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Un sujet sensible agite les milieux de l’asile et les cercles médicaux de Lyon, l’une des portes d’entrée de l’immigration en France : l’arrivée croissante de demandeurs d’asile dont les motivations réelles ne sont pas les persécutions qu’ils subiraient dans leur pays mais leurs besoins en soins médicaux pour des pathologies lourdes – insuffisance rénale ou handicap notamment.
« Ce sont en quelque sorte des réfugiés médicaux », estime le professeur Emmanuel Morelon, chef du service transplantation de l’hôpital Edouard-Herriot. Selon lui, le scénario est souvent le même :
« Les personnes arrivent à la gare, font un malaise, sont amenées aux urgences. Là, on constate qu’elles ont en fait besoin d’être dialysées. Elles sont prises en charge et déposent en parallèle une demande d’asile. »
Une fois que leurs droits à la couverture maladie universelle sont ouverts – au bout de trois mois, comme pour tout demandeur d’asile, ces migrants sont inscrits sur liste d’attente pour recevoir une greffe.
Le fait que des demandeurs d’asile puissent avoir des problèmes de santé n’est pas en soi une anomalie. Beaucoup de candidats à l’asile sont traumatisés par ce qu’ils ont vécu. Mais dans le cas lyonnais, médecins et associatifs disent être confrontés à un phénomène nouveau, organisé par des filières qui savent que les migrants seront déboutés au final, mais qui leur fournissent les noms et les adresses des centres de dialyse, par exemple.
Quelle ampleur ?
La question d’un éventuel « détournement » du système se pose depuis un à deux ans à Lyon. Son ampleur n’a pas encore été mesurée, mais avec 24 lits de dialyse le service de M. Morelon est saturé.
La situation est devenue tellement problématique que le professeur a été chargé par l’Agence de biomédecine de rédiger un questionnaire à l’attention de tous les centres de greffe français afin de recenser les possibles situations similaires, car, pour l’heure, le phénomène n’est connu qu’à Lyon.
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