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Présidentielle 2017 : Grenoble, ville « rouge et verte », dans l’incertitude à gauche

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Suivre la campagne présidentielle à Grenoble, c’est plonger dans une ambiance décalée par rapport au reste du pays. La droite et l’extrême droite y sont très peu visibles. Dans cette ville de 160 000 habitants, la gauche est majoritaire. Et toutes les nuances de gauche se préparent avec impatience aux recompositions qui suivront le premier tour de la présidentielle.

Parmi les responsables politiques locaux, les plus actifs comme les plus discrets anticipent le fait que les cartes seront rebattues le soir du 23 avril. La préparation des législatives en sera nécessairement affectée, d’où l’impression que donnent tous les acteurs de retenir leur souffle avant le verdict des urnes.

Grenoble est la seule grande ville de France dirigée par un écologiste, allié à des membres du Parti de gauche et de différents réseaux citoyens. Dans l’équipe municipale, on retrouve des sensibilités qui se distribuent entre la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon et la candidature de Benoît Hamon, ralliée par les Verts en février dernier.

Sur le terrain, on observe une dynamique de campagne incontestable du côté des soutiens de Jean-Luc Mélenchon. Le samedi matin, au marché de l’Estacade, dans un quartier il est vrai favorable, les « Insoumis » étaient les seuls à tracter lors de notre passage. L’empathie de la plupart des passants, dont certains venaient même réclamer des prospectus, était assez évidente.

La dynamique Mélenchon pourrait-elle être gênée localement par les polémiques qui entourent l’action municipale ? Au vu des résultats des élections intermédiaires de 2015 et des impressions des Insoumis sur le terrain, on peut s’attendre à ce que les électeurs fassent la part des choses entre les niveaux local et national.

Ce ne sera peut-être pas le cas de ceux qui se sont mobilisés contre certains choix de la mairie. Celle-ci a dû gérer une baisse drastique de la dotation de l’État, dans un contexte d’épargne nette négative laissant peu d’espace à un endettement supplémentaire, sans que l’alourdissement d’une fiscalité déjà élevée ne soit envisageable.

L’heure de l' »effondrement du bipartisme »

D’après Piolle, le Rassemblement grenoblois reste l’exemple d’une offre politique potentiellement majoritaire, dont « tout le monde est orphelin » au niveau national. Dans un contexte d’« effondrement du bipartisme gestionnaire et libéral », cette offre serait l’antithèse du « repli sur soi et de la stigmatisation de boucs émissaires ».

Hamon ne peut pas compter à Grenoble sur un soutien massif de l’équipe municipale. Selon la blague qui tourne à la mairie, « Benoît Hamon est un vrai candidat écolo… à tel point qu’il va finir avec un score d’écolo ».

Plus modeste encore, le noyau militant d’En Marche se révèle néanmoins actif sur le terrain. Olivier Véran, conseiller régional PS et candidat à l’investiture d’En Marche, est en effet convaincu que les divisions les plus structurantes aujourd’hui se déploient sur deux axes : « europhiles contre europhobes, et conservateurs contre progressistes ».

La droite et le FN discrets

Il n’est que très peu question de la droite et du FN. La plupart de nos interlocuteurs s’en amusent d’ailleurs, décrivant des équipes qui affichent et font du « boîtage » la nuit, avant de disparaître le jour. Les Républicains apparaissent en outre fracturés sur le plan local.

En ce qui concerne le FN, beaucoup semblent avoir intégré sa présence d’office au second tour. Seule Élisa Martin, à la mairie, s’inquiète ouvertement devant nous d’une victoire de « la mère Le Pen ». Son score, à Grenoble, sera en tout cas à surveiller.

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