Appartement 16

Entre Laurent Wauquiez et France 3 Rhône-Alpes-Auvergne, ça démarre mal

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L’antenne Rhône-Alpes-Auvergne de France 3 n’a jamais aussi bien porté son nom, depuis que la nouvelle grande région englobe ces deux collectivités. Si le mastodonte n’a pas encore de nom officiel, tout le monde a tendance à l’appeler Rhône-Alpes-Auvergne, du fait du nom de la chaîne publique locale, justement.

Laurent Wauquiez au soir du premier tour à la préfecture du Rhône. Crédit : Eric Soudan.

Laurent Wauquiez au soir du premier tour à la préfecture du Rhône. Crédit : Eric Soudan.

Cette semaine, les journalistes de « La Voix est libre » avaient prévu de faire leur émission du samedi matin avec un invité de choix, le nouveau président de région, Laurent Wauquiez, fraîchement élu le 13 décembre dernier. L’idée étant de lui opposer trois contradicteurs sur des thèmes concernant le nouveau grand territoire et les compétences qu’il aura sur lui.

L’équipe de Laurent Wauquiez a d’abord dit « non, pas de contradicteurs sur le plateau », ce que France 3 déclare avoir refusé tout net.

Elle a ensuite fait mariner le média avant de lui annoncer, à moins de 48 heures du débat, que Laurent Wauquiez ne se déplacerait pas. Problème d’agenda. Puis « c’est trop tôt pour échanger avec des citoyens engagés ».

Une exclu demandée en guise d’excuses

L’animateur, Olivier Michel, ne cache pas sa « contrariété » et, dès le lancement de ce numéro de « La Voix est libre », il fait le récit de ses échanges avec Laurent Wauquiez, amer. Il larde son introduction de morceaux filmés du discours d’investiture de Laurent Wauquiez, lors de son élection définitive par le conseil régional, ce lundi 4 janvier. On y voit le président de région affirmer notamment qu’il bossera sur le terrain, proche de ses administrés.

Pour finir sur le règlement de compte (visible dans la vidéo ci-après, qui a été publiée sur Facebook par un journaliste de France3), Olivier Michel négocie carrément, dans son lancement, une exclu avec Laurent Wauquiez. Pour compenser le lapin posé.

Il lui lance un appel, « un peu solennel » de son propre avis, lui rappelant son engagement d’agir en 100 jours, et lui demande de venir tirer un premier bilan de ce travail sur le plateau de « La Voix est libre ».

La politique de la chaise vide…. Pourquoi Laurent Wauquiez, le nouveau président de Rhône Alpes Auvergne, n’était pas samedi sur le plateau de la Voix est Libre….

Posté par Paul Satis sur lundi 11 janvier 2016

Quel média pour la première sortie politique du « Président » ?

On ne doute pas un instant que le président de région finira par se pointer chez France 3, sur un plateau qu’il a déjà foulé de ses chaussures cirées, lors d’un débat d’entre-deux-tours l’opposant à ses adversaires pour la présidence de la Région. On l’y avait vu particulièrement nerveux à la suite d’échanges musclés avec le candidat FN.

Une télé nationale ? Un quotidien local ? Un magazine people ? Un newsmag de droite, de gauche ? On peut se demander à quel média -qui lui en aura fait la demande- Laurent Wauquiez offrira ses faveurs, sa première interview en tant que « Président », dans laquelle on attend des annonces, qu’il ne manquera pas de rendre fracassantes pour montrer comme il prend à bras le corps son nouveau mandat (en plus de celui de député et, pour encore quelques semaines, de celui de maire du Puy-en-Velay).

Laurent Wauquiez veut gérer son rapport avec les médias, il sait qu’il en est un des objets d’observation favori. Pendant la campagne électorale de cet automne, il n’a pas été très expansif, en dehors de quelques points presse rapides et chronométrés, et avant les attentats de novembre qui ont modifié les stratégies de communication politique.

Avant cela, c’est à Closer qu’il avait accordé une petite interview, à la fin du mois d’octobre.

On peut donc s’attendre à tout pour la première interview du président de Région.

Et pour finir, les questions des TER, de l’emploi, de la ruralité…

L’émission « La Voix est libre » est visible ci-dessous dans son intégralité, avec les trois contradicteurs maintenus malgré tout pour faire le point « sur les attentes des Auvergnats et des Rhônalpins » :

  • Rosemarie Péchalat, administratrice du site recours-radiation.fr, qui vient en aide aux demandeurs d’emploi ;
  • Paul Giraudeau, 27 ans, présenté comme un passionné de chemin de fer et plus globalement des questions de mobilité », qui les a même étudiées, militant de l’Association des usagers des transports d’Auvergne ;
  • Jean-Paul Vallot, agriculteur, chasseur et maire de la commune de Colombier dans la Loire.

Ils ont donc évoqué « le défi des TER en Auvergne, l’emploi, la ruralité, l’agriculture et la chasse ».


La voix est libre


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5 Commentaires postés

  1. Et ben, ça promet ! En terme de débat public sur le pouce et donc un tant soit peu sincère on a fait mieux….100 jours pour préparer la langue de bois…

  2. Rien de nouveau. C’est une pratique habituelle de Wauquiez consistant à dénigrer les organes de presse qui pourraient le gêner dans des contradictions de ses vérités. Pour un politique qui a fait de son credo le « plus c’est gros, plus ça passe », rien d’étonnant. Déjà en mars 2014…. http://www.zoomdici.fr/actualite/municipales-2014-debat-video-entre-les-candidats-a-la-mairie-du-puy-id135668.html

  3. Rien de nouveau sous le soleil. Laurent Wauquiez est un pro du lapin avec les journalistes locaux… Ou les considère uniquement quand il peut relire, corriger et convoquer à sa guise.

  4. Deux semaines, c’est peut-être un peu court pour faire un premier bilan, non ?

  5. On voit la grande valeur que porte cet homme politique au débat … c’est quoi son parti déjà ? Républicain … ah oui ! Ce n’est pas un acte des plus républicain que de refuser le débat ! Mais quand on connais la force de ses « arguments » de campagne on peut comprendre pourquoi. J’ai eu l’immense honneur de « débattre » avec une de ses lieutenants de campagne Madame Petit (le nom en dit long déjà). Au bout de trois phrases j’ai compris que l’on va se faire prendre pour des cons pour la durée de leurs mandats ! Allé 5 ans à tenir ce n’est pas grand chose… juste 5 ans ou l’Auvergne Rhône Alpe sera en dessous de ce que cette grande région aurait pût produire en terme de développement. Un cruel manque d’ambition et un grand sens de populisme primaire. Un homme qui va promouvoir le travail déguisé sous la forme de contrat aidé et autre sous contrat de ce type car ces gens n’ont aucune envergure aucune vision et ne permettent aucun avenir. Des prises de positions débiles sans aucune cohérence et des fausses promesses comme celle de défiscaliser les PME … comme si la Région avait la main sur la moindre taxe ! Et pourtant ils sont bel et bien élus. Ca fait peur mais bon courage ils ne sont là que pour 5 ans..