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67 interpellations depuis le début du mouvement contre la loi travail à Lyon

actualisé le 21/04/2016 à 18h43

De quoi la « répression » est-elle le nom ? Mercredi 20 avril, le préfet du Rhône a tenu à réagir suite à la publication, la veille, d’un communiqué « contre la répression et les violences policières » émanant de « douze organisations » lyonnaises.

Michel Delpuech a commencé par livrer les chiffres de l’activité policière dans l’agglomération lyonnaise depuis les premières manifestations contre la loi travail le 9 mars dernier.

Tout d’abord, le préfet a compté « 12 journées de manifestation ». Pour arriver à ce chiffre, il faut additionner les six manifestations « officielles » contre la loi travail, les cinq journées de blocage et manifs sauvages autour du lycée Doisneau de Vaulx-en-Velin (la semaine avant les vacances de printemps) ainsi que le blocage express du périph’ lors de la venue de Manuel Valls dans cette même ville de Vaulx-en-Velin .

En termes statistiques, voici la situation au 20 avril (chiffres préfecture, donc) :

  • 27 policiers blessés
  • 67 personnes interpellées
  • 49 de ces 67 interpellées ont été déférées à l’autorité judiciaire.
Blocage express du périph lyonnais par des manifestants contre la venue de Manuel Valls et autres ministres. ©LB/Rue89Lyon

Des manifestants ont bloqué une dizaine de minutes le périph’ lyonnais contre la venue de Manuel Valls et autres ministres à Vaulx-en-Velin. ©LB/Rue89Lyon


« Pour chaque événement, un service d’ordre approprié »

Le préfet se satisfait des dispositifs d’ordre public mis en place :

« Pour chaque événement a été mis en place un service d’ordre approprié, qui, dans le contexte de l’état d’urgence, a permis à la liberté de manifestation de s’exprimer tout en veillant à la protection des personnes et des biens, notamment en contenant les débordements de groupes de casseurs. »

Et Michel Delpuech assure les policiers et les gendarmes « de son entier soutien » :

« [Il salue] le professionnalisme, le sang-froid et la maîtrise dont les forces de l’ordre, dans le respect des règles de Droit et du code de déontologie, font preuve chaque jour dans la gestion de ces difficiles événements de voie publique ».

Bref, comme écrit au début de son communiqué, le préfet du Rhône balaie les affirmations des signataires du communiqué de presse « anti-répression », des « affirmations qui n’ont aucun fondement et portent gravement atteinte à l’image et à l’honneur des forces de l’ordre ».

La tête de la manif contre la loi travail le 9 avril, sur le pont de la Guillotière. ©LB/Rue89Lyon

La tête de la manif contre la loi travail le 9 avril, sur le pont de la Guillotière. ©LB/Rue89Lyon


« Contre la répression et les violences policières »


Les signataires du « communiqué anti-répression »
Le communiqué « contre la répression et les violences policières » a été envoyé à la presse lyonnaise lundi 19 avril. Cela coïncide avec l’ouverture du congrès de la CGT à Marseille qui a débuté avec une polémique précisément au sujet d’une affiche dénonçant des violences policières.

Outre la CGT, deux grosses confédérations ont signé ce communiqué lyonnais : la FSU et Solidaire. Parmi les autres signataires, on trouve les organisations suivantes : CNT Solidarité Ouvrière, UNEF, CNT, CGA, Jeunes Communistes de Lyon, MJCF 69, syndicat général des Lycéens (SGL). Deux collectifs ont également signé : « Lycées du Grand Lyon en lutte » et l’assemblée du 15 avril de « Nuit Debout Lyon ».

Dans leur communiqué qui a fait vivement réagir le préfet du Rhône, les douze « organisations » signataires condamnent en effet globalement l’intervention policière.

« Nous constatons que face à la colère qui s’exprime dans la rue, le gouvernement ne cesse de jouer la carte de la répression à l’encontre des lycéen-nes, des étudiant-es des travailleurs et des travailleuses, des précaires et privé-es d’emploi, retraités qui se mobilisent contre la loi Travail ».

Le communiqué décrit brièvement cette « politique répressive délibérée » qui a « pour objectif de briser le mouvement social » :

« Tirs de grenades lacrymogènes, gazages, charges et matraquages systématiques, tirs au lanceur de balles de défenses (ou tirs de flashballs), tentatives de division des cortèges, tout est fait pour réprimer et intimider ».

Alors que Michel Delpuech n’entre pas dans le détail des interventions policières, le communiqué des douze « organisations » cite deux exemples de cette « politique » :

  • « La violence policière et le nombre élevé d’interpellations contre les lycéen-nes de Doisneau, à Vaulx-en-Velin, illustre la crainte de la part de l’Etat de voir la mobilisation des jeunes s’étendre en dehors du centre-ville, en banlieue ».
  • « A Lyon, un militant a été condamné à un mois de prison ferme et 1 900 euros de dommages, il est actuellement en prison et mérite toute notre solidarité. » Il a été arrêté le 9 avril, en marge d’une « action peinture » contre le local du PS du Rhône.

Contrairement au préfet, les signataires ne font pas de distinction entre les agissements de ces manifestants et les « débordements de groupes de casseurs ». Toutes les personnes poursuivies en justice sont soutenues :

« Nous condamnons ce climat de peur et affirmons notre solidarité avec les inculpé-es ».

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