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A Lyon, 10ème manif contre la loi travail : un cortège reboosté par les grèves

actualisé le 08/06/2016 à 17h35

[Article mis à jour régulièrement] Alors que la grève continue dans les raffineries et dans d’autres secteurs, de nouvelles manifestations se sont déroulées ce jeudi contre la loi travail.
A Lyon, l’intersyndicale (CGT, FO, FSU, Solidaires, Unef, CNT et CNT-SO) a opté une nouvelle fois pour un parcours « grand format ».

12 000 personnes selon la CGT, 3 300 selon la police ont marché pour la 10ème fois contre la loi travail. Soit un peu plus que jeudi dernier.

Le cortège est parti vers 13h30 de la Manufacture des tabacs pour rejoindre la place Bellecour.

Les données étaient les mêmes que la semaine dernière : une foule plutôt jeune devant, lycéens en tête et, le long du cortège, au contact, une vingtaine de policiers.

Derrière, les cortèges syndicaux étaient davantage fournis côté CGT et FO. Les électriciens de la centrale nucléaire du Bugey ont grossi les rangs cégétistes. Tandis que chez FO, les salariés de la raffinerie Total de Feyzin étaient à l’honneur.

Banderole syndicale contre la loi travail le 26 mai. ©LB/Rue89Lyon

Banderole syndicale contre la loi travail le 26 mai. ©LB/Rue89Lyon


Interpellations préventives

Avant le départ, le ton était donné : on comptait déjà deux interpellations cours Gambetta suite à des contrôles préventifs, selon les termes de la police. Un fumigène, un couteau et des projectiles remplis de peinture ont été trouvés, selon la même source.

Après le départ, un groupe d’une vingtaine de personnes habillées de noir et masquées, en mode black bloc, s’est positionné en tête.

De ce groupe, sont partis des projectiles sur la police : surtout des pétards et des oeufs de peinture.
L’agence de la Société Générale a également reçue les oeufs de peinture.


Nuage de lacrymogène Place du Pont

Même chose encore que jeudi dernier : arrivés place Gabriel Péri (ou Place du Pont) à la Guillotiére, les premiers manifestants ont fait mine de partir en manif sauvage.

Mais cette fois-ci la police a eu plus de mal à les bloquer. Résultat : des tirs nourris de grenades lacrymogènes et usage de grenades de désencerclement alors qu’arrivaient les cortèges syndicaux.

Nuage de lacrymogène place Gabriel Péri à la Guillotière. ©LB/Rue89Lyon

Nuage de lacrymogène place Gabriel Péri à la Guillotière. ©LB/Rue89Lyon

Sur la place de la Guillotière, une grosse confusion a régné pendant de longues minutes, avec une manif coupée en deux et des projectiles lancés sur les policiers.
La manif est quand même repartie.

Comme la semaine dernière, la tête de manif a été stoppée quelques minutes au bout du pont de la Guillotière.
Pour laisser le temps de mettre en place le dispositif de sécurité de la place Bellecour, selon la police.
Mais cette fois-ci, le canon à eau n’était pas de sortie et la CGT a formé une ligne devant les gendarmes mobiles qui ralentissait la progression du cortège.

La tête de la manifestation a encore une fois été bloquée quelques minutes sur le pont de la Guillotière. ©LB/Rue89Lyon

La tête de la manifestation a encore une fois été bloquée quelques minutes sur le pont de la Guillotière. ©LB/Rue89Lyon


Une douzaine d’interpellations place Bellecour dans une charge finale

Place Bellecour, l’intersyndicale avait déposé un rassemblement jusqu’à 17h.
Pendant une heure, après l’arrivée du cortège, tout s’est passé dans le calme, au son de la techno que crachait un camion de la CGT.

Jusqu’à une interpellation au pied de la statue. S’en est suivie une vingtaine de minutes de tirs de grenades lacrymogènes et de jets de projectiles. Mouvements de foule sur la place et au moins trois nouvelles interpellations à l’angle avec la place Antonin Poncet.

Peu avant 17h, la CGT et Solidaires ont levé le camp, laissant environ 300 jeunes (surtout des lycéens) face à plusieurs groupes de policiers et gendarmes mobiles, toujours sous l’hélicoptère.

Un long face à face a commencé. Des groupes allaient à proximité de la police puis revenaient au centre de la place Bellecour, sous la statue de Louis XIV où le gros de la foule s’était rassemblé. Pendant cette heure, une interpellation a eu lieu côté Saône.

Après le départ des syndicats de la place Bellecour, environ 300 personnes sont restées une heure face aux forces de l'ordre. ©LB/Rue89Lyon

Après le départ des syndicats de la place Bellecour, environ 300 personnes sont restées une heure face aux forces de l’ordre. ©LB/Rue89Lyon

Vers 18h, après un tir de sommation, les forces de l’ordre ont chargé les derniers manifestants, à grands coups de matraque. Une douzaine de nouvelles interpellations ont eu lieu. La place a été vidée en cinq minutes.

Bilan définitif de la journée : 19 personnes interpellées puis placées en garde à vue. Au moins deux étudiants blessés sérieusement par des grenades de désencerclement place Gabriel Péri pour l’un et place Bellecour pour l’autre. ils ont été évacués par les pompiers.

La police fait part de dix blessés dans ses rangs, dont « deux sérieusement » par des projectiles.

Grève tournante et grève illimitée

Les deux principales confédérations de l’intersyndicale, CGT et FO, annonçaient une « pluie » de grève à partir de la semaine du 16 mai.

Dix jours plus tard, dans la région la région lyonnaise, ce sont deux entreprises qui focalisent l’attention.

Pour le secrétaire départementale de la CGT, João Pereira Afonso, ce sont ces grèves et l' »acharnement du gouvernement » contre son organisation qui expliquent que cette énième manifestation contre la loi travail a rassemblé plus de monde.

Grève illimitée à la raffinerie de Feyzin

Vendredi dernier, une grève avec arrêt de la production a été votée en AG à la raffinerie Total de Fezyin. Il n’y a pas de blocage, mais le raffinage est arrêté.
Conséquence : plusieurs dizaines de stations-service sont en rupture de stock après la ruée de certaines automobilistes pour prévenir une pénurie.

Grève tournante à la SNCF avant la grève illimitée

Depuis la semaine dernière, CGT-Cheminots et SUD-Rail organisent une grève tournante les mercredi et jeudi.

La SNCF sera également concernée par une grève illimitée à partir du 31 mai puisque la CGT-Cheminots (majoritaire à la SNCF) a déposé mardi 24 mai un préavis de grève reconductible à compter de ce jour-là « pour peser dans la phase finale de négociations sur les conditions de travail des cheminots ». La loi travail n’est donc pas seulement en cause.

Dans la région, la direction de la SNCF annonçait pour ce jeudi 26 mai un trafic aussi perturbé que la semaine dernière. A titre d’exemple : de Lyon à Chambéry, Ambérieu, Genève, Annecy on ne compte qu’1 TER sur 4.


Des tentatives de grèves reconductibles dans les centrales nucléaires

Nouveauté de cette manifestation : la présence des électriciens de la centrale nucléaire du Bugey. Jusqu’à présent, la CGT et FO appelaient à des grèves d’un jour. Mais depuis cette semaine, les deux confédérations souhaitent passer au cran supérieur. Dans la région, nous sommes concernés par les centrales du Bugey, Cruas, Saint-Alban et Tricastin.

Des baisses de charges ont eu lieu aujourd’hui dans ces centrales suite au mouvement de grève. Et prochainement à Bugey. L’idée étant de bloquer la production même d’électricité, comme l’explique Paul Christophe secrétaire CGT du comité d’établissement :

« Une fois qu’on a la main sur l’outil de production, à l’occasion d’un arrêt de tranche d’un réacteur ou lors d’un redémarrage, on peut bloquer le processus par la grève ».

A Bugey, cette situation pourrait se produire dans une dizaine de jours.

TCL : un préavis de grève sans effet

Concernant les TCL, s’il y a bien un préavis de grève comme la semaine dernière, peu de personnels se sont déclarés grévistes pour cette nouvelle journée d’action.
Moralité, il n’y a pas de perturbations du trafic lié au mouvement social, contrairement à la semaine dernière.

Le secrétaire du syndicat FO de Keolis lyon (filiale de la SNCF qui gère les TCL), Stéphane Noël, a ce commentaire :

« La mobilisation aux TCL est faible mais il y a toujours un noyau dur de convaincus mobilisés. Mais malheureusement, le gros des agents ne se sentent pas concerner ».


Une mobilisation en dents de scie

Avant cette journée du 26 mai, neuf manifestations se sont déroulées à Lyon. Elles ont rassemblé :

  • le 9 mars, entre 7 000 personnes (selon la police) et 20 000 personnes (selon les organisateurs)
  • le 17 mars entre 3000 et 6500 personnes.
  • le 24 mars, entre 1 500 et 4 000 personnes.
  • le 31 mars, entre 15 000 et 30 000 personnes.
  • le 5 avril, entre 1 400 et 2 000 personnes.
  • le 9 avril, entre 4 400 et 15 000 personnes.
  • le 28 avril, entre 5 500 et 15 000 personnes.
  • le 17 mai, entre 2 000 et 7 000 personnes.
  • le 19 mai, entre 2 800 et 9 000 personnes.
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