Une loi contre le « système prostitutionnel »
Le groupe socialiste a déposé une proposition de loi visant à lutter contre le « système prostitutionnel ». L’objectif est notamment de pénaliser les clients des prostituées. Il y a aussi un volet traque de la prostitution sur Internet et réinsertion. Elle devrait commencer à être débattue le 25 novembre à l’Assemblée nationale. En attendant, la riposte tente de s’organiser du côté de certaines prostituées et associations défendant le « travail du sexe », comme Cabiria à Lyon.
A Lyon, les prostituées lyonnaises ont pris l’habitude de sortir dans la rue pour défendre leurs intérêts. La plupart du temps, elles manifestent contre les arrêtés municipaux qui sont censés les dissuader de stationner leur camionnette, particulièrement dans le quartier de Gerland. C’était le cas en septembre 2011 : une centaine d’entre elles avait manifesté jusqu’à la préfecture du Rhône. Elles avaient remis ça en mai dernier.
Mais la chasse « sans précédent » dont elles sont l’objet a des effets. Dans les rues de Gerland, il n’y a plus qu’une quarantaine de camionnettes alors qu’on en comptait 130 il y moins d’un an.
Conséquence, ce samedi après-midi, ces prostituées de rue n’étaient qu’une vingtaine à se rassembler devant l’hôtel de ville, sur la soixantaine de personnes présentes. Les autres étant des personnes exerçant via Internet et des sympathisants de la cause.
« Je suis une travailleuse indépendante qui va perdre son activité »
La loi entend diminuer l’offre (les prostituées) en s’en prenant à la demande (les clients). Les prostituées exerçant dans la rue seront les premières concernées par une loi qui aboutira, à terme, à distribuer des amendes aux clients.
Sarah a exercé à Lyon. Depuis une dizaine d’année, elle travaille en camionnette qu’elle stationne dans une petite ville de l’Ain .
« Les clients vont avoir peur. Ils ne viendront plus et moi je vais perdre mon activité ».
Après s’être fait fiscalement redressée, Sarah déclare désormais ses revenus en tant que « travailleuse indépendante ». Et comme la profession « prostituée » n’existe pas, elle est « masseuse » pour le fisc.
Elle pourrait se mettre à Internet pour trouver plus discrètement des clients et tenter de passer entre les gouttes de la loi. Mais elle trouve le procédé « insécurisant » :
« Avec Internet, tu ne sais jamais sur qui tu peux tomber. Actuellement, là où j’ai garé mon camion, tout le monde me connaît. S’il m’arrive quoi que ce soit, je peux prévenir les riverains ».
Mais sur Internet, cela risque également de se compliquer. L’article premier de la loi prévoit que les fournisseurs d’accès Internet coupent l’accès aux sites de petites annonces de prostituées. Des sites qui, parce qu’ils « contreviennent à la loi française contre le proxénétisme », sont généralement basés à l’étranger.
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