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Vinatier : le personnel en grève pour maintenir la proximité des soins

actualisé le 08/11/2017 à 17h40

SUR MEDIAPART

Une partie du personnel du premier hôpital psychiatrique de France est en grève depuis lundi 3 avril. Il proteste contre la dégradation des conditions de la prise en charge des patients notamment en pédopsychiatrie.

Les soignants se rassemblent autour du sort de la pédopsychiatrie, principale victime du nouveau plan de rigueur exigé par l’agence régionale de santé (ARS). 143 grévistes ont été recensés par la direction, lundi 3 avril.

L’hôpital du Vinatier doit économiser 3,5 millions d’euros supplémentaires pour 2017, et la ponction budgétaire devrait se poursuivre en 2018 et 2019.

Afin de mettre ses comptes au clair, et parce que la masse salariale représente la principale charge d’un hôpital, l’établissement doit « rendre » 80 postes. Une situation intolérable pour les soignants.

L’hôpital public à l’abandon

Plusieurs unités de soins, services de jour, centre médico-psychologiques, ferment. La « psychiatrie de secteur », au plus près des patients, est en danger.

Un pédopsychiatre souhaitant rester anonyme et membre du collectif de défense de la pédopsychiatrie du Vinatier, témoigne :

« Ce sont les patients les plus fragiles qui vont trinquer. S’il faut faire 45 minutes ou 1 heure de transport par semaine pour que son gamin voie un psychiatre, beaucoup de familles vont décrocher. »

Pour ce médecin, la réorganisation prévue est le symptôme d’un abandon de « ce qui faisait l’hôpital public ».

« Les gens font des kilomètres pour aller chez Ikea, ils peuvent bien le faire pour faire soigner leurs enfants… »

Les relations sociales semblent difficiles avec le directeur, Hubert Meunier, qui défend la nouvelle orientation.

« Elle vise à assurer une meilleure continuité du service, qui peut se traduire effectivement, pour certains patients, par un éloignement géographique. »

Pour rassurer les équipes, la direction évoque aussi des « équipes mobiles pour les patients qui seraient véritablement dans l’impossibilité de se déplacer ».

À la suite d’une première grève le 7 mars, qui a mobilisé un agent sur quatre en pédopsychiatrie, les mots étaient toutefois plus crus, adressés aux syndicats par Hubert Meunier : 

« Les gens font des kilomètres pour aller chez Ikea, ils peuvent bien le faire pour faire soigner leurs enfants… »

L’agence Régionale de Santé n’a pas encore réagi à la mobilisation.

Pour 2017, l’Ondam (l’objectif national des dépenses d’assurance-maladie) est passé à 2,1%, soit environ 190 milliards d’euros, ce qui reste insuffisant pour couvrir les dépenses de l’hôpital public.

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