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Renault Trucks : un nouveau plan social en préparation

Chez Renault Trucks, la direction souffle le chaud et le froid. Après avoir bouclé un nouveau plan social qui s’est finalement soldé par 25 licenciements, les syndicats annoncent que le groupe Volvo prévoit environ 200 nouvelles suppressions de postes avec l’externalisation du service informatique. Le nom du repreneur retenu sera annoncé au comité centrale d’entreprise de ce mardi 20 octobre.

>Nous republions notre article du 27 août dernier

200 à 300 personnes s'étaient mobilisés ce jeudi 27 août, sur le site Renaut Trucks de Vénissieux.

200 à 300 personnes rassemblées ce jeudi 27 août, sur le site Renault Trucks de Vénissieux, pour maintenir la pression sur la direction ©MP/Rue89Lyon

Sur le site lyonnais Renault Trucks, les négociations autour du plan social annoncé en avril 2015 touchent à leur fin. Ce jeudi, à 10h30, environ 300 salariés se sont rassemblés devant la porte du site de Vénissieux alors que se tenait une réunion du CCE.

25 licenciements secs sur 480 suppressions de postes

Pour les salariés mobilisés depuis plusieurs mois, c’est l’heure de faire le point. La veille, le mercredi avait lieu ce qui apparaît comme une ultime réunion de négociations. Au terme de ces discussions, le nombre de licenciements secs serait ramené à 25 au lieu des 200/250 prévus avant le mois de mai, selon la direction.

Le plan social concerne le secteur commercial et prévoit la suppression de 512 emplois. Ce chiffre a été ramené à 480 suite aux négociations.

Les négociations ont essentiellement porté sur les conditions de départ, dont le détail estimé nous a été fourni par la CFE-CGC (syndicat majoritaire) :

  • « 35 départs contraints », en d’autres termes des licenciements secs
  • « 50 mobilités internes volontaires sur des postes à pourvoir »
  • « 120 départs en retraite et pré-retraite »
  • « 170 départs volontaires en formation, en création d’entreprise ou en CDI ».
  • « 45 postes à pourvoir pourraient venir du transfert de Volvo Trucks de Roissy à Lyon », ce qui signifie des suppressions de postes à Roissy.

Par ailleurs, la direction a promis l’embauche de 50 ouvriers dans le secteur industriel d’ici fin 2015, ce qui n’était pas arrivé depuis 2009. Mais Renault Trucks a soumis ces embauches à la signature d’un accord majoritaire à propos de ce plan social.

Les suppressions de postes : « une politique financière de court terme »

Olivier Porret, délégué CFE-CGC de Renault Trucks. Au fond, la mobilisation du jeudi 27 août 2015. ©MP/Rue89Lyon

Olivier Porret, délégué syndical CFE-CGC de Renault Trucks photographié le 27 août 2015 devant l’usine de Vénissieux. ©MP/Rue89Lyon

Pour le délégué syndical de la CFE-CGC, Olivier Porret, il n’y a là rien de réjouissant. « Cela était et reste une aberration ».

« Nous restons convaincus qu’il s’agit de licenciements boursiers. Ce plan social n’est pas lié à l’économie de l’entreprise, qui fonctionne bien, mais est d’un ordre financier. Elle résulte d’une vision à court terme de certains actionnaires qui cherchent à faire monter la valeur des actions en bourse. »

Ces « plans de sauvegarde de l’emploi » seraient d’ailleurs le résultat de l’activité agressive du groupe Cevian Capital, devenu actionnaire majoritaire du groupe Volvo :

« A peine devenu actionnaire numéro 1, Cevian a fait débarquer le PDG et accélérer les plans de licenciements au niveau mondial. C’est un actionnaire toxique sur le plan industriel qui ne cherche que la rentabilité à court terme ».

Un nouveau plan social va concerner 184 postes dans le secteur informatique

Et cela va continuer, puisque avant même la fin des négociations, une nouvelle suppression de postes a été annoncée aux syndicats par la direction. On parle de l’externalisation d’une partie du secteur informatique, ce qui concernerait 184 personnes.

Pour Olivier Porret, c’est une question de « dogme » :

« Il y a des personnes dans le groupe Volvo qui considèrent qu’une industrie ne doit pas avoir son propre service d’informatique. Et puis ça dégage de l’argent. »

A terme, l’objectif de la direction serait de sous-traiter l’essentiel de son service informatique, quitte à ce que les mêmes personnes soient employées par une société prestataire. Mais ces salariés pourraient être nombreux à refuser de quitter Renault Trucks pour aller chez un sous-traitant.

Il s’agira de la troisième vague de suppressions d’emplois depuis 2014.

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L'AUTEUR
Mathieu Pequignot
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