Cultures 

Antarctica au musée des Confluences, ou les hallucinations polaires

actualisé le 11/05/2016 à 17h55

Exposition immersive et contemplative, Antarctica nous plonge parmi les images superbes tournées par Luc Jacquet en Terre Adélie. La nature y déploie des formes et une diversité de vie inouïes.

Crédit Photo : © Vincent Munier © Laurent Ballesta

Et dire que l’on traque les formes les plus singulières, les couleurs les plus osées, les compositions plastiques les plus folles dans les galeries et les musées… Alors qu’elles existent de manière spontanée, réelle et vivante… sous les glaces de l’Antarctique !

Faune et flore multiplient ici les créations les plus incongrues, de l’art abstrait à l’art informel, en passant par le minimalisme, le surréalisme, le cubisme. Autrement appelés ici : algues géantes, lichens, méduses, anémones, étoiles de mer, coraux… Huit mille espèces d’invertébrés ont notamment été comptabilisées (provisoirement) à ce jour dans des eaux à moins deux degrés et à l’écosystème particulièrement stable.

Ce n’est pas la première fois que Dame nature nous éblouit par ses talents d’artiste, mais cet espace antarctique particulièrement peu connu offre davantage que de la beauté : c’est un univers quasi hallucinant, confinant parfois à l’inquiétante étrangeté.

Silence éloquent

Ces impressions hallucinées de spectateur proviennent d’images filmées projetées dans trois petites « box » au sein d’une exposition plus générale sur le continent Antarctique, fruit d’une expédition de de deux mois en Terre Adélie réalisée par le cinéaste Luc Jacquet et une équipe d’une dizaine de personnes. Les images sont dispatchées par séquences thématiques dans les différentes salles de l’exposition, où l’on découvrira aussi la vie curieusement acrobatique et chorégraphique des manchots, ou les trognes craquantes des phoques de Weddell

Si le documentaire La Marche de l’empereur (2005) du même Luc Jacquet nous avait profondément ennuyé par ses pesants commentaires en voix off, cette exposition est à l’inverse réussie grâce à son parti pris d’immerger le spectateur au milieu d’images silencieuses, contemplatives. Si l’on désire en savoir plus, des textes et des schémas nous renseignent sur les cimaises. Le « génie » de la nature coupe ici le sifflet des commentateurs comme le souffle du spectateur.

En chiffres

  • 2015 : en Terre Adélie, le cinéaste Luc Jacquet et dix autres personnes (plongeurs, photographes, preneurs de son…) filment pendant presque deux mois, 24h/24h (le jour y est constant), sur et sous la banquise
  • 300 km/h : la vitesse que peut atteindre le vent en Terre Adélie, ce qui n’est pas sans poser de problèmes notamment pour stabiliser la prise d’images !
  • De 4 à 6 heures : le temps de préparation nécessaire aux plongeurs avant de s’immerger dans des eaux à -2 degrés
  • 9000 nombre d’espèces recensées à ce jour dans les eaux de l’océan Austral
  • 7 nombre d’espèces vivant à la surface de la banquise de l’Antarctique
  • 160 heures d’images ont été tournées sur place, et plusieurs milliers de photographies ont été prises

> Antarctica

Voyage en Antarctique, terre uniquement accessible aux missions scientifiques internationales

au musée des Confluences

Jusqu’au 31 décembre 2016, du mar au ven de 11h à 19h (nocturne jeu jusqu\’à 22h), sam, dim et jrs fériés de 10h à 19h

 

Par Jean-Emmanuel Denave, à lire sur le petit-bulletin.fr.

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