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[Chronologie] Des révélations sur le père Preynat au « pardon » de Barbarin : un an d’affaires de pédophilie à Lyon

Il y a un an, étaient révélés les actes pédophiles du père Preynat.  Vendredi dernier, le cardinal Barbarin célébrait une messe spécial pour demander pardon « à l’intention des victimes de pédophilie de la part des membres du clergé ».

L’archevêque de Lyon avait déjà fait acte deux petits actes de contrition. Mais il n’était jamais allé aussi loin.
En avril, devant plus de 200 prêtres du diocèse, il avait reconnu des erreurs de gestion. Début novembre, dans son diocèse, une première messe avait eu lieu pour les victimes de la pédophilie, à Sainte-Foy-lès-Lyon, là où officiait le père Preynat.

Jusque là, ni dans les communiqués du diocèse de Lyon, ni dans les rares entretiens accordés, ni lors conférence de presse des évêques réunis Lourdes, le cardinal Barbarin n’avait demandé aussi clairement pardon.

Au cours de ces trois exercices de communication, il tenait peu ou prou, le même discours : « les faits sont anciens », comme dans cet entretien « hallucinant » accordé à La Croix.

« Mais je peux dire aussi que, depuis que je suis évêque, chaque fois qu’on m’a signalé un abus, j’ai réagi dans la seconde, suspendu le prêtre et alerté la justice : c’est arrivé à Lyon en 2007 et en 2014. Avec le père Preynat, la situation est bien différente, car il s’agissait de faits anciens pour lesquels il n’y avait jamais eu de plainte, ni aucun indice de récidive. Ma seule préoccupation est qu’aucun mal ne soit plus jamais commis. »

Il avait même eu cette phrase malheureuse lors de sa conférence de presse de Lourdes :

« Grâce à Dieu, la majorité des faits sont prescrits ».

 « Moi, Philippe, évêque de Lyon, je demande pardon, en mon nom personnel et au nom de mon Eglise »

Changement de ton, donc, ce vendredi 18 novembre, en la Primatiale Saint-Jean de Lyon où le cardinal Barbarin a célébré une « Messe de réparation ».
Il a demandé pardon, sous l’oeil de nombreux fidèles et filmé par les caméras de France 3.


Le texte de la célébration a été immédiatement mis en ligne sur le site du diocèse.

Il reconnaît un « réveil tardif » du diocèse « au combat contre la pédophilie et convaincu » et enchaîne les « pardon » :

« pardon pour les actes criminels commis par des prêtres contre des enfants ».
« Pardon pour les fautes des membres de notre Eglise dans la gestion de ces difficultés ».
« Pardon pour mes prédécesseurs à cause de certaines de leurs décisions ou à cause de leur indécision ».
« Pardon pour tous nos silences, pardon d’avoir été souvent plus soucieux de la situation et de l’avenir des prêtres coupables que de la blessure des enfants ».
« Pardon pour toutes nos fautes »
« Pardon pour mes propres fautes ».

Et il se fait plus incisif encore sur ses propres fautes, notamment pour avoir mis de longs mois avant de sanctionner le père Preynat.
Il s’est mis à genoux pour conclure :

« Moi, Philippe, évêque de Lyon, je demande pardon, en mon nom personnel et au nom de mon Eglise, pardon pour tant de blessures, pour tant de silences et pour tant de phrases indignes ».

« Pour beaucoup, on reste insensibles à ces paroles ». 

Dans l’assistance, seule une victime du père Preynat était présente.
Pour l’association des victimes du père Preynat, La Parole libérée, « c’est trop tard ». Interrogé par France Bleu Saint-Etienne, l’un des fondateurs François Devaux voudrait toujours voir condamner le cardinal Philippe Barbarin pour ses actes passés :

« Sans doute qu’il doit avoir un sentiment de culpabilité très grand. Je l’aurais à sa place compte tenu du nombre de prêtres toujours en fonction en 2016 qui avait déjà fait l’objet d’accusation d’agression sexuelle sur mineure, ou pas. Pour beaucoup, on reste insensibles à ces paroles. Il y a un temps pour la sincérité et il y a un temps ou c’est trop tard. Tout cela n’apparait que consécutivement à la pression qu’on met. Sans doute que pour lui ça se complique un peu et qu’il essaie de faire bonne figure et de faire son mea culpa. »

Suite aux plaintes contre des membres de l’Eglise catholique, dont le cardinal Barbarin, une enquête pour non-dénonciation d’actes pédophiles avait été ouvertes. Elle a été classée sans suite en août dernier.

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