Société 

Pour sa rentrée, une école de Lyon nage en pleine pollution

actualisé le 08/09/2016 à 23h30

« Collomb, stop les gaz ! », c’est le slogan que clame depuis de nombreux mois le collectif de parents d’élèves de l’école Michel Servet. Devant l’hôtel de ville ce mardi soir, les parents ont voulu ré-attirer l’attention du maire de la ville sur la pollution dans laquelle vivent les élèves et personnels de l’établissement.

« On se bat pour éviter que nos enfants ne développent des traumatismes. Si aucune mesure efficace n’est prise, j’envisage sérieusement de changer mes enfants d’école ».

Valérie Dumesny, mère de deux enfants scolarisés à l’école Michel Servet, sur les pentes de la Croix-Rousse (1er arrondissement), tire la sonnette d’alarme. Et pour cause. Chaque jour, alors qu’ils se rendent dans leur établissement, ils sont exposés à des polluants particulièrement forts de différentes natures.

En effet, une étude entreprise par Air Rhône-Alpes a révélé que la circulation automobile était en cause, l’école se trouvant à l’embouchure du tunnel de la Croix-Rousse.

La fréquentation du tunnel impacte 30 à 40 % de la pollution de l'école © Amélie James/Rue89Lyon

La fréquentation du tunnel impacte 30 à 40 % de la pollution de l’école © Amélie James/Rue89Lyon

Le collectif compte obtenir des dispositifs permettant de réduire le taux de pollution et les réclame dans une pétition qui a recueilli près de 1500 signatures.

« Nous militons pour la baisse du trafic routier. L’étude montre que la fréquentation du tunnel impacte 30 à 40 % de la pollution de l’école », explique Valérie Dumesny.

Des aménagements peu efficaces

Des aménagements ont d’ores-et-déjà été faits mais sont considérés comme « insuffisants ». Deux classes, qui étaient particulièrement exposées à la pollution, ont migré dans les locaux de la bibliothèque et de la salle informatique. En découle alors un confort spartiate pour les élèves et leurs enseignants. De plus, une des trois cours extérieures de l’école a été fermée.

« Les enfants ont donc été regroupés dans deux cours inadaptées. Compte tenu de leur nombre, les sanitaires sont insuffisants et les accès compliqués », estime Valérie Dumesny.

Le collectif a découvert par voie de presse que la Ville a profité de la saison estivale pour « installer une ventilation permettant d’acheminer l’air du jardin dans le gymnase, bâtiment le plus pollué de l’école ». Une mesure jugée insuffisante voire absurde puisque c’est l’air d’une cour adjacente elle-même polluée qui est utilisé pour une cour encore plus polluée.

Estimant cette situation inacceptable et les changements rudimentaires, le collectif a sollicité une entrevue avec Gérard Collomb et son adjointe à l’éducation.

Selon les services com’ de la Ville, les revendications du collectif « ont été entendues ». Pour autant, aucune rencontre n’est à ce jour programmée. La rentrée à Michel Servet se fera dans un air toujours aussi mauvais.

Partager cet article