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Take Eat Easy laisse 4500 coursiers à la rue

actualisé le 08/09/2016 à 23h20

Par Rue89

C’est la première fois, en France, qu’une entreprise issue de la « foodtech » se retrouve dans une telle situation.

Take Eat Easy est en redressement judiciaire. La plateforme de livraison de repas à domicile (présente notamment à Lyon), créée en 2013, employait 180 employés en Europe. Mais derrière eux, ce sont 4 500 coursiers à vélo indépendants en Europe, et 2 500 en France, que l’enseigne laisse sur le carreau.

Nicolas Clg, vice-président du collectif des coursiers à vélo francilien, témoigne de la nouvelle qui lui a fait perdre sa principale source de revenus :

« À 9h du mat je me réveille. Je me gratte les couilles. Je vois que je suis convoqué à 9h30 à une réunion chez Take Eat Easy. À 9h40, j’apprends que je ne serai pas payé pour le mois de juillet et que la boîte est en cessation de paiement. »

La plateforme fonctionnait sur un modèle simple : elle mettait en relation un restaurateur qui voulait accroître son chiffre d’affaire, un client qui avait faim, et un coursier à vélo indépendant qui assurait la livraison, que le client pouvait suivre sur son smartphone.

« Je ne regrette rien »

Pour les coursiers parisiens, rassemblés au sein du très récent collectif des coursiers franciliens (dont les statuts n’ont pas encore été déposés), créé pour défendre leurs intérêts, sont encore sous le choc. Une émotion était palpable, ce 26 juillet au soir sur la place de la République, à Paris. Nicolas Clg :

« Là ça va être gelé. Il y a des mecs qui risquent de perdre leur logement. Il y a des mecs qui vont tout perdre. On va attendre. »

Pour retrouver une source de revenu, certains livreurs comme Galaad Beleoch, étudiant en techniques de commercialisation, ont tapé à la porte des concurrents.

« J’ai envoyé ma candidature chez Deliveroo à 10h. Je suis passé à 16h30 signer un contrat de prestation. À 18h30 je partais avec un sac de livraison Deliveroo. Hier, je travaillais sous les couleurs de Take Eat Easy. Ce soir, j’ai un sac Deliveroo. C’est mieux payé, parce qu’on est payé à l’heure, et c’est beaucoup plus transparent. Je ne regrette rien. »

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