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"Celui qui ne connaît pas l'histoire est condamné à la revivre" nous a dit Karl Marx. Je mets des événements de l'actualité de l'OL en perspective avec l'histoire du club et du football. Et éventuellement avec mauvaise foi.
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Ligue des champions : y’a-t-il encore de l’espoir pour l’OL ?

actualisé le 05/11/2015 à 19h24

Après la défaite 3-1 à face au Zénith Saint-Pétersbourg, l’OL accueille ce mercredi soir le club russe à Gerland. Lyon, dernier de sa poule avec un seul point, a rendez-vous avec son histoire en Ligue des champions.

Déjà éliminé, entend-on déjà. Mais peut-être pas et voici pourquoi – en quelques statistiques.

> Nous republions ce billet de blog posté initialement le 21 octobre

Le football est ainsi fait. Les vérités de l’automne sont rarement celles du printemps. On dit d’ailleurs que pour les grandes équipes, la saison ne débute guère avant le mois de mars. Mais peut-on encore qualifier l’OL de grande équipe ?

Le Zénith Saint-Petersbourg semble désormais promis à la première place. La Gantoise a démontré qu’elle ne serait pas une victime expiatoire malgré son manque de références européennes. Dés lors, le rival principal de Lyon se nomme Valence, qu’il faudra aller battre à Mestalla. Tout le reste, les deux matches à Gerland, il faudra les gagner. En l’état actuel, la performance semble impossible.

Dans le passé, cependant, d’autres phases de poule ont mal démarré avant de bien finir, ou l’inverse. Et ce avant, pendant, et après la grande période lyonnaise. Regardons un peu dans le rétro, avant de pérorer.

Le capitaine de l'OL Maxime Gonalons à l'entrainement. ©LM/Rue89Lyon

Le capitaine de l’OL Maxime Gonalons à l’entrainement. ©LM/Rue89Lyon

1. 2003-2004 : l’entrée dans la cour des grands

Voilà déjà trois ans qu’un certain Sidney Govou s’est révélé aux yeux du grand public par un doublé légendaire face au Bayern Munich, et c’est ce même Bayern qui se profile sur la route européenne de l’OL. Le club, double champion de France, aligne Coupet, Caçapa, Reveillère, Diarra, Essien, Malouda et, bien sûr, Juninho.

Les grands joueurs sont déjà là mais ne forment pas encore une grande équipe européenne.  Outre le Bayern, la poule se compose d’un Celtic Glasgow finaliste en titre de la coupe de l’UEFA et d’Anderlecht.

Les belges s’inclinent à Gerland lors de la 1ère journée mais la maîtrise technique des lyonnais inquiète. Ils sont punis d’une leçon de football à Glasgow (2-0). Lors de la réception du Bayern, les lyonnais sont dominés dans tous les secteurs de jeu et il faut attendre la 88ème minute pour que Luyindula, plein de rage, arrache l’égalisation (1-1).

Seul un exploit maintiendra les espoirs de qualification, et c’est ce qui se produit à Munich (1-2). Malgré la victoire à Anderlecht (1-0), tout se joue lors de la dernière journée. Celle-ci tourne en faveur des lyonnais, qui prennent leur revanche face au Celtic (3-2).

L’OL termine finalement premier d’une poule très serrée, à 3 points seulement du dernier, Anderlecht. Une affaire de détail : un nul lors de la dernière journée aurait été synonyme d’élimination.

Une saison charnière pour les lyonnais, qui mordront la poussière en quarts face à Porto, le futur vainqueur.

Ce qu’il faut retenir pour l’OL 2015 : dominer n’est pas gagner ; faire le dos rond et ne pas perdre espoir est parfois la seule tactique face à un adversaire plus fort. Dans une poule serrée, la qualification peut être une histoire de détails, et la chance est l’un de ces détails.

2. 2007-2008 : l’expérience, avec un certain Juninho

Les lyonnais ne le savent pas encore, mais ils viennent d’entamer leur dernière saison consécutive couronnée d’un titre de champion de France. L’effectif reste impressionnant, mais son secteur offensif affiche un manque d’expérience criant. Benzema et Ben Arfa ont tout à prouver sur la scène européenne. Keita et Baros n’ont pas l’influence espérée sur les résultats de l’équipe. Govou et Fred sont heureusement encore là.

L’OL pèse lourd sur la scène européenne, moins que le Barça, favori annoncé de la poule, mais bien davantage que Stuttgart et les Glasgow Rangers. Au Camp Nou, les lyonnais sont balayés 3-0 dés la première journée. La défaite est anecdotique, mais pas la suivante, infligée à Gerland sur le même score par les Rangers. Zéro points en deux journées, c’est un score indigne de cet OL solidement installé sur la scène européenne. Heureusement se profile la double confrontation contre Stuttgart, qui en rapporte 6 (0-2 puis 4-2).

Lyon reste distancé par Glasgow, condamné à un double exploit. Le premier est un doublé de Juninho, qui arrache un nul héroïque face au FC Barcelone.
Le second scelle une qualification aux forceps. Avec un Benzema en feu, auteur d’un doublé dans les dix dernières minutes, l’OL rend aux Rangers la monnaie de leur pièce (3-0 à Glasgow).

Pas de chance pour les lyonnais, qui croisent dès les 8èmes la route du Manchester United de Cristiano Ronaldo, futur vainqueur de la compétition.

Ce qu’il faut retenir pour l’OL 2015 : les grands joueurs se révèlent dans les grands matchs, jeunesse n’est pas synonyme d’incompétence. Il ne faut jamais avoir peur d’un adversaire, mais au contraire utiliser le sentiment de revanche comme une arme pour fédérer un groupe.

A 22 ans seulement, Umtiti fait partie des cadres de l'OL © LM/Rue89Lyon

A 22 ans seulement, Umtiti est à la fois un jeune joueur et un cadre de l’OL © LM/Rue89Lyon

3. 2011-2012 : l’ascenseur émotionnel et le miracle de Zagreb

L’OL est en fin de cycle. Il n’est plus champion de France, et la demi-finale européenne de 2010 est déjà loin. L’équipe de Lloris, Cris, Gourcuff, Gomis et Lisandro vient d’être reprise par Rémi Garde, qui a tout à prouver après Claude Puel, pour qui la situation est devenue intenable.

En ligue des champions, la hiérarchie est très claire : Le Real est clairement trop fort, Zagreb clairement trop faible, Lyon est donc en concurrence avec l’Ajax d’Amsterdam pour la deuxième place.

Deux 0-0 sans saveur entre les deux clubs, chacun vaincu par le Real et victorieux de Zagreb. Lors de la dernière journée. Les lyonnais se déplacent à Zagreb avec 3 points de retard et un goal average défavorable sur l’Ajax. En tout, il faut sortir vainqueur et rattraper un écart de 7 buts. C’est un exploit qui se profile.

Claudio Beauvue, attaquant phare du mercato lyonnais, serait bien inspirée d'enchaîner les buts en ligue des champions © LM/Rue89Lyon

Claudio Beauvue, attaquant phare du mercato lyonnais, serait bien inspirée d’enchaîner les buts en ligue des champions © LM/Rue89Lyon

Comme à l’aller, l’Ajax est défait 3-0 par le Real, mais c’est à Zagreb qu’il fallait être ce soir là. Mené 1-0 juste avant la mi-temps, l’OL égalise tout juste avant de rentrer aux vestaires. Les 45 minutes suivantes sont un récital.

Chaque offensive lyonnaise passe : Aly Cissokho réalise une performance XXL sur son flanc gauche. L’artiste de la soirée se nomme Bafé Gomis, auteur d’un quadruplé historique. Et encore, sur un ciseau acrobatique qui s’écrase sur la barre transversale, il manque d’entrer dans la légende d’un rien. A l’époque, personne n’avait encore inscrit un quintuplé en ligue des champions (Messi, en mars 2012, sera le premier de l’histoire).

Score final 1-7. Le miracle s’est produit. Il sera terni, quelques semaines plus tard, par une bien triste élimination aux tirs aux buts, en 8èmes face aux Chypriotes de l’APOEL Nicosie.

Ce qu’il faut retenir pour l’OL 2015 : les miracles existent. Et la chance, ça se provoque. Gonalons et Lacazette étaient là, ils peuvent en témoigner.

Alexandre Lacazette faisait déjà partie du groupe à l'époque des derniers exploits européens de l'OL © LM/Rue89Lyon

Alexandre Lacazette faisait déjà partie du groupe à l’époque des derniers exploits européens de l’OL © LM/Rue89Lyon

4. En 2010 – 2011 : un contre-exemple (on a eu chaud)

On se souvient souvient des histoires qui commencent mal et tournent bien. Ce sont celles que l’on appelle « épiques », « héroïques » ou « miraculeuses ». celles qui font la beauté de l’exploit sportif. Il arrive, et on a d’avantage tendance à l’oublier, qu’une phase de poule bien partie se termine mal, ou passe à deux doigts.

C’est ce qui s’est produit lors de la saison 2010-2011. L’OL de Bastos, Lisandro et Pjanic sort d’une demi-finale historique et ligue des champions, et est logiquement favori de sa poule. Avec Schalke 04, le Benfica Lisbonne et l’Hapoël Tel-Aviv, c’est d’ailleurs sans doute la poule la plus faible que l’OL ai eu à affronter.

A l’expérience, les lyonnais entament un parcours parfait par trois victoires sans bavures (1-0 contre Schalke, 1-3 à Tel-Aviv, 2-0 face aux lisboètes).


La qualification est assurée à 10 points, les lyonnais en ont 9 et encore 3 matchs à jouer, dont 1 à Gerland. Rien ne peut arriver, du moins en apparence.

A l’Estadio de la Lùz, l’OL est humilié par le Benfica Lisbonne, porté par un Coentrao des grands soirs. Menés 4-0 à la 67ème, les lyonnais donnent tout pour sauver l’honneur. Le mal est fait, malgré un bon retour dans le dernier quart d’heure (4-3).

A Schalke, le match débute de la même manière mais l’OL ne revient jamais au score (3-0).

Il faudra attendre la dernière journée et un but d’Alexandre Lacazette, qui vit ses débuts en professionnels, pour composter le précieux billet de qualification. Tel-Aviv domine Lyon, notamment grâce à un très grand Vincent Enyeama dans les buts, mais finit par craquer à la 88ème minute (2-2, score final).

L’OL a donc eu très chaud et le paiera d’ailleurs très cher. Relégués à la deuxième place de la poule, les lyonnais héritent, comme l’année précédente, du Real Madrid de Karim Benzema en 8ème de finale. Ce dernier ne leur fait pas de cadeau. Le club Madrilène prend sa revanche sur les olympiens, sur une pente descendante depuis l’été 2010.

Ce qu’il faut retenir pour l’OL 2015 : parfois, ce sont les autres qui flanchent, soit les favoris, ceux qui débutent bien. Le Zénith n’est favori de la poule que depuis sa victoire contre Valence. Un Valence loin de son meilleur niveau, par ailleurs.

Quelques données statistiques qui donnent des raisons d’espèrer :

L’expérience d’un club, ce que l’on appelle souvent l’ « ADN européen » c’est quelque chose que l’OL a acquis au cours des années 2000. Il serait de bon ton de le retrouver, notamment pour tous ces joueurs formés au club. Sinon, ils pourraient bien retourner acquérir de l’expérience, mais à l’échelon inférieur : en Europa League.

Vu le niveau affiché par le club ces dernières semaines, c’est sans doute là qu’est sa place.

Et vu l’immense palmarès des clubs français dans cette compétition (c’est-à-dire aucun titre), l’OL serait-il si malheureux si, par hasard, il finissait par la gagner ?

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Loïc Masson
Loïc Masson
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