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La galaxie Eric Piolle : Pierre Larrouturou, le compagnon de route 1/6

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SÉRIE/ En décrochant la mairie de Grenoble à la tête d’une coalition rouge-verte-citoyenne, l’écolo Eric Piolle avait créé la surprise en 2014. Plusieurs personnalités ont contribué à son engagement en politique et, bien sûr, à cette conquête du pouvoir. Qui sont-ils, quel(s) rôle(s) jouent-ils aujourd’hui ?

Nous vous proposons une sélection de portraits de ce premier cercle … dévoué. 1/6

Pierre Larrouturou Meeting Rassemblement Elections Départementales 2015-43

Pierre Larrouturou, co-président de Nouvelle Donne et Martine Billard, secrétaire nationale du Parti de Gauche, lors d’un meeting à la Bastille de Grenoble, le 18 mars 2015. Crédit : Véronique Serre.

Même s’ils ont tous les deux vu le jour et grandi en Aquitaine, c’est pourtant à Grenoble qu’Eric Piolle et Pierre Larrouturou se sont rencontrés il y a plus de 20 ans.

Le premier – la vingtaine et élève-ingénieur – invita le second – de dix ans son ainé et consultant en entreprises sur la réduction du temps de travail – à un débat sur les limites de la croissance.

Depuis, ils n’ont jamais cessé de se croiser dans leurs trajectoires personnelles, comme les célèbres courbes des graphiques de Pierre Larrouturou. Une double décennie plus tard, « l’amitié perdure », contrairement à la croissance.

Une divergence d’ambition

Car ces deux-là ont partagé plus qu’un débat, par la suite. Séduit par l’étudiant Piolle « parfaitement charpenté humainement et intellectuellement », Pierre Larrouturou lui confie à seulement 24 ans l’investiture de son « Union pour la Semaine de Quatre Jours » aux élections législatives de 1997.

L’un à Grenoble, l’autre à Paris, aucun des deux ne dépassera 1,5% des suffrages.

« Malgré le score, Eric a gardé l’affiche électorale de cette époque dans son appartement », ironise aujourd’hui son mentor de l’époque.

Après cette expérience électorale peu concluante renouvelée en 2002 comme suppléant, leurs trajectoires ont divergé par différence d’ambition. Pendant qu’Eric Piolle se consacrait à sa vie professionnelle et à des engagements associatifs jusqu’aux années 2010, Pierre Larrouturou continuait sa valse des partis pour tenter d’imposer sa grille de lecture économique et sociale dans les congrès.

À ce jour, son palmarès affiche trois allers-retours au Parti Socialiste et un zigzag à Europe-Ecologie-Les Verts en 2010, au même moment où Eric Piolle rejoignait lui-aussi les écologistes, sans dévier depuis.

Sandrine Rousseau (EELV), Pierre Larrouturou (ND) et Martine Billard (PG), lors d'un meeting à la Bastille de Grenoble, le 18 mars 2015. Crédit : Véronique Serre.

Sandrine Rousseau (EELV), Pierre Larrouturou (ND) et Martine Billard (PG), lors d’un meeting à la Bastille de Grenoble, le 18 mars 2015. Crédit : Véronique Serre.

Sur le PS, « Eric avait raison »

En 2012, lors du congrès de Toulouse du PS, Pierre Larrouturou a présenté une motion avec Stéphane Hessel, reprenant les propositions du collectif Roosevelt, dont Eric Piolle est également un des membres fondateurs.

« J’avais l’espoir que le PS puisse renouveler ses idées. Mais Eric m’avait dit que c’était peine perdue car le PS était irrécupérable. Il avait raison ».

Le Grenoblois, élu conseiller régional en 2010, occupait à cette époque la présidence du groupe écolo. Cette responsabilité explique la constance d’Eric Piolle chez EELV, selon Pierre Larrouturou :

« Contrairement à l’Île-de-France [où il siège lui-même comme conseiller régional NDLR], Eric a permis que la voix des écologistes de Rhône-Alpes ne soit pas étouffée par le PS. Ils ont été des partenaires critiques de la majorité en pesant de tout leur poids ».

« Je souhaite qu’Eric investisse la politique nationale »

Finalement lassé de son zapping de partis politiques, Pierre Larrouturou a lancé en 2014 sa propre formation, Nouvelle Donne, pour les élections européennes. Il revendique aujourd’hui 6 300 adhérents et n’exclue pas de participer à la primaire de la gauche pour l’élection présidentielle de 2017 :

Au même moment, c’est donc assez naturellement qu’il est venu soutenir son compagnon de route écologiste lors des élections municipales de 2014 à Grenoble qui l’ont porté à la tête de la ville. Depuis, Nouvelle Donne a intégré la majorité municipale. Une réussite électorale inspirante pour Pierre Larrouturou :

« Je souhaiterais qu’Eric investisse la politique nationale. Mais il est allergique au jeu de rôles des congrès et il s’interdit légitimement de cumuler les mandats. Pourtant, il a su faire innover Grenoble malgré les contraintes financières. Ce serait éclairant de prouver que c’est possible ailleurs. Peut-être plus tard ».

Rendez-vous au prochain carrefour.


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2 Commentaires postés

  1. Perso, j’ai toujours été derrière Pierre Larrouturou, son partage du travail, ses 32 heures et les embauches qui suivaient, surtout que j’en ai bénéficié. Ca marche. Il a eu l’oreille de Martine Aubry, ministre du travail, mais maintenant, avec le « travailler plus pour gagner plus » qui l’écoute encore dans les hautes sphères, même soi-disant « de gauche » ?
    Je suis ravie qu’il ait au moins une oreille attentive à Grenoble, qui devrait servir de laboratoire à ses idées.

  2. Ces gens de conviction n’acceptent malheureusement pas la contradiction. Au nom absolu de la décroissance, ils en perdent le sens critique, le sens sceptique du scientifique, de l’économique, s’abandonner à toute idée de la décroissance absolue.

    J’aime la contradiction, l’homme du progrès social, l’homme qui apporte des débats constructifs, j’aime Larrouturou dans son côté innovateur, je desteste le dogme, je desteste l’intélorance, je n’apprécie pas Larrouturou qui n’écoute plus, et qui entraine un homme dans son sillage Piolle, l’écologiste qui a perdu le sens scientifique, le pragmatisme…

    Et qui entrainent derrière des milliers de gens lorsqu’ils sont à l’executif comme à Grenoble, c’est la non intégration, la défiance, le manque de construction, qui entraine la décroissance, dont l’inaction devient finalement la seule action…