Économie 

L’abricot de la Drôme se porte mal

Produit emblématique de la Drôme, l’abricot ne se porte pas au mieux cette année. La production s’annonce déficitaire de 10 à 20 % pour le mois de juin.

La moitié de la production nationale d'abricots est réalisée en Rhône-Alpes.

La moitié de la production nationale d’abricots est réalisée en Rhône-Alpes.

Les éleveurs de viande et les producteurs de lait ne semblent pas être les seuls à subir la crise agricole. En région Rhône-Alpes, les producteurs d’abricots doivent faire face à de graves difficultés. Directeur de l’unité territoriale de la Drôme de la Direccte (direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi), Jean Espinasse fait au quotidien ce douloureux constat :

« La production d’abricots dans la Drôme n’est plus rentable, en raison de la concurrence vive des abricots italiens et espagnols. »

Alors que le nombre d’abricots français devrait être en baisse de 4 % cette année, avec 96 645 tonnes en Rhône-Alpes, l’Espagne devrait être le seul pays d’Europe à connaître une hausse de la production de 12 %, selon une étude prévisionnelle datant d’avril dernier.

Une production déficitaire

Depuis 10 ans, les surfaces de culture d’abricots sont en recul en Rhône-Alpes, comme le montre une étude de l’Insee (institut national de la statistique et des études économiques) sur la filière fruits dans la région, présentée ce mardi en conférence de presse. Pour Florence Léger, chargée d’études auprès de l’Insee, l’explication est simple :

« Plus un fruit se conserve facilement, moins la production semble menacée. »

L’abricot n’échappe visiblement pas à cette règle. Selon l’observatoire économique de Rhône-Alpes, la production de l’abricot dans la région, qui représente plus de la moitié de la production totale française, s’annonce déficitaire de 10 à 20 % en juin, suite à des conditions de floraison défavorables.

La pêche de Rhône-Alpes perd elle aussi des parts de marchés 


Depuis quelques années, la Sharka, maladie incurable qui altère la qualité des fruits, touche les pêchers rhônalpins, entraînant l’arrachage forcé de plusieurs plans. Les producteurs sont depuis en grande difficulté, d’autant que l’embargo russe réduit l’export. En dix ans, la surface de pêchers cultivés s’est effondré.

Selon l’observatoire économique de Rhône-Alpes, la production de pêches en Espagne est cinq fois plus élevée qu’en France, et elle augmente de 3% quand elle recule en France de 4%. La pêche plate notamment (22% des tonnages espagnols) connaît un essor fulgurant alors que sa production est toujours marginale en France. La région Rhône-Alpes serait visiblement en train de perdre des parts de marché.

Mais pas de quoi s’alarmer plus que ça, estime Bruno Locqueville, directeur adjoint de la Draaf (direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt) Rhône-Alpes, les conditions météo ayant joué en faveur de l’ensemble de la filière fruits de la région :

« La production de fruits connaît un phénomène de volatilité des prix liés aux aléas climatiques. Cette année, tout s’est plutôt bien passé. La chaleur a encouragé la consommation de fruits. Le volume produit demeure moyen mais de qualité, ce qui permet de fixer des prix intéressants. »

De quoi redonner de l’espoir aux producteurs de fruits après une année 2014 globalement catastrophique, en raison notamment d’un été pluvieux. Avec une surface de 37 000 hectares de cultures fruitières, la région Rhône-Alpes reste le premier verger de France.

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