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Le Festival Lumière avec Catherine Deneuve en guest, cette « icône LGBT »

Soixante ans déjà que Catherine Deneuve règne sur les écrans. Une rencontre (un « tête-à-tête » nous promet-on même) est prévue avec cette icône du cinéma français, ce vendredi 14 octobre à Lyon.

Et la billetterie est ouverte ce jeudi à partir de 11 heures (la précision est sans doute nécessaire tant Catherine attire les foules).

Une carrière unique au cours de laquelle elle est devenue une sorte d’égérie gay. Pourquoi ? Quelques éléments de réponse au moment où la star s’apprête à recevoir le Prix Lumière 2016.

Indochine, film de Régis Wargnier (1992).

Indochine, film de Régis Wargnier (1992).

1. Les rôles iconiques

Avec quatre rôles de femmes lesbiennes à son actif (Écoute voir, Les Prédateurs, Les Voleurs, Huit femmes), Deneuve est sûrement une des stars les moins farouches quand il s’agit d’aborder l’homosexualité. Et cette liberté est sans doute pour beaucoup dans la fascination qu’elle ne cesse d’exercer sur les homos des deux sexes.

D’autant que l’actrice ne s’est pas contentée de vamper Susan Sarandon ou de rouler une pelle fougueuse à Fanny Ardant : elle a aussi goûté à l’amour SM et à la prostitution (Belle de jour), a vu son mari tomber enceint (L’événement le plus important depuis que l’homme a marché sur la lune), a désiré follement son père (Peau d’âne), a eu une mère lesbienne (Belle-maman)…

Elle a adoré transgresser les normes.

Entre ses rôles de maîtresse-femme (Indochine), de grande amoureuse (Le Dernier Métro), de princesse (Peau d’âne), de reine fofolle s’adonnant à la calligraphie («je fais des séries de P», s’exclame-t-elle dans Palais Royal…), ou de personnage proustien (Le Temps retrouvé), elle ne cesse de se glisser dans les recoins de notre imaginaire.

8 FEMMES de François Ozon (2002), Virginie Ledoyen et Catherine Deneuve © FidŽlitŽ Productions / DR

8 FEMMES de François Ozon (2002), Virginie Ledoyen et Catherine Deneuve © FidŽlitŽ Productions / DR

2. Des réalisateurs en admiration

Ça a commencé avec Jacques Demy, ses Parapluies, ses Demoiselles et sa princesse aux robes couleur du soleil. Ça s’est poursuivi avec André Téchiné et ses passions amoureuses (sept fois).

Il y a eu ensuite François Ozon à deux reprises pour des comédies, mais aussi Gaël Morel, Gabriel Aghion, Josée Dayan, Christophe Honoré, Paul Vecchiali ce mois-ci (Le Cancre, en salles le 5 octobre).

Bref, autant dire qu’à peu près tous les cinéastes homos français, quelle que soit leur génération, ont été inspiré-e-s par son talent, son allure, sa légende.

3. Question de mode

Trente ans durant, elle fut l’incarnation de la femme Saint-Laurent et une proche du couturier. Mais elle fut aussi la femme Courrèges (cf. les robes trapèze et les capelines des Demoiselles de Rochefort). Et une incarnation du chic français.

Sans rien renier de son goût pour la mode, cette habituée des défilés se moque gentiment de cette passion en lisant actuellement (dans une série de vingt-deux épisodes de deux minutes diffusés sur Arte depuis le 26 septembre) les tweets hilarants recueillis par Loïc Prigent lors de ces grand-messes.

4. Mariage, vous avez dit mariage

Signataire du manifeste pour le droit à l’avortement dans les années 70 et de celui pour la dépénalisation mondiale de l’homosexualité en 2011, Deneuve a toujours milité pour la liberté de chacun-e.

Elle qui aime à dire que tous ses amis sont homos a pourtant commis deux faux-pas qui n’ont pas entaché son image : avoir fait interdire, à la fin des années 1990, une revue lesbienne canadienne qui avait pris son nom pour titre sans lui demander son autorisation.

Et avoir fait à la télé une maladroite déclaration contre le mariage pour tous, alors qu’elle voulait dire en fait qu’elle était contre le mariage en général.

Belle de jour de Luis Buñuel (1966) © Five Film / Paris Film / DR

Belle de jour de Luis Buñuel (1966) © Five Film / Paris Film / DR

Par Didier Roth-Bettoni sur heteroclite.org.

Festival Lumière, du 8 au 16 octobre dans la Métropole de Lyon.

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