Actualité 

Campus de Bron : quelles alternatives aux trams bondés ?

Des trams T2 bondés aux heures de pointe : c’est le quotidien de centaines d’étudiants pour se rendre sur le campus Portes des Alpes de Bron. Dans le cadre d’une campagne sur les transports en commun, trois associations étudiantes avancent des solutions rapides pour désengorger ces lignes.

A la station Grange Blanche, le T2 se remplit en quelques minutes.

A la station Grange Blanche, le T2, la cohue du matin. Crédits : Mathilde Ceilles/Rue89Lyon

 Un abonnement mensuel à 10 euros pour les moins de 28 ans ? 

Parmi les revendications des trois organisations étudiantes, la baisse du prix de l’abonnement mensuel au TCL, qui fait de Lyon l‘une des villes étudiantes les plus chères de France. L’Unef, la Fac Verte et la Fabrique demandent en conséquence un abonnement mensuel à 10 euros pour tous les moins de 28 ans. Une requête « peu réalisable » selon la directrice du cabinet de la présidente du Sytral : « Il y a une réalité économique liée à notre offre de transports qui est dense. Tout ceci a un coût. »

Quand le T2 arrive à l’arrêt Grange Blanche ce mardi matin, il est quasiment vide. Quelques secondes plus tard, un flot ininterrompu d’étudiants afflue depuis la bouche de métro. En deux minutes, le tramway est plein à craquer.

Selon le syndicat Unef, les étudiants doivent laisser passer en moyenne deux tramways pour pouvoir se rendre sur le campus porte des Alpes. Et pour cause : il s’agit d’un des seuls moyens de transports en commun qui dessert actuellement ce campus, fréquenté par 15 000 étudiants de l’université Lyon 2.

Et la situation pourrait ponctuellement s’aggraver selon La Tribune de Lyon. Pour desservir le futur Grand Stade de l’OL, inauguré en janvier prochain, le Sytral prévoirait de dégarnir les lignes de tramway existantes pour augmenter la desserte du stade. Or, les matchs de Ligue des Champions et certaines rencontres nationales se déroulent en semaine. Une difficulté de plus pour les étudiants qui voyagent sur des lignes déjà saturées.

En moyenne, les étudiants laissent passer deux trams avant de pouvoir se rendre sur le campus Porte des Alpes.

En moyenne, les étudiants laisseraient passer deux trams avant de pouvoir se rendre sur le campus Porte des Alpes. Crédits : Mathilde Ceilles/Rue89Lyon.

Des bus supplémentaires et des Vélo’v

L’année dernière déjà, le syndicat La Fac Verte avait déjà battu la campagne pour dénoncer cette situation. Après un rendez-vous avec le Sytral (l’autorité organisatrice des TCL), deux tramways avaient été rajoutés aux heures de pointe. Un effort que Ludovic Mihai, coprésident de la Fac Verte Lyon, juge « insuffisant ».

Pour cette nouvelle campagne sur les transports en commun, qui dénonce également la politique anti-fraude, la Fac Verte, l’Unef et La Fabrique (association de défense des intérêts étudiants) se sont unies. Ces trois organisations étudiantes ont formulé des solutionsqui permettraient de désengorger rapidement la ligne T2 :

  • Passage de la ligne de bus C15 par l’arrêt Parilly-Université. Le trolleybus dessert pour l’instant uniquement la station Rebuffer, à 600 mètres du campus.
  • Augmentation de la fréquence des bus 93, qui va d’Hôpital Feyzin Vénissieux à Parc technologique en passant par Porte des Alpes, et C15. L’idée serait qu’un bus passe toutes les trois minutes aux heures de pointe au lieu des 10 minutes actuelles.
  • Des stations Vélo’v sur le campus de Bron et aux abords des résidences universitaires.

Changer les horaires d’arrivée des étudiants

Mercredi 23 septembre, lors d’une conférence de presse, l’Unef a affirmé avoir sollicité un rendez-vous avec le Sytral pour leur formuler ces solutions. De quoi étonner la directrice du cabinet de la présidente du Sytral :

« Nous n’avons à l’heure actuelle reçu aucune demande de la part de l’Unef. Nous les recevrons dès lors qu’ils nous solliciterons pour travailler ensemble et étudier leurs demandes. Concernant l’augmentation de fréquence de ces lignes de bus, il faut regarder le problème dans sa globalité afin de s’assurer que cela corresponde à un réel besoin de notre clientèle. »

Selon Sylvie Blès-Gagnaire, le Sytral planche également de son côté pour trouver des solutions :

« Nous sommes en contact avec l’université afin de savoir s’il est possible de changer les horaires d’arrivée des étudiants.

Et de relativiser le problème :

« Sur notre réseau, il n’existe plus d’heure de pointe. Nous sommes une grande agglomération dont le système de transports en commun est développé. Il est donc normal qu’il y ait du monde dans nos tramways tout au long de la matinée. »

Enfin, la directrice de cabinet n’exclut pas une nouvelle augmentation des fréquences des tramways et de la capacité des rames :

« Dans le plan de mandat voté, une grosse partie est consacrée à l’achat de rames de tramway »

Partager cet article