qui avait ameuté 2000 personnes.
C’est encore une fois sous forme de « tables rondes » et de prises de parole diverses, principalement axées sur les marottes du parti, la « laïcité » et l’immigration, que ce meeting du FN intitulé « Assises présidentielles » devrait s’organiser ce samedi et ce dimanche, à la Salle 3000 de la Cité internationale.
En réponse, Jean-Luc Mélenchon a décidé lui aussi de débouler à Lyon ce week-end. Mais pas seulement : le candidat aux 150 000 abonnés sur Youtube compte projeter un hologramme de lui-même à Paris, pour que la capitale ne soit pas privée de son meeting de campagne.
Il sera donc dimanche à Eurexpo, et devrait prononcer son discours quasiment en même temps que Marine Le Pen qui fera part du sien depuis une zone opposée de la ville.
Ils ne seront pas seuls à se lancer dans la bataille des chiffres de fréquentation, à trois mois de l’ouverture des bureaux de vote, puisqu’Emmanuel Macron invite lui aussi les électeurs à venir l’écouter au Palais des Sports, à Gerland.
Pas de surprise pour l’ancien ministre dans le choix de Lyon. C’est dans cette ville que sa plateforme de décollage a sans doute été la mieux brossée, avec un maire sur-investi (Gérard Collomb, toujours étiqueté PS) et un référent-phare pour le mouvement En marche trouvé dans la personne de Bruno Bonnell.
Tractage LR et manif anti-meetings
Face aux multiples prises de parole politiques, un mouvement contestataire s’est organisé et programme un rassemblement, dès le samedi matin, place Raspail dans le 7è. Il se présente sous une bannière « Unité communiste de Lyon, organisation groupe antifasciste de Lyon et Environ ainsi que de nombreux individus », qui appelle à un boycott des élections.
Et ils ont choisi leurs mots pour évoquer chacun des prétendants à la présidence de la République, qualifiant Marine Le Pen de « fascistoïde », Jean-Luc Mélenchon de « social-chauvin » et Emmanuel Macron d’ »avatar du monde de la loi travail« .
Pour clore l’ensemble, les militants Les Républicains de l’agglo voudraient ne pas passer totalement inaperçus. Ils se lanceront dans une opération de tractage dans la ville, ce samedi, en partant de leur local à Saxe-Gambetta. Histoire de montrer que, en dehors des affres dans lesquelles leur candidat François Fillon se noie, ils n’oublient pas qu’il y a une campagne à mener.
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