Cultures 

A Lyon, les défenseurs de la free party descendent dans la rue

actualisé le 19/03/2017 à 19h06

Le samedi 18 mars, une manifestation promise comme festive est programmée à Lyon et dans d’autres villes en France, dans le but de « défendre la culture rave ». Les organisateurs demandent la fin d’une « répression policière », et une reconnaissance de leur approche de la musique.

« Pour vivre heureux, arrêtons de vivre cachés ». Les organisateurs de free party et leurs habitués, teufeurs notamment, descendent dans la rue.

Lors du week-end du 16 août, une rave-party  à Plélauff s’est achevée par la saisie de l’intégralité du matériel de sonorisation du collectif Marmotek. Le 12 novembre dernier, l’intervention des forces de l’ordre dans une autre free party en Bretagne avait fait trois blessés, dont un gendarme.

Le 18 mars, plusieurs « manifestives » auront lieu à l’appel de huit collectifs français, rejoints par près de 200 sound system. Avec un mot d’ordre : défendre la fête libre (free party) et faire connaître cette culture pourtant déjà ancienne.

Celle de Lyon partira de la place Bellecour à 14h30, longera les quais du Rhône jusqu’à l’Hôtel de Ville, pour revenir au point de départ, où des performances de jonglage et de graff sont prévues. Le cortège sera accompagné en musique par 5 chars (des véhicules légers). Environ 1500 personnes sont attendues.

Un ras-le-bol vis à vis de la répression

Sous un aspect festif, la manifestation se veut avant tout revendicative. Les collectifs demandent l’abrogation de la loi de 2002 et de l’amendement Mariani. Ce texte, portant sur « les rassemblements musicaux à caractère festif », vise implicitement les free party et interdit tout rassemblement non déclaré de plus de 500 personnes.

Au-delà de ce chiffre, une autorisation préfectorale est indispensable et en cas d’infraction, le matériel peut être confisqué. Des saisies dont les teufeurs exigent l’arrêt, comme l’explique Kevin Barjon, fondateur de collectif Rave Conscient et organisateur pour Lyon :

« Il faut savoir que nous sommes des amateurs, et il n’y a aucun but lucratif dans nos évènements. La plupart du temps, c’est de l’investissement personnel. Alors quand le matériel est saisi, c’est pour certains toute une partie de leur vie qui s’effondre. »

Sont également demandés :

  • Un meilleur accueil de la part des mairies lors des demandes d’autorisations.
  • La mise à disposition des terrains publics inutilisés pour organiser des fêtes plus sécurisées.
  • Un vrai soutien des autorités aux associations de prévention et de réduction des risques liés à l’usage de drogue (Techno+, Keepsmiling).

Cette dernière revendication fait écho aux déboires de l’association Techno+. En novembre dernier, leurs locaux avaient été perquisitionnés dans le cadre d’une enquête pour « production, consommation, vente et promotion de stupéfiants. » Ses membres risquent une mise en examen.

Un samedi de manifs

La Manifestive de Lyon a été autorisée par la préfecture  :

« On a établi le parcours en accord avec les services de police. Avec surprise, les échanges ont été très bons. »

La forces de l’ordre seront présentes pour assurer la sécurité, ainsi que 7 bénévoles pour chaque char. Quant à l’éventuelle présence de casseurs, Kevin Barjon est catégorique :

« Nous ne sommes pas à l’abri puisque la manifestation, comme notre mouvement, est ouverte à tous. Mais s’il y en a, on interviendra. Notre image est en jeu. Nous ne sommes pas là pour casser, mais pour nous faire entendre. On préfère jeter des notes de musique que des pavés ».

Le même jour, d’autres manifestations auront lieu dans les grandes villes : Paris, Nantes, Marseille, Toulouse, Clermont-Ferrand et Strasbourg, mais aussi Montréal et Berlin.

Un samedi qui promet d’être animé dans le centre-ville de Lyon. Une manifestation pour la fermeture de la centrale du Bugey aura lieu en même temps dans le 1er arrondissement.

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