Société 

Malgré l’arrivée de capitaux chinois, Jean-Michel Aulas se plaint toujours de la concurrence

actualisé le 08/09/2016 à 22h22

Une opération financière pour laquelle le président de l’Olympique lyonnais s’est montré très satisfait. Mais il continue de fustiger le riche PSG. La concurrence, en championnat de France de football comme à Lyon, ne semble pas lui aller.

C’est toujours l’été mais le championnat de France de foot a repris. Du coup Jean-Michel Aulas s’est remis en action lui aussi. On l’a retrouvé comme on l’avait laissé avant les vacances : en mode trolling du riche Paris Saint-Germain et critique de la concurrence quand elle n’est pas à son avantage.

Quelques jours avant la reprise de la Ligue 1, lors du Trophée des champions, le président de l’OL s’en était pris à la « politique excessive d’investissement » de la part du PSG dans une série de tweets. Il visait directement « l’argent d’un pays Qatari (sic) qui fausse les données ».

La pot de terre vertueux lyonnais contre le pot de fer dispendieux parisien

Quelques jours après avoir de nouveau critiqué les capitaux étrangers dont bénéficie le PSG, il annonçait pourtant l’entrée au capital de l’OL de capitaux chinois. Dans un communiqué publié vendredi 12 août au soir, l’OL Groupe officialisait l’entrée dans son capital du fonds d’investissements chinois IDG Capital Partners à hauteur de 20% pour une somme de 100 millions d’euros. OL Groupe prévoit d’utiliser une part substantielle de cet investissement pour réduire une partie de sa dette.

Ce que fustige à longueur de temps Jean-Michel Aulas ce sont les moyens dont dispose le club du PSG via Qatar Investment Authority (QIA), fonds d’investissement souverain de l’État du Qatar. Des « subventions déguisées » en somme.

Dans une interview accordée au JDD, Jean-Michel Aulas précise et en remet une couche :

« En face (ndlr : au PSG), ce sont des aides d’État à fonds perdu qui financent des joueurs achetés très cher et des salaires sur lesquels aucun club ne peut s’aligner, hormis Manchester City. La manière dont il fonctionne vient profondément bouleverser l’équilibre de la L1. Si ce n’était que quelques dizaines de millions d’euros, on serait sur la problématique des riches et des pauvres. Mais on parle de centaines de millions […] Il y a le contrat QTA et tout ce qui est associé, comme la société de télécoms du Qatar qui n’intervient pas en France mais y fait de la promotion. »

Dans ce même entretien, le président de l’Olympique Lyonnais a tenu à souligner la différence entre les investissements qatari et celui réalisé par le fonds chinois :

« C’est la démonstration qu’on peut avoir un modèle capitalistique vertueux sans être dépendant d’un État. On fait entrer un actionnaire qui apporte des fonds propres en une fois. Ça n’a rien à voir avec le PSG. »

La concurrence c’est mieux quand elle est à son avantage

Jean-Michel Aulas, se plaint donc en plaçant le débat sur le terrain du modèle économique. Lui l’entrepreneur loyal et vertueux face aux riches dépensiers sans recherche de profits. On rappellera une nouvelle fois qu’en termes de « subventions déguisées » la garantie de prêt de 40 millions d’euros du département du Rhône a permis de boucler son tour de table et son partenariat avec Vince pour la construction de son nouveau stade. Pour s’y rendre, le contribuable métropolitain a aussi été mis à contribution à hauteur de plus de 200 millions d’euros.

Le combat pour la vertu économique, c’est presque une vieille rengaine pour Jean-Michel Aulas. Surtout depuis que son club ne domine plus le championnat de France. En 2012, Jean-Michel Aulas dénonçait déjà une autre concurrence déloyale, celle de l’AS Monaco et de son « statut fiscal avantageux ». Il avait même commencé à pointer publiquement du doigt cette situation en 2004. Après la décennie glorieuse des années 2000, l’Olympique Lyonnais vit désormais malgré de bons résultats dans l’ombre du PSG. Inaccessible sportivement et financièrement. Pourtant, quand il dominait le foot français Jean-Michel Aulas se plaignait du climat français qui préférait que « les petits mangent les gros ».

À Lyon, la concurrence aussi lui fait peur. À l’été 2015 puis de nouveau en mai dernier, il avait multiplié les passes d’armes avec Gérard Collomb maire de Lyon et Olivier Ginon patron de GL Events et du club de rugby du LOU sur la question de la destinée du stade de Gerland. L’entrée du club de rugby lyonnais dans son ancien stade avec en parallèle un projet de développement économique évènementiel dans l’enceinte ne lui plaît pas du tout. Il ne veut pas de concurrence à proximité de son nouveau stade.

 

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