Cultures 

Pour la promo des artistes, un outil web sans algorithme lancé depuis Lyon

actualisé le 20/06/2016 à 12h07

Tout nouvel outil mis à disposition des artistes pour nouer des liens directs avec leurs fans comme les professionnels, Mopro est l’œuvre de Marc Weistroff (ancien des crew DeLaBreak et Lyondrumming), parti un temps officier à l’étranger avant de revenir à Lyon se consacrer à ce projet novateur. 

Marc Weistroff l'un des créateurs de Mopro. ©

Marc Weistroff créateur de Mopro. ©

 

« En mettant à disposition des outils efficaces et peu onéreux, les petites structures ont plus de chance de perdurer. »

Petit Bulletin : Peux-tu résumer en quelques mots en quoi consiste Mopro ?

Marc Weistroff Mopro est un service en ligne qui permet aux musiciens, producteurs et labels indépendants de bâtir une relation pérenne avec leurs fans. On se concentre sur le plus vieux réseau social des Internets, le plus libre, celui sur lequel est présent tout le monde : l’email.

À qui s’adresse Mopro ?

 À toutes celles et tous ceux qui travaillent dans le monde de la musique. Que ce soit des petites associations organisants des soirées, des DJs, des podcasters, des labels ou des agences de promotions. Tout le monde à partir du moment où tu veux créer et maintenir un lien direct avec ton public.

Comment s’inscrit-on, comment l’utilise-t-on ?

On s’inscrit en moins d’une minute sur le site après avoir choisi sa formule d’abonnement. Après ça, on est guidé dans ses premiers pas pour importer ses contacts, envoyer une promo, un mailing ou créer un téléchargement gratuit. Les gros points forts sont la clarté du système et la simplicité d’utilisation. Pas besoin d’être geek ou d’avoir une formation en marketing.

En quoi Mopro est-il novateur par rapport aux autres services existants ?

Le service intègre pas mal de fonctionnalités dédiées aux producteurs de contenus audio. Avant, il fallait avoir plusieurs comptes payants différents. Ici, en un seul endroit, tu peux créer tes vidéos Youtube, envoyer des mails à tes fans, tes promos aux DJs ou aux radios et créer ta prochaine campagne de téléchargement gratuit pour récolter de nouveaux fans.

Tout ça avec les meilleures pratiques actuelles du web.

« Pas d’algorithme là-dedans. Le lien humain est super important entre l’artiste et son public »

En quoi Mopro s’oppose-t-il au système régissant les réseaux sociaux ?

En rendant nos utilisateurs indépendants face aux réseaux sociaux et en leur permettant de créer leur véritable following.

Facebook ou Soundcloud t’offrent la possibilité de bâtir ton following sur leur plateforme. Mais tu remarqueras que tu ne peux jamais contacter directement ces gens-là, car les contacts appartiennent au réseau, pas à toi. Tu es donc dépendant de la santé de la plateforme et de ses algorithmes. Ça donne des catastrophes lorsque certains disparaissent (qui se souvient de MySpace ?) ou que les usagers désactivent leur compte.

En 2016, les gens passent de moins en moins de temps sur leurs flux et de plus en plus de temps sur leur email ou sur leur App de messagerie instantanée. Sur Mopro, l’utilisateur garde le contrôle de ses listes de contact. Tu peux quitter le service demain et emporter tous tes contacts avec toi.

Est-ce un outil pour retisser du lien humain en s’opposant à la dictature de l’algorithme ?

J’aurais jamais dit mieux. Imaginons un artiste qui veut communiquer une information sur Facebook à ses fans. L’algorithme s’immisce immédiatement dès le bouton “publier” cliqué en décidant si oui ou non le message doit être diffusé.

S’il n’est pas diffusé, c’est un acte de “soft-censure” dont l’un des buts est de maximiser les profits du réseau social. C’est aussi un acte de manipulation car l’algorithme choisit ce qui mathématiquement a le plus de chance de te faire rester sur le réseau social et d’augmenter la probabilité que tu cliques sur une pub. Pas de ça chez nous.

En revanche, on aide l’artiste à cibler au mieux à qui il ou elle veut envoyer son message. Si demain tu joues à Bruxelles, par politesse tu ne vas pas envoyer un mail à tes fans du Japon. Pas d’algorithme là-dedans, les humains restent en contrôle.

Il ne faut pas oublier que le lien humain est super important entre l’artiste et son public. Amanda Palmer le montre magnifiquement bien dans son livre.

 

« Il y a une part de frustration comme point de départ. Mais c’est aussi une volonté de faire fleurir l’underground. »

 

Combien d’inscrits à ce jour ?

Plusieurs dizaines de labels ou d’artistes se sont inscrits depuis le lancement officiel fin mars. Et bien sûr, les milliers d’autres qui écoutent les promos. téléchargent les morceaux gratuits ou reçoivent des newsletters. Les retours sont excellents, c’est un bon début.

D’où t’es venue cette idée ? De la difficulté à œuvrer à la promotion de Polaar, le label que tu as monté avec Flore ?

Il y a effectivement une part de frustration comme point de départ du projet. Mais c’est aussi une volonté de faire fleurir l’underground. En mettant à disposition des outils efficaces et peu onéreux, les petites structures ont plus de chance de perdurer. C’est ce que j’espère faire.

Par Sébastien Broquet sur petit-bulletin.fr.

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