Appartement 16

A Bourg-en-Bresse, l’hôpital psychiatrique a des airs de centre de détention

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Dans une recommandation publiée en urgence (fait rare) au « Journal officiel » de ce mercredi, la contrôleuse des lieux de privation de liberté a dénoncé d’alarmantes conditions de prise en charge des patients au sein de l’hôpital psychiatrique de Bourg-en-Bresse.

Le passage d’Adeline Azan, ce mercredi, dans le centre psychothérapique de Bourg-en-Bresse a eu des conséquences quasi immédiate. La contrôleuse des lieux a dénoncé des pratiques effrayantes, telles que :

« Un contrôle des faits et gestes des patients d’autant plus singulière qu’elle est appliquée avec une rigueur exceptionnelle » ou encore « des atteintes graves aux droits fondamentaux ».

Interdiction de posséder des effets personnels, de communiquer avec l’extérieur, de fumer librement ou encore de sortir de l’unité de soin…

L’hôpital pourrait avoir l’air d’un centre de détention.

Et pour cause, l’accès aux cours ou au parc de l’hôpital est soumis aux autorités médiales, tandis qu’à l’intérieur, certains patients sont enfermés continuellement dans leur chambre. Le recours à la contention est même utilisé « dans des proportions jamais observées jusqu’alors et non conforme aux règles ».

De son côté, le directeur du centre Pascal Vassalo a assuré à l’AFP qu’il travaillait avec l’Agence régionale de santé à « un plan d’actions pour remédier à certains dysfonctionnements ».

« On trouve que le rapport est très sévère. On ne reconnaît pas le fonctionnement de notre établissement », a-t-il dit, ajoutant que le centre ne lui semblait « pas très différent des autres ».

Dans ses recommandations au ministère de la Santé, la contrôleuse générale a quant à elle été claire.

Elle demande une formation du personnel aux situations de crise ou encore de « mettre fin immédiatement à l’enfermement en chambre ordinaire », « la libre circulation dans l’établissement ».


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4 Commentaires postés

  1. Le personnel qui accepte de travailler dans ces conditions est coupable de non dénonciation de maltraitance. Comment se fait-il que la justice ne se saisisse pas de cette affaire immédiatement ? Le responsable de l’établissement affirme que ces pratiques ont cours dans d’autres établissements, ce dont on ne doute pas. Il n’est pas normal que les psychiatres soient au-dessus de la loi et traitent des êtres humains plus mal que des animaux.

    • Que faites vous dans la vie?Avez vous seulement une iddee dece que c est que de travailler dans un hopital psychiatrique,je ne saits pas ce qui s est passe dans cet hopital ,mais certains moyens sont necessaires pour proteger les gens d eux même!Et si vous etes employé vous devez savoir a quel point il est difficile de denoncer un disfonctionnement quel que soit l institution!Sans compter le fait de perdre sn emploie ! Tout le monde n arrive pas a faire face a cela! Alors oui ,il ya surement des problèmes a resoudre ,mais c est un peu facile de lancer la pierre aux employes, mais que feriez vous dans cette situation?Honntement et apres mure reflexion!Et si un jur vous vous trouviez en face d une personne dangereuse ayant fugue parce que certains moyen de les retenir vous parraissent monstrueux alors qu il n y apas de solution t prce que celle qui existent vou choque que diriez vous? Tout ça pur dire qu avat de porter un jugement il faut bien connaitre la situation et ŕefléchir longuement!

      • J’ai pour ma part une idée très précise de ce que peut subir un patient sain d’esprit « soigné » contre son gré pour une « maladie » qui ne sera jamais clairement désignée…

        Les manipulations pour lui faire dire que tout se passe bien devant le TGI alors qu’on lui a prescrit des neuroleptiques sans la moindre information, puis le refus non-motivé d’une période d’essai sans médication sous prétexte que « là vous êtes stables, donc le traitement fonctionne » alors qu’il a été transféré sous traitement, le psychiatre étant donc inapte à juger de son efficacité, le chantage à base de « c’est ça ou t’es pas près de sortir » pour lui imposer la première injection d’un traitement de longue durée à 600€ la dose mensuelle… voilà ce qu’il peut subir en HP.

        • ma mère était infirmière psychiatrique, je connais le milieu.

          Ce que vous décrivez est récurrent et dénoncé. Ces abus de pouvoirs systématiques détruisent les personnes. Quant à la Loi de protection des malades c’est de la fumisterie, les commissions y sont phagocytées par les psychiatres.

          De plus ces traitements attaquent le cerveau, l’organisme, rendent obèses.
          La Loi est rarement respectée et quand elle l’est, les résultats sont souvent inopérants.