Société 

A Lyon, 4ème manif contre la loi travail : une forte mobilisation et 24 interpellations

actualisé le 05/04/2016 à 10h12

[Article mis à jour régulièrement] Ce jeudi 31 mars, pour la quatrième fois, on manifestait partout en France pour demander le retrait de la loi travail. Notamment à l’appel des organisations de jeunesse, de quatre centrales syndicales (CGT, FO, Solidaires, FSU) et du collectif « On vaut mieux que ça ».

Un dense cortège est parti de la Manufacture des tabacs en direction de Bellecour, passant par le cours Gambetta -c’est le parcours des grands jours qui a été choisi. A Lyon, les syndicats ont annoncé 30 000 manifestants; la police 12 000 puis 15 000.

Cette journée de grève et de manifestations est prévue de longue date. Elle a commencé dès ce jeudi matin avec les lycéens et les étudiants, qui fournissaient déjà les principales forces des précédentes journées de mobilisation.

Le campus des quais du Rhône de l’université Lyon 2 a été bloqué. Et une manif sauvage de lycéens est partie de la Croix-Rousse pour rejoindre la Guillotière.

Selon le Syndicat général des lycéens (SGL), les lycées lyonnais qui ont connu des débrayages, « blocus total » ou « blocus filtrant » sont : Ampère-Saxe, Ampère-Bourse, Diderot, Saint-Exupéry, Récamier, Descartes, Lumière, Colbert et Chabrières (Oullins).

Quelques dizaines de lycéens, quai Augagneur (Lyon 3e) en milieu de matinée. ©DR

Quelques dizaines de lycéens, quai Augagneur (Lyon 3e) en milieu de matinée. ©DR

En fin de matinée, des heurts ont eu lieu devant le site de la Manufacture des tabacs de l’université Lyon 3 (lieu de départ du cortège) entre des manifestants et des militants du GUD (extrême droite) qui considèrent cette fac comme leur fief.

Étudiants, lycéens, syndiqués,… et des fédérations dissidentes

Peu après le départ du cortège à 13h30, des lycéens, étudiants et le collectif « On vaut mieux que ça » se sont positionnés en tête, devant la banderole des organisations syndicales.

Derrière, plusieurs centaines de lycéens ont suivi, non loin des étudiants.

La banderole du collectif #OnVautMieuxQueÇa s'est invitée en tête du cortège lyonnais. ©LB/Rue89Lyon

La banderole du collectif #OnVautMieuxQueÇa s’est invitée en tête du cortège lyonnais. ©LB/Rue89Lyon

Le gros des troupes (au moins la moitié de la manif) était constitué de la CGT : cheminots, énergie, territoriaux, métallurgie…

On notait également la présence de syndiqués des fédérations Unsa transport, CFDT métallurgie ou encore CFTC chimie. Autant de syndicats qui demandent le retrait du projet de loi travail, se plaçant en opposition avec leur confédération respective.

Les premiers manifestants sont arrivés à 15h place Bellecour, placée sous haute protection. Un important dispositif policier bloquait les principales rues adjacentes.


24 interpellations place Bellecour

Vers 16h30, la manif était terminée depuis une heure quand les premières canettes ont volé sur la police au nord de la place Bellecour. La réaction a été immédiate : grenades lacrymogènes et canon à eau contre quelques centaines de jeunes manifestants encore présents.

Après plusieurs charges et l’entrée en service d’un deuxième canon à eau, la place a été vidée de ses manifestants. Selon la préfecture du Rhône, les forces de l’ordre ont procédé à 24 interpellations, selon le Progrès du 1 avril (payant).

Toujours selon le Progrès, ces interpellations ont donné lieu à 23 garde à vue pour des faits de jets de projectiles, de violences sur agents de la force publique, d’outrages, rébellions et de « participation illicite à un attroupement malgré les sommations ».

A noter que les premières sommations sont intervenues environ 10 minutes après les premiers tirs de grenades lacrymogènes.

Le dispositif policier a été levé à 18h30.

Le samedi 2 avril, 14 des 23 gardés à vue ont été déférés, selon l’AFP. Un manifestant passera lundi en comparution immédiate. Onze autres sont renvoyés devant le tribunal correctionnel entre le 20 mai et le 1er juin.

Deux mineurs ont été présentés devant un juge des enfants et devraient faire l’objet de «mesures de réparation» comme trois autres mineurs qui ont comparu vendredi.

Deux canons à eau ont été utilisés contre les derniers manifestants. ©LB/Rue89Lyon

Deux canons à eau ont été utilisés contre les derniers manifestants. ©LB/Rue89Lyon

Grèves tous azimuts

Les organisations syndicales se voulaient confiantes sur la réussite de la journée, au vu du nombre de préavis de grève déposés et des secteurs concernés. Quelques illustrations :

  • Dans la région, la SNCF prévoyait 1 TER sur 3 en moyenne. La liaison Lyon Part-Dieu – Grenoble était assurée par 1 TER sur 3 alors que la desserte Lyon – Saint-Etienne était assurée par 1 TER sur 2.
  • Concernant les TCL, le trafic était également très perturbé. A titre d’exemple : la ligne A du métro, les deux funiculaires et les tram T1 et T5 ne circulaient pas. Une dizaine de lignes de bus étaient également à l’arrêt.
  • Dans l’Éducation nationale, à Lyon, au moins quatorze crèches municipales et neuf écoles étaient fermées.
  • Le secteur de la chimie devait également tourner au ralenti.
  • Côté culture, la représentation de l’opéra Brundibár au théâtre de la Croix-Rousse a été annulée.

Le retrait du projet de loi travail toujours demandé

Les modifications du texte de la loi travail annoncées lundi 14 mars par le premier ministre, Manuel Valls, n’y ont rien fait.
Ni le retrait du plafonnement des indemnités prud’homales, ni l’extension de la garantie jeune (pour ne citer que les annonces emblématiques) n’ont convaincu ces organisations : elles demandent toujours le retrait du projet de loi.

Avant cette journée du 31 mars, trois rendez-vous ont eu lieu à Lyon. Ils ont rassemblé :
le 9 mars, entre 7 000 personnes (selon la police) et 20 000 personnes (selon les organisateurs)
le 17 mars entre 3000 et 6500 personnes.
le 24 mars, entre 1 500 et 4 000 personnes.

Ce vendredi, la ministre du Travail Myriam El Khomri, qui fait l’objet de jeux de mots dans les banderoles des manifestants, est justement à Lyon sur le thème de « la santé au travail ».

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