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Touchers vaginaux sans consentement : la communication suffira-t-elle à régler le problème ?

Il y a un an, la faculté de médecine de Lyon Sud-Charles Mérieux (rattachée à l’Université Lyon 1) s’est retrouvée au centre d’une polémique.

Elle aurait demandé à ses étudiants de pratiquer des touchers vaginaux (et plus globalement des touchers intimes) sur des patientes endormies durant leur stage de gynécologie ou en chirurgie. C’est un carnet de stage « déterré sur le site de la faculté qui a déclenché la polémique.

Un an après, l’Université Lyon 1 met en avant sa communication sur le sujet.

Fin janvier 2015, l’information a tourné sur les réseaux sociaux. La faculté de médecine a démenti et assurait alors qu’il s’agit de « vieilles méthodes » qui n’ont plus cours aujourd’hui.

Concernant le consentement des patientes, les explications de la doyenne de la faculté étaient alors confuses. Un jour elle assurait que « les patientes savent » mais affirmait plus tard qu’une demande systématique de leur accord pour subir un « toucher vaginal de plus » (pratiqué par les étudiants en médecine, ndlr) conduirait probablement à un refus de leur part.

De nombreuses informations se faisait alors jour concernant l’encadrement pédagogique des touchers intimes dans la formation des étudiants en médecine.

Les langues se déliaient petit à petit. Y compris sur un autre aspect de cette pratique : la pression pesant sur les étudiants à qui il est demandé de pratiquer ces actes lorsque le consentement n’est pas demandé.

Certains professionnels de santé avaient notamment publiquement soulevé cette question. Cela confirmait l’existence de dérives dans une proportion plus aussi marginale que ce que laissent entendre les établissements incriminés.

« Le consentement préalable du patient n’est recueilli que dans 67% »

La ministre de la Santé, Marisol Touraine, a alors demandé un rapport à la Conférence des doyens des facultés de médecine.

Révélé en octobre dernier, le document contient un chiffre :

« Le consentement préalable du patient n’est recueilli que dans 67% des cas pour les étudiants de diplôme de formation générale en sciences médicales, et dans 80% pour les étudiants du diplôme de formation approfondie ».

Au même moment, le CISS, collectif qui regroupe des associations d’usagers de la santé, avait lui aussi demandé une inspection pour dégager « les voies d’amélioration de la formation médicale pour une meilleure prise en compte de l’exigence de consentement dans les soins ».

Un an après, toujours le malaise

Un an après la polémique, le malaise est toujours présent et le besoin de communiquer sur le sujet impérieux. Le CISS Rhône-Alpes réaffirme ainsi dans un communiqué du 10 février :

« La nécessaire recherche du consentement libre et éclairé des patients par les professionnels en situation d’enseignement auprès des étudiants en médecine. Le recueil doit être systématique. »

Le communiqué est également signé par la Fédération Hospitalière de France Auvergne-Rhône-Alpes et la faculté de médecine Lyon Sud-Charles Mérieux.

Les trois organismes assurent avoir « pris l’engagement de communiquer après de leurs membres sur la nécessaire recherche du consentement des patients ».

Contactée par Rue89Lyon, une porte-parole du CISS Auvergne-Rhône-Alpes explique que cette « date anniversaire a semblé propice pour faire le point sur la situation d’origine » :

« Cette prise de position commune constitue une étape vers la disparition d’une pratique condamnable, dans le cadre de la « démocratie sanitaire » promue par les lois de santé ».

A quand la prochaine étape pour mettre fin définitivement à cette pratique ?

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L'AUTEUR
Bertrand Enjalbal
Bertrand Enjalbal
Journaliste à Rue89Lyon
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