Marius de Daniel Auteuil
Le voici donc, le mastodonte cocorico envoyé en première ligne pour battre les yankees à leur propre jeu mercantile. Et le résultat en dit malheureusement long sur l’état de notre exception culturelle. Un acteur improvisé réalisateur puise à la source de son premier succès historique, comptant sur la fibre nostalgique increvable d’un pays en perte de repères patrimoniaux ; devant sa caméra hésitante, des acteurs absents ou cabotins forcent l’accent provençal avec une douleur sans cesse renouvelée. Les cadres sont absurdes, la musique d’Alexandre Desplat révélatrice du surmenage de son auteur, et la prose de Marcel Pagnol, dont on dira poliment qu’elle a fait son temps, sonne comme l’écho d’un vieux cours de français rébarbatif déclamé par un prof refusant de prendre sa retraite.
Lone Ranger de Gore Verbinski
Conséquence de cet été meurtrier pour le divertissement de masse, cette super-production beaucoup trop longue et plombée par le non-jeu grimaçant de Johnny Depp se retrouve sur le podium des meilleurs blockbusters hollywoodiens de juillet / août. Gore Verbinski, tâcheron taiseux, développe ici des velléités de mise en scène surprenante, qu’il ne peut s’empêcher de foirer dans des scènes d’action complètement hors sujet. Ces morceaux de petite bravoure apparaissent comme les stigmates d’un objet schizophrène, récit ample au discours pour le moins étonnant dans une production Bruckheimer, mais dont les concessions éparses à un cahier des charges imbécile cherchent à le vendre comme un Pirates des Caraïbes sauce western.
Wolverine de James Mangold
Le temps d’une introduction incroyable de maîtrise et de promesses, James Mangold captive avant de céder à la disgrâce d’un scénario inepte, que même le charisme viril de Hugh Jackman ne peut sauver. L’exotisme tout relatif du déplacement de l’action au Japon n’est que le maigre cache-misère de paresses d’écriture limites scandaleuses, en particulier dans un dernier acte catastrophique, où l’illusion du mouvement tient lieu d’action. Pire : la scène planquée au milieu du générique parvient à pourrir l’attente de X-Men : Days of the Future Past, dont elle est censée planter l’intrigue.
RIPD Brigade Fantôme de Robert Schwentke
Troussé par le tocard responsable des infâmes Red et Flight Plan, cette mauvaise adaptation de comics pue tellement le recyclage opportuniste de Men in Black et Ghostbusters que c’en est franchement incommodant. Probablement écrit par un générateur aléatoire de scripts et de dialogues, RIPD pourrait à la limite convaincre des enfants de six ans qui n’auraient jamais vu de film, si la laideur repoussoir de la direction artistique ne leur garantissait des cauchemars pendant de très longs mois.
Insaisissables de Louis Leterrier
Que celui qui a donné de la cocaïne au petit Louis Leterrier avant le tournage se dénonce. Toutes les séquences de magie sont filmées comme des retours plateau d’émission de variété opérés par un cadreur récemment amputé des deux jambes – au cas où vous vous poseriez la question, c’est extrêmement pénible. Le reste du temps, tous les personnages font de leur mieux pour sonner intelligents et mystérieux, sauf Mélanie Laurent, qui préfère rester la bouche ouverte à la Kristen Stewart.
No Pain No Gain de Michael Bay
Le responsable de la trilogie Transformers signe une production modeste sur un trio de crétins bodybuildés, patriotiques et uniquement motivés par l’appât du gain – on tient là sans nul doute la meilleure définition cinématographique du terme « ironie ». Un scénario brillant, aux dialogues qui claquent et un The Rock dans le rôle de sa vie feraient quasiment illusion si les éternels démons du petit Michael (réal tape-à-l’œil aux effets gratuits, recrudescence de biatchs en string et de blagues de bites…) ne venaient gâcher cette fête inattendue.
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