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Législatives dans le Rhône : le casse-tête des investitures et des accords qui n’engagent personne

actualisé le 08/05/2017 à 18h23

À gauche, avec quelle casquette se présenteront les candidats macronistes officiellement investis par le PS ? À droite, l’accord en LR et l’UDI porte sur une circonscription et n’est même pas respecté. Dans le Rhône et la Métropole de Lyon, les législatives s’avancent dans le brouillard.

> Sur la carte ci-dessus, retrouvez plus d’informations détaillées, tous les candidats et le bilan des députés sortants dans chacune des 14 circonscriptions du Rhône et de la Métropole de Lyon.

Dans le sillage d’une élection présidentielle et sa campagne aussi indécise qu’inédite, les élections législatives de juin 2017 s’avancent avec pas mal de points d’interrogation. Il n’est même pas question du résultat sur la ligne d’arrivée mais de la liste des concurrents sur la ligne de départ et pour certains de la couleur de leurs dossards. De l’élection présidentielle du 7 mai semble déjà dépendre beaucoup de choses. À ce jeu-là c’est une course de lenteur qui se joue, tout le monde préférant repousser l’heure des choix.

PS ou En Marche !, faudra-t-il vraiment choisir une casquette ?

Emmanuel Macron lors de son meeting à Lyon le 4 février au palais des sports. ©Léo Germain/Rue89Lyon

Emmanuel Macron lors de son meeting à Lyon le 4 février au palais des sports. ©Léo Germain/Rue89Lyon

En décembre 2016, le Parti Socialiste a investi officiellement 11 candidats issus de ses rangs, laissant les trois dernières places libres pour des partenaires. Depuis, Benoît Hamon a remporté la primaire de la gauche et passé un accord électoral avec Yannick Jadot (EELV). Emmanuel Macron, lui, trace sa route et engrange les ralliements tous azimuts. Spécialement à gauche chez ceux à qui le candidat du PS à la présidentielle donne de l’urticaire.

Dans le département, le maire de Lyon Gérard Collomb fait encore la pluie et le beau temps dans son camp. Soutien de la première heure du candidat d’En Marche ! Il pousse de fait les candidats socialistes au port de la double casquette. Au moins pour le moment.

Certains, comme le député Jean-Louis Touraine (3e circonscription), Anne Brugnera (4e), Hubert Julien-Lafferière (2e) ont ainsi apporté leur soutien à Emmanuel Macron. La ministre de l’Éducation Nationale, Najat Vallaud-Belkacem, candidate à Villeurbanne (6e), soutient officiellement Benoît Hamon. Comme Jules Joassard (11e), David Chizat (12e), ou François Bergame (13e). Natacha Verpillot, candidate sur la 5e circonscription face à Philippe Cochet, a fini par jeter l’éponge sous la pression. Soutien de Macron, elle a fini par rejoindre Benoît Hamon. Ça se passe comme ça au PS Lyon en 2017 : la traîtrise revient à soutenir le candidat de son propre parti.

Les candidats PS « macronistes » pas menacés

Emmanuel Macron et Gérard Collomb lors ds Jeco 2016. Photo compte Twitter de Gérard Collomb.

Emmanuel Macron et Gérard Collomb lors ds Jeco 2016. Photo compte Twitter de Gérard Collomb.

 

Après avoir menacé d’exclure tous les candidats investis partis faire les yeux doux à Emmanuel Macron, le patron socialiste Jean-Christophe Cambadélis a rétropédalé. Plus question d’exclusion mais de suppression de leur investiture. Le Parti Socialiste va-t-il donc investir de nouveaux candidats ? Si la décision est prise localement, les grands chefs à plumes locaux que sont Gérard Collomb et David Kimelfeld, tous deux Macronistes, on peut en douter. Et du côté d’En Marche ! on n’est pas pressé de régler la question des investitures. Il y en aura dans chaque circonscription a assuré l’ancien ministre de l’économie qui avait donné jusqu’au 29 aux députés souhaitant le rejoindre.

À ce jour, deux circonscriptions demeurent sans candidats socialistes désignés, la 8e et 9e circonscriptions. Sur la 1ere circonscription, le député sortant PRG Thierry Braillard se représente. Il a lui aussi apporté son soutien à Emmanuel Macron contre le choix de son parti pour mieux s’assurer du soutien locale du maire de Gérard Collomb.

L’accord LR-UDI pour quoi faire au juste ?

À la fédé LR du Rhône. Au premier plan, de gauche à droite : François-Noël Buffet, Philippe Cochet et Michel Forissier. Au second plan, Michel Terrot à la fédération LR du Rhône. ©DD/Rue89Lyon

Le 14 mars dernier, les deux formations de droite et du centre droit signait un accord portant sur 92 circonscriptions. Dans le Rhône, ce texte concerne la 14e circonscription où officiellement le parti Les Républicains s’engage à soutenir la candidature de l’UDI Maurice Iacovella. Au moment des investitures, le territoire avait été réservé par LR à son partenaire.

L’accord engage pour le moment ceux qui le croient. Doriane Corsale, adjointe au maire LR de Saint-Priest a déjà lancé sa campagne dissidente sur le territoire depuis le début de l’année. Et elle a des faux airs de candidature officielle après avoir reçu le soutien de la maire de Décines Laurence Fautra, du député Philippe Meunier ou encore du sénateur-maire de Meyzieu Michel Forissier.

UDI et LR ferrailleront par ailleurs sur le territoire. Sur la 1er circonscription notamment où Anne Lorne (LR) aura face à elle l’UDI Djida Tazdaït, sur la 2e circonscription Denis Broliquier maire UDI du 2e arrondissement de Lyon affrontera Laurence Balas et sur la 3e circonscription Christophe Geourjon se présente face à Nora Berra (LR).

Toujours pas de Front de gauche en juin 2017

À la gauche de la gauche, il n’y aura pas franchement plus d’union. Le Front de gauche de 2012 n’existe plus. Avant même d’apporter son soutien à Jean-Luc Mélenchon, le Parti Communiste avait annoncé qu’il présenterait des candidats aux législatives. Dès le mois de janvier, les communistes du Rhône annonçaient leurs candidats investis dans neuf circonscriptions.

Depuis, les militants mélenchonistes de la « France insoumise » ont annoncé également les leurs dans 11 circonscriptions. Les anciens alliés pourraient donc se retrouver face à face. Dans le 1er arrondissement, les candidats du PCF et de France insoumise auront également face à eux la maire du 1er arrondissement Nathalie Perrin-Gilbert du Gram au risque d’éparpiller un peu plus les voix au premier tour.

Mais pas partout. Sur la 14e circonscription, il n’y aura ainsi pas de candidat « France insoumise » face à la maire de Vénissieux Michèle Picard (PCF).

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L'AUTEUR
Bertrand Enjalbal
Bertrand Enjalbal
Journaliste à Rue89Lyon
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