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Lyon fait place nette : les SDF de l’autopont de la Confluence expulsés

actualisé le 27/09/2017 à 10h03

Ce mardi matin, les familles qui vivaient sous l’autopont, situé juste face au Musée des Confluences ont été expulsées. Hasard du calendrier ? Cet après-midi, le musée doit accueillir le forum franco-chinois. Et mercredi, Emmanuel Macron pourrait s’y rendre en compagnie du président du conseil italien.

La Métropole de Lyon a décidé de faire place nette en évacuant les campements, squats et bidonvilles les plus visibles. En un mois, il s’agit de la troisième évacuation de squats.

Ce mardi matin, la police nationale est intervenue vers 8 heures pour procéder à l’évacuation de ce troisième squat, visible de tous les automobilistes et cyclistes.

Selon le comptage des policiers, 13 personnes (9 adultes et 4 enfants) vivaient encore jusqu’à cette opération, sous l’autoroute A7, coincées au bout du quai Perrache.

De source policière, nous savons que le tribunal de grande instance a autorisé cette expulsion le 18 septembre, saisi par la Métropole de Lyon (le propriétaire du terrain). La police était déjà intervenue mercredi dernier pour prévenir les familles de l’imminence de l’expulsion.

Une famille avait alors décidé d’anticiper l’expulsion, les autres sont restées.

La rapidité de l’expulsion n’a « rien à voir » avec la tenue ce mardi après-midi même du forum franco-chinois au Musée des Confluence voisin, affirme le responsable de l’opération de police :

« C’est un délai classique en matière d’expulsion ».

Mercredi après-midi, dans le cadre du 34ème sommet franco-italien, c’est le président de la République, Emmanuel Macron, qui pourrait accueillir, dans ce même musée, le président du conseil italien. Et visiter l’expo « Lumière ! L’invention du cinéma », selon Lyon Mag.

« Allez à la Part-Dieu »

Ce sont trois familles de migrants – albanaises, bulgares et roumaines – arrivées depuis six mois sous cet autopont, qui se retrouvent sur le trottoir de la Confluence.
Elles n’ont pas été relogées par la préfecture et n’ont pu qu’entasser leurs affaires sur des caddies de supermarché.
En milieu de matinée, la police est repassée leur dire de partir rapidement en leur indiquant d’« aller à la Part-Dieu ».
Le service nettoyage de la Métropole de Lyon a pris le relais de la police en mettant à la benne les canapés, meubles ou chaises que ces familles avaient installées sur le béton, formant les pièces d’une maison de fortune à ciel ouvert.

Le squat d'une des familles, sous l'autopont de la Confluence. Photo du 21 septembre. ©LB/Rue89Lyon

Le squat d’une des familles, sous l’autopont de la Confluence. Photo du 21 septembre, cinq jours avant l’expulsion. ©LB/Rue89Lyon

Après l'expulsion, le mardi 26 septembre sous l'autopont : canapés et meubles ont été mis à la banne. ©LB/Rue89Lyon

Après l’expulsion, le mardi 26 septembre sous l’autopont : canapés et meubles ont été mis à la benne. ©LB/Rue89Lyon

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L'AUTEUR
Laurent Burlet
Laurent Burlet
Journaliste à Rue89Lyon - politique - questions sociales - écologie.
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