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A Lyon, plus de 2 000 manifestants contre « la chasse aux loups »

actualisé le 16/01/2016 à 17h44

[Article mis à jour] C’est la ville de Lyon qui a été choisie pour dire « non à la chasse aux loups ». Devancées par trois chiens-loups tchèques, entre 2 300 et 2 500 personnes (selon les chiffres de la police ou des organisateurs) ont marché de Bellecour à la place Guichard.

Trois chiens-loups tchèques en tête de cortège à Lyon. Ces bêtes sont un croisement entre un berger allemand et un loup des Carpates. ©LB/Rue89Lyon

Trois chiens-loups tchèques en tête de cortège à Lyon. C’est une race issue d’un croisement entre un berger allemand et un loup des Carpates. ©LB/Rue89Lyon

Ce samedi, une trentaine d’associations écologistes appelaient à manifester à 14 heures au départ de la place Bellecour. Une autre manif est également organisée à Nice dimanche.

Le choix de Lyon est justifié par le siège de la direction de l’environnement (DREAL) Auvergne-Rhône-Alpes qui coordonne la « mission loup » pour l’ensemble du territoire français, comme le relevait Lyon Capitale.

C’est le préfet de Rhône-Alpes de l’époque qui a donc demandé à la ministre de l’environnement d’augmenter le quota de loups que l’on peut abattre, qui est passé de 24 en 2014 à 36 en 2015.

La ministre a notamment pris cette décision après une action de séquestration menée par les éleveurs de Savoie en mars dernier. Mais aussi après une augmentation des attaques de troupeaux en Isère en 2014, comme nous l’avions raconté.

Cette augmentation des prélèvements de Loups est inacceptable pour les associations écologistes.

Dans un communiqué, le président FRAPNA Eric Feraille dénonce ce qu’il nomme le « populisme rural » qui s’exprime, pour lui, par des actions violentes comme celles menées en Savoie en mars dernier.

« Ce populisme mène à la radicalisation, parfois violente, de personnes qui ne voient en la Nature qu’un ennemi ou une contrainte, oubliant les immenses services matériels et immatériels qu’elle nous rend. Les symboles des succès de la protection de la Nature, et en tout premier lieu le loup, sont désormais attaqués sans relâche. Et ceux qui pensent qu’un autre rapport à la Nature est indispensable à la survie de l’humanité, ceux qui sont persuadés que le respect du vivant conditionne celui de l’Homme sont devenus des cibles ».

La FRAPNA rappelle qu’en 2014, « pour la première fois depuis le retour naturel de l’espèce par l’Italie en 1991 », le nombre de loups a diminué en France.

30 loups ont été abattus en 2015, soit environ 10% de l’effectif total.

Le président de la FRAPNA conclut en faisant du loup, « le symbole de la résilience de la Nature » :

« Ce n’est pas assez : des voix s’élèvent pour que l’on puisse en abattre encore plus et l’administration les écoute. (…) L’heure est grave, si nous ne voulons pas d’un retour en arrière de la protection de la Nature, si nous ne voulons pas voir réduire à néant 50 ans d’efforts et si nous ne voulons pas d’une société dans laquelle l’expression des différences ».

Les organisateurs annonçaient la venue de plusieurs personnalités. Parmi elles : Paul Watson, fondateur de Sea Sheperd, Fabrice Nicolino, journaliste à Charlie Hebdo et Allain Bourgrain-Dubourg de la Ligue de protection des oiseaux.

La manifestation qui devait se terminer devant les grilles de la préfecture du Rhône s’est finalement arrêtée place Guichard.

La banderole de tête de la manifestation lyonnaise contre les tirs de loups ©LB/Rue89Lyon

La banderole de tête de la manifestation lyonnaise contre les tirs de loups ©LB/Rue89Lyon

Augmentation des tirs de défense contre le loup

Vendredi soir, à la veille de la manifestation, la préfecture du Rhône a transmis une « note » aux rédactions.

Fort logiquement, l’autorité administrative compétente sur la « mission loups » a insisté sur deux chiffres :

  • « Entre 2010 et 2015, l’effectif estimé de loups est passé de 154 à 282 avec des indices de présence relevés dans 35 départements ».
  • « Sur la même période entre 2010 et 2015, les dommages causés par le loup aux troupeaux domestiques ont plus que doublé. En 2015, 2 401 constats d’attaques ayant fait 8 808 victimes parmi les troupeaux ont conduit à indemniser les éleveurs pour un montant de 2,77 millions d’euros ».

La préfecture du Rhône affirme que « l’Etat accompagne les éleveurs pour qu’ils se dotent de moyens de protection (chiens patou, clôtures…) appropriés » :

« 400 nouveaux dossiers ont été traités en 2015 ; depuis le début de cette politique, 2 110 contrats ont été passé représentant un effort budgétaire de 18,6 M€ par an ».

Concernant les tirs de loups, la préfecture rappelle que pour la campagne 2015-2016, « le nombre de loups pouvant être détruits (sic) a été fixé à 36 ».
Et de préciser s’agissant de ces tirs de prélèvement :

« A la mi-décembre 2015, 34 loups ont déjà été abattus. En présence de ce constat le préfet coordonnateur a demandé à tous les préfets concernés d’abroger les autorisations de tous les tirs de prélèvement. »

Pour finir, la préfecture du Rhône a confirmé que le préfet Michel Delpuech a demandé l’augmentation « jusqu’à 6 », du nombre de loups pouvant être abattus dans le cadre de tirs de défense.

A la veille d’une manifestation, il n’en fallait pas plus pour chauffer les esprits des pro-loups opposés à toute augmentation d’autorisation d’abattage.

> Article mis à jour le samedi à 17h30 après la manifestation et avec le communiqué de la préfecture du Rhône

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