Des dizaines de milliers de personnes, dont des dizaines d’élus, ont manifesté ce samedi dans le Val de Suse (nord-ouest de l’Italie) contre le projet de TGV Lyon-Turin, jugé néfaste pour l’environnement et d’un coût exorbitant.
Les organisateurs ont annoncé la présence de 80 000 personnes. Quelque 200 Français avaient fait le déplacement «par solidarité», selon Daniel Ibanez, l’un des coordinateurs des opposants à la ligne à grande vitesse (LGV) français, contacté par l’AFP (via leparisien.fr).
Militants associatifs, écologistes, syndicalistes, hommes politiques ou anarchistes ont bravé une pluie battante pour dire non à la ligne à grande vitesse entre les deux villes. En trois heures, ils ont parcouru sous un ciel plombé les 8 km qui séparent Suse de Bussoleno, plus à l’est, une myriade de drapeaux No-Tav (Treno ad alta velocita, TGV en italien) flottant au vent. «De la Vénétie au Val de Suse, la montagne est sacrée et il faut la respecter», proclamait notamment une banderole brandie par des manifestants.
Pour la première fois, près d’une centaine d’élus italiens, notamment le président du Sénat du Mouvement cinq étoiles (le M5S, dirigé par Beppe Grillo) qui a cristallisé le vote contestataire aux législatives italiennes de fin février, participaient à cette manifestation en compagnie de membres d’autres partis, essentiellement de gauche, et d’élus du Val de Suse.
Alberto Perino, leader historique du mouvement No-Tav, s’est félicité de la présence de ces militants de choix. «C’est une arme de plus pour notre bataille. Nous allons pouvoir présenter des lois pour contrer ce projet qui nous fait dépenser un argent dont l’Italie ne dispose pas», a-t-il indiqué à l’AFP :
«Cela fait 24 ans que nous luttons et maintenant nous sommes sûrs de vaincre car notre force, c’est la force populaire. (…) C’est la plus grosse mobilisation qu’il y ait jamais eu» contre ce projet. »
Parmi les manifestants, Diego Margom, coordinateur de la confédération syndicale Cobas pour la province de Turin, ne compte pas non plus désarmer :
«C’est une question de santé publique, environnementale et sociale. Ce chantier aura un impact sur les nappes phréatiques, il y a un danger avec l’amiante (contenue dans les roches traversées par les foreuses du chantier) et la vallée est étroite. Quand le train passera, il y aura des nuisances sonores pour les riverains».
Le 3 décembre dernier, François Hollande et Mario Monti avaient confirmé lors d’un sommet bilatéral à Lyon le lancement du projet. Mais les deux dirigeants n’avaient pas non plus caché qu’il faudrait «convaincre» les instances européennes pour le financement de ce projet.
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