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Jean-Paul Bret parle publiquement de son cancer : les hommes politiques et la maladie

actualisé le 14/09/2017 à 17h44

Sobre, sans fioriture et même rassurant. C’est sur ce ton qu’ont été retranscrits les mots du maire (PS) de Villeurbanne, par le journal local Le Progrès. Jean-Paul Bret évoque sa fonction de maire mais ne s’arrête pas là, en espérant jouer un rôle dans la mise à mal des tabous qui entourent cette maladie.

« Je suis une personnalité publique et cela m’oblige à une certaine transparence. Cela s’inscrit dans ma façon de faire de la politique. Et puis, il y a une vertu pédagogique. Le cancer est une maladie encore frappée de certains tabous. Dans ma position, j’apporte un témoignage. On vit avec un cancer. »

À la Une du journal, le maire de Villeurbanne apparaît le crâne nu. Lors du conseil de Métropole de ce lundi 11 septembre, nombre des acteurs de la sphère politico-médiatique l’ont vu siéger pour la première fois avec cette marque physique, que l’on associe bien souvent au cancer.

Dès lors, Jean-Paul Bret n’a pas tenu secret ce qui pouvait commencer à devenir une rumeur. Un cancer des lymphocytes a été diagnostiqué sur sa personne en juillet et il a démarré une chimiothérapie en août -ce qui explique le crâne rasé.

Ne pas « laisser libre court aux rumeurs »

L’état de santé des hommes politiques aux responsabilités a souvent été un sujet de débat : on se rappelle les cancers de François Mitterrand ou encore de Georges Pompidou, qui sont très longtemps restés « secrets d’État ». Entre ce qui se trouve être de la sphère privée et de l’information nécessaire, le curseur s’est finalement déplacé. Mais de peu. Aucune loi n’oblige un président de la République ou un élu de publier son bulletin de santé.

Dominique Bertinotti, alors ministre de la Famille dans le gouvernement de François Hollande, finit par révéler son cancer du sein, par voie de presse, en 2013, après l’avoir tu pendant plusieurs mois. Aujourd’hui encore, quand elle en parle, elle veut dire qu’elle a assumé toute sa mission : elle n’a manqué qu’un seul conseil des ministres. Au lendemain de son opération. Difficile d’arriver aux mots : la révélation de la maladie peut passer pour un aveu de faiblesse, là où elle n’a pas de place, dans les lieux de pouvoirs.

Deux ans auparavant, c’est le député Patrick Roy qui avait parlé de sa maladie, un cancer du pancréas qui finit par l’emporter.

En février 2015, le maire PCF de Bonneuil-sur-Marne décide de parler de son lymphome. Patrick Douet déclare alors :

« Je préfère donner un bulletin de santé officiel plutôt que de laisser libre court aux rumeurs. »

Il communique ensuite sur son rétablissement.

Ne pas « tomber dans une forme de voyeurisme »

Pendant la campagne présidentielle de 2017, les candidats Emmanuel Macron et François Fillon partageaient la même opinion, estimant que la santé relève de la vie privée. Celui qui est devenu président de la République disait alors :

« Mais il est normal que les Français soient malgré tout informés, dans des proportions raisonnables, de la santé du président, qui doit être en capacité de remplir sa charge. (…) Sans tomber bien sûr dans une forme de voyeurisme. »

Jean-Paul Bret prépare son prochain conseil municipal. Il assure pouvoir compter sur ses adjoints. L’aménagement de son emploi du temps lui a permis de « revoir son organisation du travail ». « A toute chose malheur est bon », déclare-t-il à ce sujet. Dans tous les cas, Jean-Paul Bret affirme pouvoir rester « maire, et maire responsable ».

Il tiendra par ailleurs une conférence de presse jeudi 21 septembre au sujet d’un testing réalisé par ses services, sur les discriminations bancaires.

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