Cultures 

Dans la région lyonnaise, le complexe du cinéma

actualisé le 06/09/2017 à 09h08

Le mieux est l’ennemi du bien : quand trop ouvrir de salles peut mener à en fermer d’autres… Tour d’horizon des projets de multiplexes cinématographiques dans l’agglomération.

1. Par le toit de la Part-Dieu

Outre l’ouverture de trois salles supplémentaires mi-octobre au Comœdia (lire ici), il faudra compter avec l’UGC Part-Dieu, regroupant à l’horizon 2020 ses deux niveaux en un seul site accessible par le toit du centre commercial et passant de 14 à 18 écrans. Après validation en février 2017 de l’extension et restructuration de l’ensemble du pôle commercial par la Commission départementale d’aménagement commerciale (CDAC), la Commission nationale (CNAC) s’était auto-saisie en mars ; elle a donné son accord le 8 juin dernier. Rien ne s’oppose plus à ce (probable) futur Ciné-Cité, qui rendra le sympathique Astoria bien singulier dans le parc lyonnais… et risque de faire de l’ombre au multiplexe de la Cité-Internationale, déjà fragilisé.

2. Mégaratés en série

Déjà présente en Isère ou les deux Savoies, l’enseigne Megarama voulait s’implanter dans la Métropole. Un projet de 8 écrans et 1466 fauteuils pour Saint-Bonnet-de-Mure, ZAC du Chanay, avait été accepté en CDAC. Considérant que ce site empiétait fortement sur les zones de chalandise des salles de Villefontaine, Meyzieu, Saint-Priest et Bron, le GRAC (Groupement de salles indépendantes) avait porté recours début mai en CNAC et obtenu gain de cause. Megarama, débouté, doit patienter une année avant de redéposer un dossier foncièrement différent en CDAC.

À Givors, justement, Megarama va se retrouver début octobre pour la seconde fois en CNAC, après avoir été retoqué l’an passé. Modifications : deux salles en moins pour 114 fauteuils ôtés… seulement. Vivement soutenu par les édiles givordins1, ce projet de désormais sept salles et 1 187 sièges, fait fi de l’existence d’un cinéma désaffecté, Le Paris, et de la volonté d’associations comme Luci (portée par Élise Salera) de le ranimer — avec le concours de la municipalité et en synergie avec les salles de proximité voisines (Rive-de-Gier, Firminy ou Jean-Carmet à Mornant).

Christophe Langlade, le directeur de celle-ci, a su sensibiliser les élus mornantais à l’impact d’un multiplexe à douze minutes de ses portes : « Le cinéma est un “produit frais”, il faut le consommer immédiatement. Un multiplexe posera fatalement un problème dans l’accès aux copies. » Un gain d’immédiateté risquerait de porter un coup fatal à l’ensemble du réseau de proximité, et à ces salles rendant le cinéma accessible à un public très jeune ou âgé. Mais très fidèle. L’exemple du Cin’Éole de Craponne laisse rêveur : avec trois séances hebdomadaires, il a réalisé durant la saison 2016-2017 10 426 entrées en 183 séances, progressant de 23% en un an !

3. Beynost ? Eh ben non.

Retoqué en CDAC, le Groupe CGR s’est étranglé en découvrant que les élus ayant rendu un avis défavorable pour ses dix salles et 1 700 fauteuils reprenaient la main. Seuls. La Communauté de communes de Miribel et du Plateau s’est réapproprié un projet redimensionné à cinq salles pour 850 sièges, bâti à Saint-Maurice-de-Beynost sur un terrain acquis conjointement. Quant à l’exploitation, elle serait confiée à un opérateur privé en délégation de service public, ayant pour mission de travailler avec les associations locales. Cette solution à dimension raisonnable, qui devrait être déposée en CDAC début 20182 pour une ouverture en 2020 fait (presque) l’unanimité en sa faveur : CGR n’exclut pas de revendiquer le foncier, arguant qu’un acte de cession avait déjà été conclu avec le propriétaire du terrain. À suivre…

4. Alors, est-ce Calade ?

CGR ne repart pas toujours défait : les indépendants de Villefranche-sur-Saône en font l’amer constat. Jusqu’à présent, trois sites travaillaient de concert : Le Rex, L’Eden et Les 400 Coups. L’ouverture le 30 novembre d’un CGR de dix salles et 1 878 fauteuils (visant 447 000 entrées annuelles, selon le directeur général du groupe, Jocelyn Bouyssy dans le Film français du 19 février 2016) les contraint à réduire la voilure.

Seul va demeurer Les 400 Coups — très apprécié pour ses Rencontres du cinéma francophone en Beaujolais de novembre — et quatre salariés dont Rodolphe Donati, son directeur. « C’est un gros coup, explique celui-ci. On risque d’être étranglés et de se retrouver dans une spirale vicieuse de recroquevillement, alors qu’il faut être dans la sérénité pour continuer notre travail d’action, d’animation de promotion d’un autre cinéma. J’ai bon espoir que la Ville de Villefranche nous sécurise par le biais d’une convention. L’adjointe à la Culture, très à l’écoute, me l’a assuré. » Ne reste qu’à la signer…

La salle de cinéma des 400 Coups à Villefranche. ©DR

La salle de cinéma des 400 Coups à Villefranche. ©DR

par Vincent Raymond sur Petit-Bulletin.fr

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