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Résidence étudiante Saint-Exupéry à Lyon : « une avalanche de problèmes »

actualisé le 12/10/2017 à 21h13

Lyon 8ème, avenue Mermoz. La nouvelle Résidence Antoine de Saint-Exupéry du Crous fait parler d’elle.
Inaugurée début septembre, elle est l’une des plus grosses résidences dans une agglomération qui en manque cruellement.

Depuis quelques semaines, l’inquiétude et l’exaspération montent chez ces étudiants face à l’accumulation des problèmes.
Nous publions le témoignage de Faustine Imbert étudiante en communication et résidente à Saint-Exupéry.


« Modernité, confort et optimisation »
Située au 92 avenue Mermoz (Lyon 8ème), la résidence Saint-Exupéry peut accueillir 425 étudiants et apprentis dans 353 logements sur une surface de 9600 m2.
Si l’on en croit le dossier de presse, cette résidence « lie modernité, confort et optimisation de l’occupation des logements ».
Le propriétaire est Lyon Métropole Habitat, « premier office public de l’habitat de la Métropole de Lyon ». La construction a été confié à une filiale de Vinci (Adim) et la gestion au Crous.
Le coût s’élève à 20,95 millions d’euros, dont 12,18 millions d’euros investis par Lyon Métropole Habitat et 8,77 millions d’euros de subventions essentiellement de l’Etat, de la Région Auvergne-Rhône-Alpes et de la Métropole de Lyon.
Rue89Lyon

Le 1er septembre 2017, je faisais partie de ces 400 étudiants à emménager dans la résidence Antoine de Saint-Exupéry dans le 8ème arrondissement de Lyon. C’était une résidence nouvelle, avec des belles photos et promesses attrayantes qui attendaient environ 400 habitants.
Seul souci, à la rentrée, nous avons tous emménagés dans des locaux loin d’être achevés alors que personne ne nous avait prévenus.
Depuis, les problèmes s’accumulent.
Les deux ascenseurs du bâtiment principal (le bâtiment D) ne fonctionnent pas, et il n’existe pas d’autres ascenseurs. Ce qui limite considérablement l’accès à la résidence pour les personnes en situations de handicap.

Les escaliers de ce même bâtiment sont d’ailleurs en chantier. Une de mes amies s’est blessée à cause d’une planche en bois qui lui ait tombé sur le pied lorsqu’elle a voulu sortir.
Une dizaine d’étudiants ont encore des plaques de cuissons qui ne s’allument pas, et personne ne vient leur changer. J’ai donc invité un voisin à venir faire chauffer ses pâtes chez moi. Il m’a dit :

« Mes plaques ne fonctionnent pas, ils (accueil et personnel de service) se renvoient la balle depuis le début, je ne peux pas manger chaud je suis obligée de toquer chez mon voisin pour faire cuire un peu de pâtes ou manger à la fac ».

« Une voisine bloquée à l’extérieur de chez elle »


« Les équipes du Crous sont mobilisées »
Contactée par Rue89Lyon, la direction du Crous nous a répondu par écrit via son porte-parole. « Les équipes du Crous sont mobilisées pour résoudre le plus rapidement possible les désagréments constatés au cours de la livraison de la toute nouvelle résidence universitaire Saint-Exupery ».
Le porte-parole relativise la portée des problèmes constatés :
« Comme dans tout chantier de cet importance, il reste des finitions et des difficultés techniques à résoudre dans les semaines qui suivent la mise à disposition des locaux. Nous avons alerté à nouveau l’ensemble de nos partenaires afin de lever le plus rapidement possibles les difficultés soulevées dans votre courriel ».
Il ajoute que « les équipes du Crous se chargent de rencontrer les étudiants afin de s’assurer que l’ensemble des questions soulevées auront trouvées une réponse ».
Rue89Lyon

Les badges mal programmés ne nous laissent pas tous passer dans les parties communes où se trouvent les boîtes aux lettres, les locaux à poubelles, ainsi que les machines à laver supposées être utilisables par tous.
Je suis au bâtiment E, et tout se trouve dans le D. Malgré les reprogrammations de badges, le problème persiste pour nous qui habitons en face.

La conception même de ces badges posent question. On ne peut pas entrée dans la résidence du côté de l’avenue Mermoz si l’on ne loge pas dans le bâtiment principal, le D. C’est pourtant là que se situent les boîtes-aux-lettres. On est obligé de faire le tour par l’ancienne résidence Mermoz.

Beaucoup plus gênant, une voisine a déjà été empêchée de dormir chez elle. Le système de badge ne fonctionne pas bien même pour nos propres studios. Elle m’a expliqué :

« L’accueil et le personnel de service m’ont dit qu’ils ne pouvaient rien faire pour moi pour l’instant et m’ont demandé d’aller dormir autre part, on me fait partir de chez moi ! Heureusement j’ai un ami qui peut me loger, tout le monde n’aurait pas pu trouver un endroit où aller. Et qu’aurais-je fait si ça m’était arrivé plus tard dans la nuit ? Cela fait une semaine ce mardi et je n’ai toujours pas accès à mon logement. Ils m’ont seulement fait déménager plutôt que de réglé ça ».

« Une longue liste de problèmes »


Des interventions promises
La direction du Crous nous a précisé un certains nombres de points :
– « L’ensemble des plaques de cuisson défaillantes seront remplacées. En attendant 30 plaques provisoires seront livrées le mardi 10 octobre ».
– « Après des tests des matériels, il apparaît que les interphones fonctionnent correctement. Un technicien se déplacera le 10 octobre afin de prodiguer si nécessaire une formation à l’emploi des interphones ».
– « Des interventions sont programmées dès le 5 octobre sur les ascenseurs »
– « Toutes les chambres sont câblées avec du haut débit.  Il n’est pas prévu de connexion wifi dans les résidences Crous ».
– « Le chauffage est programmé  pour l’ensemble des résidences du Crous pour la date  du 5 octobre ».
A l’heure où nous mettons en ligne ce témoignage, les interventions annoncées par la direction du Crous n’ont toujours pas eu lieu et le chauffage ne fonctionne pas, selon plusieurs étudiants interrogés.
Rue89Lyon

Nous étions déjà une trentaine à nous réunir la semaine du 20 septembre pour discuter de tout ça. Nous sommes conscients que l’accueil de Jean Mermoz – ancienne résidence jointe à Saint Exupéry – est dépassée par le flux de plaintes depuis la rentrée et que le personnel essaie tant bien que mal d’intervenir.
Nous mettons plutôt en cause la direction du Crous qui est au courant des soucis qui persistent et qui nous inquiètent. La liste est d’ailleurs encore longue.

  • Des lumières des chambres qui restent en veilleuses la nuit chez chacun d’entre nous et gênent le sommeil de ceux qui ont besoin de noir complet pour dormir.
  • Une mauvaise distribution du courrier.
  • Des interphones qui ne fonctionnent pas correctement.
  • Pas de wifi alors que, sur le site Internet du Crous-Lyon, la résidence est censée en être équipée.

On peut ajouter l’histoire de cet étudiant qui a dû passer par sa fenêtre pour rentrer chez lui alors qu’il avait oublié son badge à l’intérieur. Cela arrive un oubli, mais comment se fait-il que personne ne puisse nous ouvrir alors que le personnel à pu rentrer chez chacun d’entre nous en début d’année pour déposer des fournitures comme des balais ou poubelles de cuisines alors que nous n’étions pas tous présents chez nous ?

Résidence étudiante Saint-Exupéry, gérée par le CROUS de Lyon, 92 avenue Mermoz. Photo du 20 septembre 2017. ©Lyon Métropole Habitat - Jean-François Marin

Résidence étudiante Saint-Exupéry, gérée par le CROUS de Lyon, 92 avenue Mermoz. Photo du 20 septembre 2017. ©Lyon Métropole Habitat – Jean-François Marin

« Une pétition qui circule »

L’entrée n’est pas sécurisée non plus. On nous embête avec nos badges pour pouvoir entrer dans l’enceinte de notre propre résidence, nous étudiants et habitants de saint-Exupéry, mais n’importe qui pourrait venir dans l’enceinte de la résidence. Aucun portail de sécurité n’est réellement fermé. Cela laisse le passage facile aux personnes extérieures.

Il est clair que la résidence est en cours de construction, mais personnes ne nous a prévenue de l’état actuelle de la résidence. C’était pourtant la moindre des choses. Nous nous demandons alors pourquoi devons-nous payer le loyer dans leur totalité alors que la résidence n’est pas terminée. On paie pour le wifi qui n’existe pas, les ascenseurs qui ne fonctionnent pas, ou des plaques de cuisson défectueuses.

Une trentaine d’étudiants se sont réunis avec nous – un ami et moi- pour discuter de tout cela et faire signer une pétition que nous allons remettre au Crous.

On se demande bien ce qu’attend le Crous pour réagir.
Que ce soit encore en travaux, nous pouvons le comprendre. Mais pourquoi personne ne nous apporte des réponses claires concernant l’avancement des travaux, des solutions plus rapides à nos problèmes, ou le montant des loyers ?

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L'AUTEUR
Faustine Imbert, étudiante en communication et résidente à Saint-Exupéry
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