A la une 

Révolution féminine dans la nuit lyonnaise avec les Dynastits

Pas besoin d’un Charlie ni d’aucun homme pour confier des missions aux drôles de dames de Dynastits, un gang de filles radical et plein d’humour qui s’empare des ondes, des platines et de nos soirées pour des programmations 100% féminines.

Elles sont faussaires et roubleuses comme des Cat’s Eyes, capables de refourguer lors d’une soirée un vinyle des Modern Talking pour quinze euros.

Elles écrabouillent le machisme sur leur passage, sont émeutières comme des riot grrrls, décalées et fashionistas comme Patsy et Edina.

Qui sont-elles ? Les garçons, tous aux abris, Dynastits dynamite vos nuits.

Ce collectif dont aucune voix ne porte plus que l’autre (mais qui crie déjà beaucoup) est constitué principalement de six filles et sévit sur trois champs : le Dj-ing, une émission radio et l’organisation de soirées. Trois projets portés par une seule règle : programmer, jouer, diffuser des artistes femmes.

Pour ce qui est des soirées, « on est toutes arrivées au constat qu’il n’y a avait pas assez de filles représentées sur les scènes », rappellent-elles.

« Nous nous sommes dit que ce serait bien de mélanger un peu les troupes, de donner une autre ampleur au dancefloor en brassant plus les publics, en donnant à chaque soirée une ambiance, une atmosphère, un décor. L’idée, c’est que ce soit festif avec un focus sur les femmes. Un événement débile et fun, mais toujours avec un pied de nez aux clichés que l’on peut lire et entendre sur les femmes ».

C’est ainsi que le 21 octobre, nous étions invité-e-s à la première de leurs soirées, intitulée «argent sale pour nuit blanche». Car la femme, c’est bien connu, est vénale.

L6

Le gang de Dynastits. Crédit : Marion Bornaz

Le gang de Dynastits. Crédit : Marion Bornaz

Ces filles-là se sont juré bienveillance mais certainement pas fidélité.

Afin de ne pas finir comme les L5 (qui ne sont plus que deux…), les membres de Dynastits mixent chacune de leur côté et laissent libre cours à leurs goûts et à leur particularisme.

Il y a ainsi dans ce collectif autant de couleurs musicales que de Dj’s. Leurs pseudonymes sonnent comme des noms de guerrières et de pornstars : Maria Rockmore, Old but Gold, Femmes aux Fourneaux, Simone du Boudoir, Calavera et Blondie Mary.

Lorsqu’elles délaissent leurs platines, une partie de ces drôles de dames s’invitent dans nos foyers le temps du Dynastits Radio Show.

À l’antenne depuis 2008, l’émission (initialement intitulée “Les Qonass”) a rejoint le collectif en 2016.

On retrouve ainsi dans nos transistors la même bande de filles archi-calées et complices qui mêlent bonnes blagues et musiques pointues un mardi sur deux, de 19h à 20h sur C’rock radio à Vienne (89.5 FM), avec possibilité de les écouter en streaming et en podcast.

Leur actualité, c’est une prochaine soirée en janvier. Car la femme est certes vénale, mais c’est aussi avant tout une sorcière.

C’est sur ce cliché que Dynastits nous propose de réfléchir et de nous amuser en convoquant le groupe américain de mauvaise vie Death Valley Girls. Les filles, à vos balais !

Be Witch!, vendredi 20 janvier à partir de 20h30 au Sonic, 4 quai des Étroits (Lyon 5e).

Par Guillaume Wohlbang sur heteroclite.org

 

Partager cet article