Vigies 

La Cité du design à Saint-Étienne dans la tourmente

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Gestion financière opaque, méthodes managériales controversées, climat social délétère… Acteurs de l’Economie revient sur le fonctionnement contesté de la Cité internationale du design. En ligne de mire, la personnalité décriée de son ex-directeur général, Ludovic Noël, qui a quitté son poste le 3 mars, six jours avant le lancement de la Biennale 2017. ( 9 mars – 9 avril)

Vendredi 6 janvier, 14h41. En poste depuis 2011, Ludovic Noël, directeur général de la Cité internationale du design de Saint-Etienne, annonce son départ. Il rejoint la direction du groupe de communication Altavia, à Saint-Ouen.

Ironie du sort : il quitte effectivement ses fonctions à l’Etablissement Public de la Coopération Culturelle (EPPC) le 3 mars, six jours avant le début de la Biennale internationale du design.

Un choix inopportun qui nourrit l’inquiétude en interne, et qui n’étonne que peu les représentants FO de l’EPPC :

« Ludovic Noël fait sa carrière. La question est de savoir comment et à quel prix cette Biennale va se boucler.« 

Pour Eric Berlivet, vice-président de Saint-Étienne métropole et administrateur de l’EPCC, ce départ est une « opportunité positive ».

L’élu avait déjà tiré la sonnette d’alarme, s’interrogeant notamment sur la gestion financière de l’établissement public :

« J’ai demandé des comptes détaillés, mais j’attends toujours des réponses. Si l’on place de l’argent, ce n’est pas pour le plaisir. Il faut des retours en termes d’image et d’attractivité économique.« 

Au cœur de la polémique, l’utilité des voyages internationaux de deux membres du comité de direction et l’opacité de la gestion financière de l’EPPC. Les représentants FO réclament ainsi un « état des lieux« .

« Pokerface »

Au-delà des sujets financiers, c’est la légitimité même du directeur général qui est contestée. D’abord parce qu’il n’est pas designer de profession, mais aussi pour ses compétences managériales.

Surnommé « Pokerface« , Ludovic Noël est défini par d’anciens collaborateurs comme un « anti-manager égocentré« , n’accordant aucune reconnaissance aux agents.

Malgré ces critiques, son contrat est reconduit pour trois ans en 2014. Pour les représentants FO, l’ancien directeur joue sa partition auprès des élus de la métropole, qui finance l’EPPC à 90%.

« Il aurait dû passer devant le conseil d’administration pour présenter un projet d’établissement, mais cela n’a pas été fait. Sa reconduction a été tacite« 

En attendant, le climat social semble s’être dégradé depuis deux ans. En cause, la direction des ressources humaines qui multiplierait les erreurs et des projets de mutualisation avec le musée d’Art moderne de Saint-Etienne.

Début 2016, la situation économique de l’EPCC s’est soldée par une restructuration du service production, dont le directeur a été licencié et les effectifs réduits de moitié. Plusieurs démissions ont suivi.

Enregistrant chaque année un déficit structurel, le modèle économique de l’EPPC reste encore à définir.

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