Politique 

Avant de rejoindre l’Assemblée, Anne Brugnera voudrait liquider le dossier de la pollution dans les écoles

actualisé le 27/06/2017 à 23h25

Élue députée LREM dimanche dernier, Anne Brugnera donnait ce vendredi une conférence de presse sur la qualité de l’air intérieur dans les écoles. Une dernière apparition alors qu’elle s’apprête à quitter son poste d’adjointe à l’éducation.

Quelques jours avant de quitter son poste au conseil municipal, la députée du Rhône a livré les résultats d’une étude sur la qualité de l’air intérieur dans les écoles. Lancée en 2016, cette-dernière analysait la présence de deux polluants – le formaldéhyde et le benzène – ainsi que d’un indicateur de confinement de l’air intérieur dans 91 établissements lyonnais.

Anne Brugnera sur la qualité de l'air intérieur

Anne Brugnera donnait une conférence de presse sur la qualité de l’air intérieur dans les écoles de Lyon. ©MD/Rue89Lyon

 Le contenu de l’étude

Sur les 51 premiers cas étudiés, le bilan est globalement bon. Pour le benzène comme pour le formaldéhyde, aucune groupe scolaire ne dépasse les valeurs limites. Quant à l’indice de confinement – qui permet de mesurer la concentration en CO2 – la limite est dépassée par six écoles.

Mais la ville de Lyon reste sereine. Cette problématique du confinement pourrait se résoudre « par de bonnes pratiques simples à mettre en oeuvre, sans nécessiter d’investissement lourd. » Des consignes d’aération vont donc être données aux instituteurs ainsi qu’aux ATSEM, et une campagne de sensibilisation à l’intention des parents et des élèves sera mise en place avant la fin de l’année.

Si les résultats partiels sont bons – la ville attend encore près de la moitié des résultats – l’étude ne prend pas en compte la pollution extérieure, à laquelle est en proie l’école Michel Servet. Il s’agit là d’un des dossiers chauds que l’adjointe de Gérard Collomb a traîné comme un boulet.

Située à proximité de l’entrée du tunnel de la Croix-Rousse, l’école est sujette à des émissions de dioxyde d’azote bien supérieures à limite d’exposition. Depuis plusieurs années, un collectif de parents d’élèves et d’enseignants a entamé un bras de fer avec la mairie afin d’améliorer la qualité de l’air et réclame une limitation de la vitesse dans le tunnel.

« À la rentrée prochaine, je change mes enfants d’école »

Questionnée sur les mesures à implémenter pour pallier le problème de l’école Michel Servet, Anne Brugnera a préféré éluder, arguant que la pollution extérieure n’était pas à l’ordre du jour et qu’une entrevue est par ailleurs prévue ce lundi avec le collectif.

Pour l’heure, la cour Nord de l’école a été fermée et des dispositifs de ventilation ont été mis en place dans l’école.

L'école Michel Servet est située dans le 1er arrondissement à Lyon. © Amélie James

L’école Michel Servet est située dans le 1er arrondissement de Lyon. © AJ/Rue89Lyon

Mais ces mesures sont loin d’être suffisantes pour les parents des écoliers. Valérie Dumesny, l’une des porte-paroles du collectif contre la pollution va mettre ses menaces à exécution :

« À la rentrée prochaine, je change mes enfants d’école. Jusqu’à maintenant, ils étaient en maternelle. La pollution était moins présente là-bas car il l’école primaire agit comme un barrage et que le bâtiment est entouré d’arbres. Mais hors de question qu’ils restent en primaire à Michel Servet dans ces conditions. »

La question est aussi d’ordre sanitaire. Valéry Dumesny parle de nombreux cas de rhumes et d’allergies. Membre du collectif de parents, Renaud Pierre, explique :

« Selon Thierry Philippe [vice-président de la Métropole de Lyon Environnement – Santé et bien-être dans la ville, ndlr], les voitures évolueront avec le temps et la pollution diminuera par conséquent. Mais il omet que les normes de pollution évolueront aussi. Et je trouve qu’il est exagéré de compter sur l’industrie, au vu des récents scandales. »

Et le parent d’élève de rajouter :

« Il nous explique qu’il n’y a pas plus de cas d’asthme à Michel Servet que dans les autres écoles. Nous ne savons pas d’où il tient ces chiffres, mais il ne faut pas oublier que tout le monde ne se signale pas auprès de l’administration. »

La mairie du 1er arrondissement a fait une demande d’analyse épidémiologique, encore sans nouvelle. La patate chaude risque bien d’arriver dans les mains du successeur de l’adjointe à l’éducation.

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L'AUTEUR
Matthieu Desmoulins
Matthieu Desmoulins
Journaliste stagiaire à Rue89Lyon tout droit descendu des montagnes haut-savoyardes.
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