Salon des vins naturels 

Le vin naturel, faut-il lui donner un cadre ?

actualisé le 04/11/2015 à 15h41

« Le vin a-t-il d’autres choses à nous dire que lorsqu’on le boit dans un verre ? ». Au salon des vins Rue89Lyon, on a dégusté et on a causé.

Au cours du débat animé par Antonin Iommi-Amunategui, auteur du blog No Wine Is Innocent (hébergé sur Rue89), les discussions entre public et vignerons ont souvent évoqué l’opportunité (ou non) de fixer un cadre au vin naturel.

Photo by Gaëlle, du "Lapin blanc" à Paris.

Photo by Gaëlle, du « Lapin blanc » à Paris.

« Un vin très sérieux »

Un cadre pour le définir et lui donner une existence officielle, qu’il n’a pas, est-il nécessaire ? Au regard de la réglementation, ce qu’on appelle vin nu, vin libre, vin nature ou naturel, n’existe pas.

D’où le premier débat terminologique.

Olif voudrait régler la question simplement :  

Pour Antonin Iommi-Amunategui, qui a également écrit « Manifeste pour le vin naturel« , un cahier des charges est nécessaire même s’il concède qu’il « ne verra probablement jamais » le jour.

Pourquoi ? Notamment parce que les vignerons « nature » y sont pour beaucoup opposés. Pour eux, comme Dominique Derain, vigneron en Bourgogne, fixer un cadre au vin naturel ne servirait pas à grand chose car « pour beaucoup d’entre ces vignerons, ils vont déjà bien au-delà de ce qui est préconisé » -en matière de respect de la terre, des vignes et de vinification sans intrant.

Pour autant, il est celui qui, rayé de l’AOC (appellation d’origine contrôlée), s’est battu pour les obtenir de nouveau. Estimant que la mention reste indispensable dans la communication. Dominique Derain est notamment servi à la table du Noma, restaurant à Copenhague qui a été désigné plusieurs fois meilleur restaurant du monde.

Ne pas fixer de cadre resterait, finalement, pour eux le meilleur moyen de garder une forme de liberté.

« Le vin naturel est un vin très sérieux fait par des gens qui ne se prennent pas au sérieux », dira Michel Tolmer, auteur de BD à l’affût d’histoires sur le vin.

« Le vin naturel représente très peu dans la production de vin en France, mais il a les projecteurs braqués sur lui en ce moment, beaucoup de médias en parlent. Et ça agace », estime Antonin Iommi -Amunategui.

Pour Isabelle Perraud, vigneronne en Beaujolais, le cadre peut se fixer en creux, a contrario, en rendant obligatoire l’affichage sur les étiquettes de tous les additifs présents dans le vin. Une manière de bien marquer la différence entre les vins naturels sans ou très peu d’intrants et ceux issus de la viticulture conventionnelle.

debat-salon

D’autres vignerons craignent qu’une réglementation les plongent dans les difficultés que génèrent parfois les appellations dont certains sont sortis. Des processus qui demandent par ailleurs des contrôles qui, comme le rappelait la vigneronne, sont pour certains « à [leur] charge ».

Certains vignerons ne souhaitent également pas que leurs ventes en pâtissent.

« Je n’ai pas envie que ce soit des gens dans un bureau qui décident de mon appartenance ou non à une appellation et à travers elle de mon avenir commercial alors que l’on connait notre métier et nos terres ».

Pour Antonin Immi-Amunategui, un cadre donné au vin naturel trouverait son sens si les vignerons « naturels » participaient à son écriture.

A voir également, le reportage de France 3 dans le 19/20 du 1er novembre sur le salon (à 23’30).

 

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