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Un tout nouveau musée à Lyon, dédié au peintre Jean Couty

En cette période de diète budgétaire, la naissance d’un nouvel équipement culturel est un événement en soi. Lancé par sa famille sur des fonds privés, le musée consacré à Jean Couty est, quoique l’on puisse penser de son œuvre, une bonne nouvelle dans le paysage artistique lyonnais.

Le « projet d’un musée Jean Couty est un projet ancien » nous indique Charles Couty, fils du peintre et fondateur-directeur de ce musée associatif privé.

Depuis une quinzaine années, il lorgnait sur un bâtiment situé à trente mètres de la maison familiale, là même où Jean Couty (1907-1991) vivait et peignait.

En dépit de son grand goût pour les voyages à travers le monde, qu’il effectua nombreux, et d’une galerie parisienne qui le représenta quarante ans durant (la galerie, toujours existante, est Katia Granoff), Jean Couty restait attaché à Lyon, sa ville natale, et revenait y travailler entre deux déplacements.

Jean Couty

1907 : Naissance à Lyon
1925 : Entre à l’École des Beaux-Arts de Lyon
1933 : Diplôme d’architecte
1945 : Première exposition personnelle à la galerie Katia Granoff à Paris où il exposera pendant quarante ans
1950 : Grand Prix de la Critique de Paris
1979 : Grande exposition au Musée d’art moderne de Paris
1991 : Rétrospective à l’Auditorium de Lyon. Mort de l’artiste

 

Conçu par les architectes Jérémy Rochet et ITRW architectes, établi à quelques encâblures de l’Île Barbe, le musée dispose de 800 m² de surface d’exposition sur deux niveaux.

Inauguré le 18 mars, « c’est un musée moderne aux normes d’aujourd’hui qui correspond à mon musée idéal » poursuit Charles Couty. L’accrochage rassemble quelque cent cinquante œuvres de Jean Couty, dont cent vingt peintures, certaines de très grand format.

Réalisme humaniste

Aujourd’hui, le nombre des œuvres de Jean Couty demeure inconnu, et son « œuvre raisonnée » se construit peu à peu sur le site Internet dédié à l’artiste.

Son fils explique :

« Pour l’instant, nous avons répertorié à peu près 1300 tableaux et dessins »

Formé aux Beaux-Arts de Lyon, diplômé aussi en architecture, Jean Couty a inscrit son travail dans le sillage d’un certain réalisme humaniste à la française : celui des frères Le Nain, de Gustave Courbet ou de Georges Rouault.

« L’apprenti architecte, héritier de ses ancêtres maçons creusois compagnons du devoir, est devenu le peintre bâtisseur animé d’une spiritualité qu’il exprime dans une matière dense, magnifiée par une palette aux harmonies hardies de couleurs fauves. Témoin de son temps à l’écoute de ses contemporains, il pratique un réel dépassé qui perce le mystère de l’apparence » écrit, enthousiaste, l’historienne de l’art Lydia Harambourg.

Travaillant par séries, le peintre connaît plusieurs périodes : celles des chantiers de construction par exemple, des églises romanes, des vues de Lyon, de la mémoire de son temps (représentations de Mai 1968, de la pauvreté…). Charles Couty précise :

« Il adorait l’art roman et était passionné par toutes les religions. »

Come-backs

Le parcours muséographique, thématique et chronologique, reconstitue les grandes étapes de la carrière de Jean Couty. Mais à l’avenir, une partie des surfaces d’exposition du musée sera consacrée à des expositions temporaires d’art moderne et contemporain. Charles Couty annonce :

« Nous rendrons hommage par exemple à sa galeriste Katia Granoff. Ou bien à des peintres qui furent des amis de Jean Couty comme ceux de « l’école lyonnaise » (Jacques Truphémus, Fusaro, Cottavoz…). Nous nous pencherons aussi sur des peintres, qui, comme Jean Couty, ont obtenu le Grand Prix de la critique : Bernard Buffet, Jean Le Moal, Bernard Lorjou… »

Bref, des peintres qui connurent un certain succès à leur époque (le Grand Prix de la critique étant alors une sorte de Goncourt de la peinture), mais que, bon an mal an, l’histoire de l’art a un peu oublié. Ce sera donc à vous, comme à nous, de juger des bienfaits, ou non, de leurs come-backs, en parcourant les salles de ce tout nouveau musée lyonnais.

Musée Jean Couty, 1 place Henri Barbusse, 9e

Par Jean-Emmanuel Denave sur PetitBulletin.fr

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