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Concernant l’extrême droite, Georges Képénékian se distingue de Gérard Collomb

actualisé le 27/09/2017 à 10h05

[VIDÉO] Au sujet de l’extrême droite et de ses actes de violence, le nouveau maire de Lyon, Georges Képénékian, continue de marquer sa différence avec son prédécesseur, un certain Gérard Collomb, ministre de l’Intérieur de son état.

Avant de rentrer dans le vif du sujet du conseil municipal de ce lundi 25 septembre, Georges Képénékian a fait une déclaration liminaire, faisant référence à « l’attaque » que la boutique de Philippe Carry, « l’horloger de Saint-Paul », a subie dans la nuit de jeudi à vendredi dernier.

Il est tout d’abord revenu sur le communiqué de presse envoyé rapidement après la découverte de la dégradation :

« J’ai tenu à ce que la Ville puisse réagir à cette attaque pour indiquer toute notre indignation pour ces faits. Et en même temps nous attendons d’avoir plus d’informations sur l’enquête en cours ».

Le communiqué de vendredi tranchait déjà avec la retenue de Gérard Collomb sur ce sujet, qui n’a jamais pris la parole sur cette question pourtant si spécifique à Lyon, sans qu’on ne l’y pousse. Plus qu’une simple question d’ordre public, il s’agit pour Georges Képénékian de reconnaître de façon assez solennelle l’existence d’un problème propre à la ville.

Devant les conseillers municipaux, le nouveau maire de Lyon en a remis une couche :

« Je voudrais ici redire avec la plus grande fermeté qui doit être la nôtre, notre volonté de condamner ces attaques qui procèdent d’une volonté de terroriser les acteurs de notre cité qui pourraient prendre telle ou telle position. et nous restons bien sûr très soucieux de ces faits, qui ont tendance à s’ancrer dans le Vieux Lyon, menés par des groupuscules extrêmistes ».

Il a ensuite annoncé une « réponse de la Ville [qui] doit être très claire et très ferme » :

« Nous allons travailler avec l’ensemble des acteurs et aussi avec les populations dans ce quartier et au-delà dans la ville pour ne pas laisser cette forme d’intolérance détourner la philosophie fondamentale de notre ville qui est au contraire une ville de l’accueil et du vivre ensemble.

Pas plus là que dans le reste de la ville, nous ne pouvons accepter de telles exactions. Nous devons non seulement assurer les victimes de notre fermeté mais mettre en place un traitement que je qualifierai de préventif ».

Voir son intervention dans la vidéo du conseil municipal à 57’32’’.

Quand Gérard Collomb parlait de l’extrême gauche à propos de l’extrême droite

L’heure est aux mots. Et dans le discours, le contraste est saisissant avec son prédécesseur.

On se souvient surtout du conseil municipal de mai dernier. Nathalie Perrin-Gilbert, maire du 1er arrondissement et première opposante de gauche à Gérard Collomb, avait posé une question à ce dernier, alors qu’il vient tout juste d’être nommé ministre de l’Intérieur (mais siège encore au conseil municipal de Lyon).

Suite à l’ouverture d’un squat par les nationalistes du GUD en plein centre-ville de Lyon, l’élue rappelait que, « depuis plusieurs années, des groupuscules d’extrême droite s’organisent dans notre ville ». Elle terminait son intervention par cette question :

« Notre groupe aimerait savoir comment vous allez combattre ces agissements ».

Comme le soulignait Lyon Capitale, Gérard Collomb avait eu une réponse pour le moins étrange et alambiqué. Après avoir indiqué qu’“évidemment” il condamnait l’occupation du Gud, il était parti dans un rapprochement extrême droite/extrême gauche, en pointant, surtout, les responsabilités de l’extrême gauche, et en visant, sans la nommer, Nathalie Perrin-Gilbert :

« On ne peut pas d’un côté condamner les occupations sauvages et les squats et d’un autre les encourager. Un certain nombre de discours violents, haineux et belliqueux amènent certains jeunes à l’irresponsabilité d’un certain nombre d’actes. Et ce ne sont pas eux les coupables, mais ceux qui les ont incités. Dans les années passées en Europe, cela a conduit à de grandes déviances en Allemagne ou en Italie et ma génération se souvient encore de ce que furent ces dérives qui ont été terribles ».

Le maire de Lyon de mars 2001 à juillet 2017 faisait référence à la Fraction armée rouge pour l’Allemagne et aux Brigades rouges pour l’Italie.

Rien de tout ça, pour l’instant, chez Georges Képénékian qui a pourtant plusieurs fois déclaré depuis son installation dans le fauteuil de maire qu’il suivrait la ligne de son prédécesseur. Certaines questions méritent une forme d’indépendance, semble-t-il.

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