Société 

Plus de 300 enfants SDF sans solution dans l’agglomération lyonnaise

actualisé le 30/11/2017 à 16h33 : avec les précisions sur la présence de la police municipale devant 5 écoles lyonnaises et des débuts d'occupations

Le chiffre augmente chaque année. Il y a trois ans, le collectif de parents d’élèves et d’enseignants « Jamais sans toit » dénombrait 194 élèves SDF, aujourd’hui, ce même collectif en annonce 223 auxquels il faut ajouter environ « 120 mineurs isolés étrangers » en attente de prise en charge par la Métropole de Lyon au titre de la protection de l’enfance.

Créé il y a trois ans pour regrouper les initiatives autour des familles migrantes et de leurs enfants scolarisés sans solution d’hébergement, « Jamais sans toit » fait du 20 novembre le temps fort de sa mobilisation. C’est le jour où la France célèbre l’anniversaire de la Convention internationale des droits de l’enfant.

Seulement 170 places sur les 1 200 prévues pour l’hébergement d’urgence de cet hiver ont ouvert. Au vu des besoins, ce plan froid 2017-2018 mis en place par la préfecture du Rhône est insuffisant.

A 20 Minutes, Christel Bonnel, directrice départementale de la cohésion sociale dans le Rhône, a déclaré que 150 enfants sans hébergement sont recensés à Lyon, grâce au travail des services sociaux.

« Certains d’entre eux ont déjà pu être hébergés avec leur famille, et la moitié sont réellement à la rue. »

Selon elle, les autres vivent dans des habitats précaires.

Le collectif "Jamais sans toit" annonce avoir collé 400 affiches dans Lyon comme autant d'enfants SDF. ©LB/Rue89Lyon

Le collectif « Jamais sans toit » annonce avoir collé 400 affiches dans Lyon comme autant d’enfants SDF. ©LB/Rue89Lyon

Goûters solidaires dans les écoles et campement devant la préfecture

Mercredi 22 novembre, à 18h, des tentes seront symboliquement dressées devant la préfecture du Rhône au niveau du quai Augagneur (Lyon 3ème) pour demander l’application du droit à l’hébergement et rappeler que les tentes (comme celle du campement de la Part-Dieu), les squats ou l’hébergement chez des parents d’élèves ne sont des solutions.

Il y a deux ans, c’est déjà cette forme symbolique de protestation qui avait été choisie.

Le collectif "Jamais sans toit" annonce avoir collé 400 affiches dans Lyon comme autant d'enfants SDF. ©LB/Rue89Lyon

Le collectif « Jamais sans toit » annonce avoir collé 400 affiches dans Lyon annonçant le rassemblement de mercredi. Comme autant d’enfants SDF. ©LB/Rue89Lyon

Cette année, la mobilisation a pris une autre ampleur, vingt établissements scolaires, contre six il y a trois ans, sont concernés.

Ce ne sont pas seulement les écoles de la Croix-Rousse ou de la Guillotière, comme l’école Gilbert Dru. Mais aussi des écoles à Villeurbanne comme Jean Zay qui font parler d’elles.
Il y a également le collectif « Pas d’enfant sans toit » autour de l’école Lucie Aubrac (Lyon 2ème) hyperactif cette année, avec une première occupation.

Pour le moment, des « goûters ou soupes solidaires » sont programmés pour, notamment, récolter quelques sous et payer des nuits d’hôtel. Le temps n’est pas encore aux occupations d’écoles pour mettre à l’abri. Mais certains parents d’élèves et enseignants y songent.

Dans son son communiqué de cette année 2017, « Jamais sans toit » réaffirme « le caractère inconditionnel du droit à l’hébergement d’urgence consacré par la loi » et rappelle « l’intérêt supérieur de l’enfant ».

Plus concrètement, le collectif demande que soit appliqué l’article 345-2-2 du Code de l’Action sociale et des familles même s’il est depuis régulièrement détricoté par les juridictions administratives. Pour mémoire, il est dit que :

« Toute personne en situation de détresse a accès, sans aucune condition de régularité de situation, à tout moment à un hébergement d’urgence. »

Les actions à Lyon et autour

Voici la liste des actions prévues ce lundi 20 novembre ou qui ont eu lieu en amont de cette Journée internationale des droits de l’enfant. Ce sont autant d’écoles qui accueillent des enfants SDF (liste non-exhaustive).

Lyon 1er
Apéro partagé à l’école Robert Doisneau à partir de 17h45
Soupe à l’école Michel Servet à partir de 17h45
Goûter à l’école Victor Hugo de 16h10 à 17h30

Lyon 2ème
Soirée à l’école Lucie Aubrac le 17/11 de 20h à 21h
Goûter à l’école Alix le 16/11 à 16h30

Lyon 3ème
Stand sur le marché Gabillot le dimanche 26/11 par l’école Charial
Goûter le jeudi 16/11 à 16h30 à l’école Mazenod

Lyon 7ème
Goûter à l’école Berthelot, de 16h30 à 18h.
Soupe à l’école Gilbert Dru de 18h à20h

Lyon 8ème
Goûter le jeudi 16/11 à 16h30 à l’école Jean Macé

Villeurbanne
Goûter au Collège des Gratte-Ciel à 17h
Soupe à l’école Jean Zay de 18h à 20h
Goûter à l’école Lakanal de 16h à 18h

Vénissieux
Goûter à l’école Moulin à Vent à 16h

>> Mise à jour du mardi 21 novembre : La police municipale s’invite aux goûters solidaires et déjà des occupations d’écoles

Selon le collectif « Jamais sans toit », la police municipale lyonnaise était présente devant ce lundi soir cinq écoles :

« Des vigiles et des policiers dépêchés par la mairie de Lyon étaient présents devant les écoles Robert-Doisneau (Lyon 1er ), Michel-Servet (Lyon 1er ), Victor-Hugo (Lyon 1er ), Gilbert-Dru (Lyon 7e ) et Berthelot (Lyon 7e ), filtrant les entrées et demandant aux parents d’ouvrir leur sac »,

Le collectif « Pas d’enfants sans toit » de l’école Lucie-Aubrac (Lyon 2ème) a finalement décidé d’occuper l’école tout comme le collectif formé autour de l’école Grand Clément à Vaulx-en-Velin. Cette dernière occupation n’a duré qu’une heure.

Quant aux parents d’élèves de l’école Robert Doisneau (Lyon 1er), ils ont décidé d’occuper l’école à partir de ce mardi soir.

Lors du conseil municipal de ce lundi après-midi, le maire de Lyon a pris la parole sur le sujet. Cité par Le Progrès, Georges Képénékian a déclaré :

« Il y a actuellement des occupations d’écoles. Ce n’est pas la bonne solution, ça ne nous avance pas. Nous avons tous à avoir une attitude responsable et ne devons pas jeter de l’huile sur le feu. Si vous pensez qu’on ne travaille pas sur ces sujets, c’est faux ! On travaille, étape par étape, avec l’État et la Métropole. »

Dans un message publié sur les réseaux sociaux, le collectif «  Pas d’enfants sans toit » de Lucie Aubrac lui a répondu :

Monsieur Le Maire. Investir des lieux sanctuarisés, (…) c’est un cri, une profonde indignation nécessaire pour que l’injustice ne soit pas banalité. « Étape par étape », cela veut dire une nuit dehors puis encore une autre pour ces enfants (…). Ce n’est pas tolérable et nous sommes sûrs que vous ne le tolérez pas. (…) Des logements sont disponibles, des locaux sains sont disponibles. Vous avez le pouvoir de protéger ces enfants ».

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