Une victoire pour les jeunes critiques du Petit Paumé. Les étudiants de l’EM Lyon (école de commerce et de managment), rédacteurs du célèbre guide gratuit de restos et sorties lyonnais, ont été acquittés vendredi par le tribunal des référés. Le restaurant la Tête de Lard, déjà critiqué dans la version internet du guide, avait refusé d’apparaître dans la nouvelle édition, se plaignant de « propos à caractère diffamatoire ». Edouard Poisson, responsable de la communication du Petit Paumé, s’estime « satisfait » :
« Ça va nous permettre d’écrire plus librement dans le futur, dans les limites de la diffamation bien sûr. Il faut aussi savoir que nous faisons des critiques non professionnelles, on n’est pas des pros de la gastronomie. »
Condamnés à verser plus de 6000 euros de dédommagement au restaurateur mécontent, les étudiants ont gagné le procès en appel. Pour Nicolas Bes, avocat du Petit Paumé depuis 20 ans, ces publications sont conformes aux restrictions imposées par la loi de 1881 sur la liberté de la presse. Il ne s’agirait donc pas de diffamation mais du libre usage de la liberté d’expression. Retournement de situation, c’est maintenant la Tête de Lard qui doit aligner pour le Petit Paumé (les frais de procès plus 600 euros d’indemnité). Pas si injuriante que ça, la critique est toujours en ligne pour le moment mais devrait bientôt être retirée.
Ce n’est pas vraiment la première fois que le Petit Paumé fait parler de lui et de ses critiques plus ou moins redoutées. Impossible pour Edouard Poisson de se rappeler le nombre de plaintes déposées contre le guide depuis ses 44 ans d’existence. « On a environ une affaire par an. Cette année, on passe en Cour de Cassation pour l’histoire avec Carte Blanche, une critique parue dans le guide en 2010 ». Carte Blanche, un restaurant du premier arrondissement (qui a fermé depuis), s’était vu affublé du titre de « meilleure chiasse après-repas ». Nicolas Bes, avocat du Petit Paumé depuis 20 ans, a déposé un recours contre la condamnation de la cour d’appel, une amende de 2000 euros avec sursis.
Edouard Poisson insiste sur l’« indépendance » des rédacteurs dans leurs méthodes d’enquête, souvent remise en cause. « La partie commerciale de l’association est bien séparée de ceux qui testent les restaurants. Plusieurs établissements auxquels on a déjà vendu de l’espace publicitaire n’ont pas eu de bonnes critiques cette année ».
Impertinents mais pas trop, les jeunes étudiants en management du Petit Paumé ont de quoi se réjouir de la médiatisation de tous leurs feuilletons juridiques. Edouard Poisson défend les partis pris du guide :
« On essaye d’avoir moins de procès, mais le but n’est pas d’être de plus en plus sobres. On n’est pas là pour défendre les établissements mais pour garder un ton décalé. A l’avenir, on va quand même éviter les classements ».
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